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Cité de la Grande Garenne


Dans les années 1960, 200 logements sont construits sur la propriété de la Grande Garenne par l’Office Public d’HLM de Nantes pour les futurs salariés de la nouvelle usine Renault. Ils sont l’œuvre des architectes Georges Evano et Philippe Joëssel.

De nouveaux logements pour les salariés de Renault

En 1965, le ministère de la Construction et le délégué à l’Aménagement du Territoire souhaitent faire construire 200 logements à Nantes. Ce nouvel ensemble a pour objectif de faciliter le recrutement au sein de la nouvelle usine de la Régie Renault, dont l’ouverture est planifiée prochainement dans la zone industrielle de Carquefou. Confié à l’Office Public d’HLM de Nantes, le programme doit être réalisé sur un terrain d’une superficie de 3 hectares. Cette « ancienne propriété plantée de nombreux arbres de très belle qualité », située au lieu-dit de la Grande Garenne, bénéficie de la proximité d’une voie périphérique, d’équipements scolaires et d’un centre social, aménagé au Pin Sec dans la première moitié des années 1960. Elle présente également l’avantage d’être desservi par les réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement.

Une propriété convoitée par les investisseurs immobiliers

Dans le but de mener à bien ce projet, la Ville de Nantes cherche à acquérir le terrain de la Grande Garenne auprès de la société civile immobilière du Bois Joli qui avait pour projet d’y construire un groupe d’immeubles. À l’origine, cette propriété appartenait à la famille Nassivet. Elle comprenait « une maison de maître, avec dépendances, remise écurie, jardin potager et fruitier, étang, parc boisé » dont les constructions, murs et clôtures ont été détruits par la société civile immobilière.

 

La société accepte de la vendre à la collectivité pour la somme de 870 000 francs, opération déclarée d’utilité publique par la préfecture de Loire-Atlantique en septembre 1965. L’année suivante, la Ville de Nantes cède le terrain à l’Office Public d’HLM de Nantes.

Un ensemble de 200 logements HLM et ILN

L’ensemble de la Grande Garenne comprend 200 logements de nature différente : 170 HLM (habitations à loyer modéré) et 30 ILN (immeuble à loyer normal) répartis dans trois immeubles de quatre étages.

Les ILN bénéficient d’une « amélioration des prestations » par rapport aux HLM : 
• Le nombre moyen de pièces est plus élevé que pour les immeubles HLM : 4,26 au lieu de 3,67,
• Les surfaces sont plus grandes,
• Un bidet est ajouté dans toutes les salles de bains.

Les ILN comptent parmi eux des T3, T4 et T5. Concernant les HLM, 170 logements allant du T1 bis au T5 doivent être réalisés. Dotés du chauffage central, les appartements disposent également d’une cave chacun et de locaux de rangement pour « voitures d’enfants » (landaus), vélos et motos.

Pour la réalisation des travaux, l’Office Public d’HLM de Nantes reconduit les marchés passés avec les entreprises engagées pour la construction du groupe HLM des Bourderies-Plessis Gautron. Les architectes Georges Evano – à qui l’on doit le Palais des Sports de Beaulieu ou encore la réhabilitation de la Manufacture des tabacs – et Philippe Joëssel reprennent les plans de ce même chantier pour la Grande Garenne. Les travaux de gros œuvre, exécutés par la SARL EGTP Jean Le Guillou, démarrent en avril 1966.

En 1967, l’Office Public d’HLM passe une convention avec la Ville de Nantes afin d’aménager les 25 100 mètres carrés d’espaces verts de la Grande Garenne. Il est prévu l’engazonnement et la plantation de végétaux : conifères, feuillus, arbustes, rosiers, ou encore hortensias. Toutefois, un certain nombre d’arbres existants doivent être préservés. Aux abords des immeubles HLM, les surfaces gazonnées sont réduites au maximum afin de réserver davantage d’espaces aux aires de jeux. Quatre bacs à sable, un terrain de basket-ball et un terrain de hand-ball sont prévus dans ce secteur. Pour l’immeuble ILN, un bac à sable et un terrain de volley-ball sont également envisagés. En 1969, un marché est passé avec la Société Coopérative Ouvrière Route et Bâtiments de l’Ouest pour la construction d’un bassin pour enfants, qui s’ajoute au reste des équipements.

Depuis l’achèvement de l’ensemble, aucune réhabilitation d’ampleur n’y a été entreprise. Suite à de nombreuses réclamations des locataires, des travaux ont tout de même été effectués au début des années 1990. Ils ont porté sur la réfection, la mise aux normes des installations électriques, le ravalement des façades ou encore le changements des portes d’entrée.

En 2014, la cité de la Grande Garenne est inscrite dans le périmètre du projet de transformation urbaine Bottière-Pin Sec. Il consiste à améliorer et diversifier l’offre de logements, de services publics et de commerces, ou encore à créer un nouveau cœur de quartier longeant la rue de la Bottière. Il est prévu de valoriser les espaces verts de la Grande Garenne pour en faire un véritable lieu de loisirs et de rencontres. Une intervention est prévue sur la pataugeoire, un élément du paysage auquel tiennent les habitants.

Noémie Boulay
Direction du patrimoine et de l’archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2024



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En savoir plus

Bibliographie

Lycée professionnel Léonard de Vinci, La Bottière, histoire d’un quartier, 1995, à consulter en cliquant ici

Webographie

Ressources Archives de Nantes

1350 W 610
1350 W 611

Ressources Archives départementales de Loire-Atlantique

195 W 2
1250 W 380
1250 W 382

Pages liées

Dossier : Bottière et Pin-Sec

Tags

La Bottière Logement social et grand ensemble Extension et limite urbaine Parc Immeuble

Contributeurs

Rédaction d'article :

Noémie Boulay

Témoignage :

Renée

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