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Le square Maurice-Schwob, qui offre un panorama sur la carrière Miséry et la Loire, est dessiné par Etienne Coutan dans l'idée de créer un jardin promenade au sein du quartier Sainte-Anne. Le square ouvre au public le 27 septembre 1933 et prend le nom du directeur du quotidien local Le phare de la Loire, décédé en 1928.

Le plateau dominant les anciennes carrières de Misery a été acheté par la Ville de Nantes en 1853 lors du démembrement du domaine de Lusançay. Des jardins ouvriers y sont d'abord installés avant qu'Étienne Coutan n'y installe un jardin-promenade surplombant le port.

 

Un projet d’utilité publique

Étienne Coutan, architecte de la ville de Nantes depuis 1911, est l'auteur des squares du Marquis de Saffré, Jean-Baptiste-Daviais et du Jardin de la Porte Saint-Pierre. Il décide de créer dans cet espace un vaste "jardin-promenade" répondant aux nécessités sanitaires et esthétiques d'une ville en fort développement. La création de ce dernier est décrétée d'utilité publique : les baux précaires des jardins ouvriers sont résiliés et des acquisitions de terrains par la Ville négociées.
Le projet initial prévoit une vaste promenade qui s'étire depuis le promontoire de l'avenue de Lusançay jusqu'au quai de la Fosse en passant par la rue de l'Hermitage et le panorama des escaliers de Sainte-Anne. Pour les préserver les points de vues, des clauses limitent la hauteur des bâtiments des brasseries de la Meuse dans la carrière en contrebas. Finalement, seule une partie du projet est réalisée, la promenade en surplomb de la carrière Misery derrière l'école de garçons des Garennes est abandonnée.
Le square Maurice-Schwob ouvre au public le 27 septembre 1933, rendant hommage au directeur du quotidien local Le phare de la Loire, décédé en 1928.
Le jardin est réaménagé en 2012 par le service des espaces verts de la ville de Nantes.

Jardin Ermitage Garennes Lusançay

Jardin Ermitage Garennes Lusançay

Date du document : 08-02-1935

Une composition architecturale et végétale imaginée par Étienne Coutan

Dans le projet de Coutan, un grand soin est donné au traitement des différentes ambiances du jardin, créées par l’architecture et le végétal. Ici, le jardin est élaboré selon un dessin judicieux de symétries et dissymétries qui tire parti au mieux du plateau disponible.

  • L'allée de tilleuls

Depuis la rue des Garennes et l'avenue de Lusançay, les vues sur la Loire et le port sont offertes au travers de grilles désuètes qui proviennent d'un réemploi du square Jules Verne au bas du cours Saint-André. Une allée de tilleuls argentés longe la grille et la rue des Garennes à l'intérieur du square. Cette haie végétale, taillée et très présente, couronne la falaise depuis la rue Marcel Sembat. Les tilleuls sont doublés, côté ouest, de résineux.

Square Maurice Schwob, jardin de repos, aperçu du groupe sculpté

Square Maurice Schwob, jardin de repos, aperçu du groupe sculpté

Date du document : 2013

  • Le jardin de repos

Il est composé d'un parterre en demi-cercle avec en point central un groupe sculpté par Paul Auban. Il représente une femme éplorée, le corps de son fils rejeté par les flots, étendu devant elle. Elle tend un poing vengeur vers le fleuve. L'ensemble parterre/statue est entouré en symétrie de "salles végétales", lieux de repos entourés d'ifs taillés en colonnes.

Groupe sculpté de Paul Auban, représentant une mère éplorée pointant la Loire, responsable de la mort de son fils

Groupe sculpté de Paul Auban, représentant une mère éplorée pointant la Loire, responsable de la mort de son fils

Date du document : 2013

  • La promenade

La dénivellation qui sépare les parties jardin et panorama est traitée avec des talus engazonnés ponctués de rampes en granit. Ce surplomb de l'esplanade estompe de la vue le muret de protection qui borde la corniche. L'allée utilisée par les promeneurs pour admirer le panorama est alors traitée en "douve". Côté carrière, le muret de granit disparaît sous la végétation qui monte à l'assaut de la falaise. La promenade panoramique se poursuit jusqu'à l'avenue de Lusançay.

Entrée du square Maurice-Schwob sur l'avenue de Lusançay

Entrée du square Maurice-Schwob sur l'avenue de Lusançay

Date du document : 2013

  • Les bâtiments

Des sanitaires prévus par Coutan sont construits en retrait dans une arche maçonnée de granit à proximité de cette entrée. Un abri pour le gardien, tel un abri de douanier, est installé en belvédère, dans un cylindre de maçonnerie de granit surmonté d'un disque de béton. Ce local est utilisé jusqu'en 1990, puis muré. A l'ouest du jardin, un terrain de jeux entouré de grillages est installé lors de travaux récents. D'autres jeux pour enfants occupent les "chambres végétales".


Région Pays de la Loire, Inventaire général ; Direction du Patrimoine et de l'Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole

2012

En bref...

Localisation :

Garennes (rue des) 1, NANTES

Date de construction :

1931

Auteur de l'oeuvre :

Coutan, Etienne (architecte communal) ; Auban, Paul (sculpteur)

Typologie :

architecture de jardin et des espaces verts

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En savoir plus

Bibliographie

Bienvenu, Gilles, « Le quartier Sainte-Anne et l'Hermitage à Nantes », Bulletin de la Société Archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, n°118, 1982
Bienvenu, Gilles, « Le square Maurice-Schwob : un jardin urbain sur la Loire », Place Publique Nantes Saint-Nazaire, n° 12, novembre-décembre 2008
Joubier, Robert, « Le belvédère de la Ville de Nantes de l’architecte Étienne Coutan », Annales de Nantes et du Pays Nantais, n° 238, 2e semestre 1990, p. 14-15

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Frédérique Le Bec

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