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Perrières


De 1948 à 1966, les soeurs de la Sagesse dirigèrent le Centre de Formation professionnelle ménagère et hospitalière de Saint-Jacques installé dans la propriété des Perrières, située entre les bords de la Sèvre et la rue Frère-Louis.

La création du centre pendant l'Occupation

La création du Centre Saint-Jacques en 1940 fait suite à une sollicitation de l'évêque de Nantes auprès de la supérieure de l'Hôtel-Dieu visant à occuper « les jeunes travailleuses en chômage par suite de l'occupation ». Afin de répondre à cette demande, une sœur de la congrégation est chargée d'organiser un centre de jeunesse ainsi qu'une école de jardinières d'enfants dont une section existait depuis 1933 à l'école d'infirmières et d'assistantes sociales.

Le centre de jeunesse et l'école de jardinières d'enfants s'installent dans des locaux de la rue Frère- Louis. Sœur Marguerite de Saint Jean-Baptiste en prend la direction, tandis que les sœurs de la communauté de la Sagesse en assurent le fonctionnement. Les vingt premières élèves sont accueillies le 3 novembre 1940 ; l'effectif étant formé par des jeunes filles fréquentant déjà l'ouvroir de Notre-Dame-de-la-Sagesse.

La période d'Occupation rend difficile le fonctionnement de l'établissement mais en 1942, ce dernier est reconnu et pris en charge par l'État, tandis que l'association des centres sociaux nantais lui sert de comité de gestion. Cette reconnaissance permet la rétribution des professeurs ainsi que la prise en charge de l'équipement matériel du centre.

Après le bombardement du 16 septembre 1943, l'établissement se replit à Saint-Laurent-sur-Sèvre, siège de la congrégation de la Sagesse puis s'installe à la Bastière, près de Vertou.

À la Libération, le préfet Vincent met gracieusement à la disposition du centre sa propriété de l'Oliveraie située au 82, route de Vertou. Mais rapidement l'exiguïté des lieux ne permet plus d'accueillir les 109 apprentis dont 89 pensionnaires. C'est à ce moment-là que le propriétaire des Perrières offre sa demeure afin d'accueillir 48 pensionnaires chaque soir.

Château des Perrières

Château des Perrières

Date du document : années 1950

En 1945, l'école devient Centre d'apprentissage dépendant du travail des jeunes. Au mois d'août, la mère supérieure de la congrégation souhaite que le centre quitte l'Oliveraie pour s'installer aux Perrières et que ce dernier soit conduit par une communauté séparée. La Communauté de Sainte Jeanne d'Arc est alors fondée et en 1948, les soeurs s'installent définitivement aux Perrières situé au 25, rue Frère-Louis.

Une formation professionnelle pour les jeunes filles issues du milieu populaire

Le centre est réservé aux jeunes filles à partir de 14 ans. Celles-ci ont la possibilité de préparer les différents certificats d'aptitude professionnelle dans les sections coupe, couture et lingerie, sténo-dactylo, comptabilité, enseignement ménager.

L'encadrement comprend une directrice et une assistante médico-sociale (deux religieuses de la communauté de la Sagesse), deux professeures d'enseignement général sortant de l'ENNA (École normale nationale d'apprentissage), deux professeures d'enseignement ménager diplômées, une professeure de coupe-couture et deux auxiliaires, une professeure d'enseignement commercial, deux surveillantes d'internat et lingères, une cuisinière et une monitrice d'éducation physique.

L'enseignement dispensé est basé sur le principe des méthodes actives, c'est-à-dire sur l'apprentissage par l'expérience.

Atelier de couture du centre de formation des Perrières

Atelier de couture du centre de formation des Perrières

Date du document : 1965

Des Perrières à la Baugerie

En 1951, la famille Vincent récupère sa propriété de l'Oliveraie. Le centre des Perrières doit alors être agrandi afin de pouvoir accueillir les 25 pensionnaires qui résidaient dans le bâtiment de la route de Vertou.

Au début des années 1960, le transfert de l'école est envisagé et l'année suivante, la propriété de la Baugerie à Saint- Sébastien-sur-Loire est acquise. Le centre des Perrières fonctionne le temps des travaux et accueille à la rentrée 1965, 440 éléves dont 120 internes. Huit classes du nouveau collège Notre-Dame-de-la-Sagesse récemment construit à proximité des Perrières sont alors louées pour faire face à l'augmentation constante des effectifs.

Le 11 juillet 1966, le déménagement vers la Baugerie débute. Au mois d'octobre, 420 élèves intègrent les nouveaux locaux. Trois sections professionnelles sont proposées : commerciale, métiers de l'habillement et aide-maternelle.

Le devenir du site des Perrières

Dès 1966, après le transfert du centre de formation, la Ville de Nantes saisit cette opportunité pour étendre jusqu'aux établissements Goïot le périmètre de son projet de ZAC (Zone d'aménagement concerté) envisagé dans le secteur Pirmil.

Tour de la ZAC Pirmil

Tour de la ZAC Pirmil

Date du document : années 1980

Créée au mois de juin 1971, la ZAC Pirmil-Châtelet inclut donc la propriété des Perrières et prévoit la construction de trois tours à son emplacement : le Château-Thébaud, le Clisson et le Saint-Laurent sortent de terre en 1973. L'ancienne demeure des Perrières, qui apparaît sur les plans de la ville dès 1766, est démolie, tandis qu'une partie des arbres de l'ancien domaine est conservée.

Groupe mémoire Nantes Sud
2018



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En savoir plus

Bibliographie

Groupe mémoire Nantes Sud, Nantes Sud, entre mémoire et histoire – La rue Frère-Louis, bulletin n° 10, novembre 2018

Documentation

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Tags

Architecture domestique Enseignement professionnel Logement social et grand ensemble Nantes Sud

Contributeurs

Rédaction d'article :

Groupe mémoire Nantes Sud

Témoignage :

Henriette Chataigne, Monique Guihard, Colette Nouhaud

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