Stade de la Beaujoire - Louis-Fonteneau
Ancienne chocolaterie Amieux

A

194

Congrégation de la Sainte-Famille de Grillaud

Contribuer

Contribuer


La Sainte-Famille est une congrégation religieuse qui s'est installée en 1864 dans l'ancien prieuré de Sainte-Catherine, situé dans l'actuelle rue du Calvaire-de-Grillaud. Fondée en 1856, cette communauté vient en aide aux malades et aux indigents.

Le prieuré de Sainte-Catherine

Le quartier de Grillaud renfermait le prieuré bénédictin de Sainte-Catherine, relevant de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé avant de prendre son indépendance à la fin du 15e siècle. Le domaine de la Priauté abrite une petite chapelle, des logements pour maître et fermiers et environ 30 hectares de terres labourables. François Michel en est le prieur dans la première moitié du 18e siècle. Le bâtiment religieux est vendu comme bien national en 1791 et la petite chapelle sert de grenier à foin pendant la Révolution. Le domaine est ensuite acquis par un gros propriétaire, monsieur Joncours, qui décide vers 1860 de vendre et de lotir ses terres de la Priauté.

Chapelle de la Priauté (reproduction)

Chapelle de la Priauté (reproduction)

Date du document : s.d.

Une congrégation au service des indigents

En 1872, l’abbé Patron, vicaire de Notre-Dame-de-Bon-Port et aumônier des prisons, qui cherche un terrain pour établir un asile pour les détenues libérées, achète un lot et installe sa fondation. En 1892, il se déplace dans l’avenue de l’Est, future avenue du Calvaire-de-Grillaud. L’ancien prieuré est, quant à lui, cédé à la congrégation des sœurs de Grillaud.

Cette congrégation est née à Nantes en 1856 grâce à l’initiative de l’abbé Jean-Marie Laurent, né à Herbignac en 1822 et nommé vicaire à Notre-Dame-de-Bon-Port en 1852. C’est dans cette paroisse qu’il rassemble une trentaine de pauvres pour leur venir en aide. Lorsque certains d’entre eux tombent malade, l’abbé s’entoure de domestiques pour leur porter secours. Trois d’entres elles décident alors d’entrer en religion et s’installent dans un logement à proximité de l’église, fondant ainsi la première communauté de l’œuvre des malades pauvres, officialisée en 1856 par monseigneur Jacquemet.

Après avoir ouvert plusieurs établissements d’accueil pour malades et orphelins à Nantes, Jean-Marie Laurent loue à partir de 1864, une partie du parc de la Priauté de Grillaud pour en faire la maison mère de la congrégation au sein de laquelle les novices  seront formées. Un asile pour douze jeunes aveugles ainsi qu’un petit collège pour séminaristes sont ouverts à partir de 1874. Un petit hôpital de huit lits est inauguré en 1880. Ce dernier permit à la municipalité de Chantenay de faire face à l’épidémie de choléra de 1884. En 1893, trois ans après le décès de son fondateur, la congrégation dirigée par mère Virginie, acquiert la Priauté.

La loi de 1901 sur les associations et son volet anti-congréganiste obligent les sœurs à déclarer les statuts de leur fondation dont le but est « le soulagement des malades pauvres, l’assistance des orphelins et des aveugles. (…) Le siège de la congrégation est à la Priauté de Grillaud et relève de la société civile connue sous le nom de société hospitalière des pauvres, de Mj.M Laurent, dont les religieuses desservent spécialement les divers établissements ». Ces statuts soulignent les conditions d’admission : « avoir 21 ans, appartenir à une famille jouissant d’une parfaite réputation, offrir les garanties de moralité, de dévouement et de santé qui peuvent faire espérer que l’on honorera la famille religieuse dans laquelle on entre et que l’on s’intéressera sérieusement aux œuvres de charité et de miséricorde. Les membres de la congrégation sont admis, sur leur demande, à faire des vœux simples, renouvelables chaque année. Les religieuses de la Sainte-Famille donnent gratuitement leurs soins aux malades pauvres, aux orphelins et aux aveugles, et vivent des aumônes et des dons qui leur sont faits. Les religieuses auront pour costume un vêtement noir très simple et porteront un voile sur la coiffe. Elles porteront également en évidence le crucifix et le chapelet ».

En 1902, un rapport du commissaire de Chantenay signale 20 sœurs à Grillaud. Ces dernières «  soignent les malades pauvres à domicile, nuit et jour, elles le font gratuitement et ne vont pas dans les familles qui ont les moyens de payer ».

Au cours de la Première Guerre mondiale, la communauté de Grillaud devient une filiale de l’Hôtel-Dieu et accueille 64 blessés. En 1937, les sœurs doivent obtenir un diplôme d’État afin de pouvoir exercer le service des malades.

La transformation des pratiques de la congrégation

À partir de 1966, Vatican II marque une évolution dans les pratiques de la congrégation. À l’appel de la mission ouvrière, une communauté est fondée en cité HLM. D’autres implantations suivront tant dans les cités populaires qu’en milieu rural. Afin de se rapprocher des préoccupations du monde du travail, des sœurs sont salariées en usine. D’autres obtiennent un diplôme de travailleuse familiale et intègrent le milieu associatif. Cette évolution suit la volonté de l’abbé Laurent d’adapter les œuvres de la communauté aux nécessités de l’époque. Le soin des malades à domicile demeure néanmoins le cœur de la mission de la congrégation, mais progressivement, ce rôle est confié à des associations en raison du vieillissement des sœurs et de la baisse des vocations. En 1996, la Sainte-Famille-de-Grillaud compte encore 140 religieuses réparties en 22 communautés de 3 ou 4 membres, installées dans le département.

L'aménagement de l'EHPAD

Au cours des années 1970, la maison mère de la rue Condorcet transforme une partie de ses locaux en maison de retraite pour les sœurs aînées. Du personnel laïc est recruté pour leurs soins tandis que les sœurs de la congrégation sont infirmières salariées dans différents organismes. À partir de 2001, la maison des sœurs aînées s’ouvre à d’autres congrégations ainsi qu’à des laïcs de condition modeste. Deux ans plus tard, l’association Sainte-Famille de Grillaud est créée afin de gérer la maison de retraite des religieuses et en 2006, cette dernière devient un EHPAD (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) placé sous la tutelle du Conseil général de Loire-Atlantique. Ce changement de statut implique une mise aux normes des installations. La construction d’un nouvel établissement, au milieu du parc, est alors décidée. Le projet, porté par la société HLM la Nantaise d’Habitation, est conçu par les architectes nantais de l’agence Roulleau.

EHPAD de la Sainte-Famille de Grillaud vu de la rue Chéneau

EHPAD de la Sainte-Famille de Grillaud vu de la rue Chéneau

Date du document : 2013

L’établissement s'organise en deux longues barres d'hébergement sur deux niveaux, implantées en T, regroupant 80 logements et les locaux communs. Une autre aile, abritant les locaux techniques, permet l'accès à la chapelle datant du 19e siècle. L'ensemble, revêtu d'un bardage de bois réalisé en tasseaux verticaux, s’intègre de façon harmonieuse dans l’environnement arboré du parc. Après deux années de travaux, la nouvelle maison de retraite accueille des religieuses et des résidents laïcs depuis 2010.

Nathalie Barré
Archives de Nantes
2013


Témoignage (1/7) : Le noviciat

Je suis rentrée dans la congrégation en 1939 pour faire mon noviciat. Je suis une vieille sœur de Grillaud ! À l’origine, il y avait seulement le prieuré. Le bâtiment pour la congrégation a été construit bien plus tard. Les sœurs de Grillaud étaient gardes-mal...

Sœur Marie

Témoignage (2/7) : Soulager la misère

En quittant le noviciat, j’ai été nommée à la Montagne pour m’occuper d’une dizaine de personnes âgées. Je suis restée cinq ans et je suis retournée à Grillaud. La mère supérieure générale m’a annoncé qu’elle voulait que je passe mon diplôme d’infirmière....

Sœur Marie

Témoignage (3/7) : Des règles strictes

Je suis rentrée dans la congrégation en 1946 pour faire mon noviciat qui durait deux ans avant de prononcer les vœux. À ce moment-là, nous étions 25 et on avait entre 20 et 25 ans. Avant de partir, ma mère m’avait dit que si ça n’allait pas, je pouvais...

Sœur Marie-Lucie

Témoignage (4/7) : La vie en communauté

Chaque sœur avait une tâche à accomplir pour la vie de la communauté. Certaines étaient en cuisine, d’autres s’occupaient du ménage. Il fallait s’occuper des animaux et du potager aussi. Comme beaucoup de sœurs venaient d’un milieu rural, ce n’était pas...

Sœur Marie-Lucie

Témoignage (5/7) : Une employée qui ne se laisse pas faire

On était pauvres en entrant dans la congrégation. Avant de rentrer, j’étais employée de maison. À treize ans, je suis venue de Vendée pour travailler à Nantes. Ma sœur aînée y était déjà et c’est pour ça que je suis arrivée si jeune sinon, on ne m’aurait...

Sœur Marie-Lucie

Témoignage (6/7) : Une vie dédiée à prendre soin des autres

Je suis arrivée à la congrégation en 1945. J’arrivais de Saint-Nazaire et je ne connaissais pas du tout Nantes. Je suis entrée à Grillaud parce que je voulais être infirmière. J’ai fait deux années d’études et j’ai soigné les malades à domicile. Au départ,...

Sœur Madeleine

Témoignage (7/7) : Les ressources de la congrégation

Les ressources de la congrégation provenaient du travail des sœurs. On venait toutes de milieux très modestes. Avant la Sécurité sociale, on n’avait pas grand-chose parce que les gens que nous soignions étaient pauvres et ils faisaient ce qu’ils pouvaient....

Sœur Madeleine


En bref...

Localisation :

Chéneau (rue) 16, NANTES

Auteur de l'oeuvre :

Congrégation de la Sainte-Famille (commanditaire)

Typologie :

autre type d'architecture

En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, Autour de la place Émile Zola, coll. Quartiers, à vos mémoires, Nantes, 2013

Pages liées

Ancien domaine de Grillaud

Église Notre-Dame de Bon Port

Tags

Contributeurs

Rédaction d'article :

Nathalie Barré

Témoignage :

Soeur Marie, Soeur Marie-Lucie, Soeur Madeleine

Aucune proposition d'enrichissement pour l'article n'a été validée pour l'instant.