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École primaire des Réformes


L’école des Réformes destinée aux filles est la plus ancienne école publique chantenaysienne.

La loi Guizot de 1833 imposait à chaque commune d'être propriétaire et d'entretenir une école primaire publique de garçons. La loi Falloux de 1850 invite à édifier une école de jeunes filles sans que ce soit une obligation. Cette loi est également très favorable aux congrégations enseignantes catholiques.

C’est dans ce contexte que l'abbé Plantard et le maire Théodore Dubigeon se préoccupent de doter la commune de Chantenay d’une première maison d’école ; jusque là, la commune rémunérait deux instituteurs mais n’avait pas jugé utile de construire.

Une école née d’un compromis

L’initiative du projet revient à l’abbé Plantard, curé de Saint-Martin, qui propose en 1854 une participation financière, puis un terrain près de l’église pour la construction d’une école de jeunes filles. Le maire en profite pour présenter un projet englobant la construction de la mairie, des deux maisons d’école de garçons et de filles. Mais ce projet ambitieux et coûteux peine à se concrétiser. Sa mise en œuvre est longue. Ces difficultés donnent l’opportunité aux catholiques de s’immiscer plus avant dans les affaires communales : M. Catroux, supérieur des Sœurs de la Salle de Vihiers (Maine-et-Loire), souhaite faire construire un externat sur Chantenay. Alors que la municipalité peine à trouver les moyens de construire, elle voit la possibilité de négocier avec l’ordre congréganiste dans l’intérêt de tous. En septembre 1858, un contrat est donc signé. Le père supérieur propose de participer financièrement à la construction de l’école de filles, mais à la condition que celle-ci soit tenue par les religieuses. La Ville deviendra seule propriétaire de l’école, au bout de quinze années. Par ailleurs, la congrégation renforce sa présence en faisant construire à côté de l’école, un pensionnat.

Les plans sont dressés par l'architecte Gilée et l’externat ouvre à l’automne 1859, tandis que le pensionnat congréganiste est achevé en 1863 sur la parcelle voisine.

C’est donc la convergence d’intérêts locaux qui offre à Chantenay la possibilité de se doter de sa première école communale, une école de filles, avant celle des garçons ouverte cinq ans plus tard.

Une architecture de « maison bourgeoise »

L’école des jeunes filles qui accueille six classes est située rue du Bourg (actuelle rue des Réformes) dans un bâtiment centré sur la parcelle, entre deux cours : la cour d’honneur donnant sur la rue et l’arrière-cour.

L’école des Réformes se développe selon un plan en U, avec un programme similaire à celui de l’école de garçons, construite rue Gutenberg par le même architecte quelques années plus tard. Le rez-de-chaussée du corps de bâtiment central abrite le logement du concierge tandis que l’étage est réservé au logement de la directrice. Trois classes se trouvent respectivement dans les ailes en retour d’équerre, à l’étage desquelles logent les institutrices. La cour principale est fermée sur la rue et bordée un vaste préau couvert.

Ce type d’architecture ne présente que peu de signes distinctifs. Seule l’inscription « École communale de filles » sur le bâtiment principal identifie la fonction du lieu.

L’édifice s’inspire de l’architecture domestique. Le plan-masse s’apparente plus à celui d’une maison bourgeoise. La sobriété et la discrétion des bâtiments placés en retrait semblent les maîtres mots qui orientent le projet.

À cette époque, le ministère de l’Instruction publique n’impose pas de modèles d’écoles. Tout au plus, circulent-ils des ouvrages tels De la construction des maisons d'école primaire d’A. Bouillon, dont la première édition remonte à 1834. Ce catalogue présente des modèles théoriques qui ont pour but de promouvoir un programme architectural en fonction de la taille de la commune. À ce stade, le plan-type reste la règle. L'élévation de façade et la composition sont réduites à leur plus simple expression, en évitant toute référence marquée à un style. La fonctionnalité doublée d'un souci d'économie sont au cœur des préoccupations.

Des agrandissements successifs

En 1909-1910, une nouvelle classe est construite à l’angle de l’aile ouest et du corps principal, qui accueille désormais deux classes au rez-de-chaussée, en lieu et place de la conciergerie. La construction d’une nouvelle aile à l’arrière du bâtiment pour accueillir un réfectoire et une cuisine est également projetée mais jamais réalisée.

En 1934, le muret de clôture est reconstruit en pierre, avec un petit portail en fer forgé. Cet aménagement est encore en place aujourd’hui.

Jusqu’à la fin des années 1990, l’édifice de la rue des Réformes ne subit que peu de changements. La parcelle étroite ne permet que peu de modifications. Dans les années 1980, l’école est victime de la concurrence de l’école privée voisine : elle n’accueille plus qu’une classe de maternelle d’une trentaine d’élèves. La disparition de l’établissement est même envisagé.

Il faut attendre la fin des années 1990 pour que l’école soit sauvée. En 1997, en raison de l’augmentation des effectifs des écoles du quartier, la carte scolaire est ré-examinée. Le cycle scolaire de l’école des Réformes, alors limité au cycle maternel, est rallongé en ouvrant un CP puis un CE1.

Il est donc décidé de réaliser une extension de l’établissement dans la cour nord, qui intègre une salle de classe supplémentaire et un atelier de 60 mètres carrés, ainsi que des salles annexes (rangement, sanitaires). Mené sous la houlette des architectes Marc Chenais et Clarisse Crouigneau, le chantier qui comprend également la restauration du bâtiment ancien, est commencé en 1998 s’achève en janvier 1999.

Parallèlement, l’association Maristella possédant une salle de sport vétuste sur la parcelle jouxtant l’école des Réformes, déclare son intention d’aliéner le terrain à bâtir à la Ville. La municipalité saisit cette opportunité et acquiert le terrain de 1587 mètres carrés en juin 1998.

Une seconde extension plus conséquente que la première, est réalisée en 2008-2010 ; elle permet la création de quatre salles de classe, une salle polyvalente et des bureaux, ainsi qu’une unité de restauration.

Salomé Pavy, Irène Gillardot
Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2022

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En bref...

Localisation : Réformes (rue des) 12, NANTES

Date de construction : 1859

Auteur de l'oeuvre : Gilée père (?) ; Gilée fils (architecte)

Typologie : architecture scolaire

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Dossier : Architecture et histoire des écoles publiques nantaises

Tags

Architecture domestique Architecture scolaire, universitaire et de recherche Bellevue - Chantenay - Sainte Anne Maire École

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Rédaction d'article :

Salomé Pavy, Irène Gillardot

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