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Pans de bois


La disparition presque totale de ce patrimoine – il ne resterait aujourd’hui que douze maisons, dont quatre seulement protégées comme Monuments historiques – fait oublier que Nantes, comme les autres villes bretonnes, a massivement eu recours à ce mode de construction des murs, basé sur l’emploi d’une structure en bois assurant à la fois l’ossature porteuse et la clôture de la paroi en ménageant des compartiments pour recevoir un remplissage.

Maison des enfants nantais

Maison des enfants nantais

Date du document : 1850

Les liaisons verticales peuvent être à « longs poteaux » ou à « poteaux courts » c’est-à-dire limités à la hauteur de l’étage : l’usage des bois courts explique les encorbellements, formés par le surplomb de chaque niveau sur l’étage inférieur, qui créent des opportunités de décors sculptés et protègent des intempéries. Le pan de bois est systématiquement isolé des remontées d’humidité du sol par un soubassement ou un rez-de-chaussée en maçonnerie. Les hourdis (remplissage) peuvent être réalisés en torchis (un mélange de terre, d’argile et de paille) ou en briques. Les façades de pans de bois peuvent être protégées en partie ou totalité par un bardage d’ardoise ou de bois, ou par un enduit sur lattis de bois.

 <i>Rue des Carmes</i> 

 Rue des Carmes 

Date du document : 1837

La démolition de ces bâtiments est, très largement, la rançon de la prospérité nantaise qui conduit à une « modernisation » architecturale parfois sans nuance. L’aménagement d’immeubles sur les rives de la Loire fait ainsi disparaître, dès le 18e siècle, l’alignement des porches qui constituaient une rue couverte au Port-au-Vin. Les destructions s’accélèrent au 19e siècle : l’exceptionnelle Maison dite des enfants nantais est ainsi démolie en 1859. Mais les ravages les plus grands interviennent dans les premières années du 20e siècle, notamment dans le quartier du Bouffay.

Façade de maison à colombages ou maison à pans de bois

Façade de maison à colombages ou maison à pans de bois

Date du document : 27-06-2012

Les premières mesures de protection, dans les années 1920, grâce à l’action de la Société archéologique, sauvent par exemple la maison du 7 rue de la Juiverie, inscrite comme Monument historique en 1926 puis classée en 1984. Mais il ne reste plus que des maisons isolées et trois paires de maisons seulement, rue de la Bâclerie, amputées et méconnaissables, rue de Verdun et rue Bossuet.

Alain Croix
Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteurs réservés)

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