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Rue de la Rosière d'Artois Usine Béghin-Say

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Place du Commerce


Ouverte sur la Loire jusqu’aux comblements du 20e siècle, la place du Commerce doit son existence au glissement du port maritime à l’aval de la confluence Erdre-Loire elle-même intégrée à l’intra-muros au 13e siècle. Près de l’angle formé par le fleuve et le fossé de Saint-Nicolas qui baigne le mur ouest de la ville, sont construits le quai Saint-Julien (1510), du nom de la chapelle voisine, et surtout, vers l’ouest, le quai de la Fosse en 1516-1517.

Le Port-au-Vin

Au sortir de la porte Saint-Nicolas, se dessine un axe est-ouest dont l’actuelle rue de la Fosse reprend le tracé tandis que la ruelle du Port-au-Vin rappelle l’ancien nom et la première fonction de cette place où l’on déchargeait des futailles. Agrandie et remaniée dans le dernier quart du 16e siècle, notamment grâce au transfert des chantiers navals sur l’île Gloriette (1581), elle s’impose comme centre des affaires avec l’achèvement, en 1643, de la première Bourse des marchands.

1793 : la place du Commerce

Au 18e siècle, le glissement continu des activités maritimes vers l’aval confirme le Port-au-Vin comme pôle résidentiel et décisionnel du négoce avec une Bourse qui, reconstruite en 1733, ferme la place côté ouest. À la poussée urbaine vers l’aval s’ajoute, grâce à la démolition des remparts entamée en 1755, la réalisation vers l’amont d’une liaison directe Bourse-Château par une ligne continue de quais. Relié, en 1734, par un pont à l’île Feydeau en voie d’urbanisation, le Port-au-Vin prend le nom de place du Commerce en 1793. 

Une nouvelle Bourse est achevée en 1815. La place devient la plaque tournante des transports en commun avec les omnibus hippomobiles (1826), les tramways (1879) puis les autobus (1958). En 1853, le train emprunte le quai et longe la place pour desservir la gare maritime puis Saint-Nazaire à partir de 1857, perturbant ainsi le trafic du pont de la Bourse. En 1895, la rue de Gorges est élargie vers la place Royale et les façades sont alignées côté est. 

Place du Commerce

Place du Commerce

Date du document : début 20e siècle

Adieu à la Loire

Le comblement des bras nord de la Loire permet le transfert du parking du Commerce sur le cours Franklin Roosevelt en 1931 puis le passage du train par un tunnel en 1955. Si la place ne redoute plus les crues, c’est au prix d’un adieu à la Loire. Les bombardements de 1943 frappent la Bourse et l’immeuble du journal Le Phare de la Loire. En 1979, le transfert de la gare centrale des autobus sur l’allée Brancas permet d’aménager la place en plateau piétonnier tandis que le cours Franklin Roosevelt est remodelé pour accueillir le tramway (1985). Le parking souterrain du Commerce est inauguré en 1988.

Huile sur carton,  <i>Place du Commerce</i> 

Huile sur carton,  Place du Commerce 

Date du document : sans date

Avec ses cafés aux enseignes centenaires et aux terrasses conquérantes, son cinéma Le Gaumont, son marché aux fleurs et sa Bourse investie par la Fnac en 1996, la place du Commerce est un espace de rencontres. Une plaque au nom de « place Sarajevo », fixée par les manifestants au mur de la Bourse en soutien à la ville martyre des années 1992-1996, rappelle qu’elle est un lieu privilégié de rassemblement.

André Péron
Extrait du Dictionnaire de Nantes
2013
(droits d'auteur réservés)

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En savoir plus

Bibliographie

« De la Fosse aux quais de l’Erdre : la Bourse, la basilique Saint-Nicolas, la place Royale », Annales de Nantes et du pays nantais, n°246, 1992

Fehrnbach Xavier, « Le Port-au-Vin à Nantes (15e-19e siècle) », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, n°126, 1990, p. 77-97

Saudrais Philippe, « Place du Commerce », dans Transformations de places à Nantes depuis deux siècles, École d'architecture de Nantes, Nantes, 1991, p. 95-147

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Comblements

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Place Émile-Zola

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Centre Ville Place

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Rédaction d'article :

André Péron

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