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Alain Chénard (1937) Pauline-Isabelle Lefèvre-Utile (1830-1922)

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Collège Aristide-Briand


Tour à tour école primaire supérieure de jeunes filles, collège moderne, lycée municipal, CES mixte puis collège, l’établissement emblématique de la place de la République a connu en plus de 100 ans d’existence un parcours mouvementé, qui commence dans la deuxième moitié du 19e siècle…

Une école primaire supérieure de jeunes filles à Nantes

Les écoles primaires supérieures (EPS) sont créées par la loi Guizot du 28 juin 1833 : chaque commune de plus de 6000 habitants doit se doter d’un établissement dédié.

Suivi par les élèves après l’école primaire proprement dite, l’enseignement primaire supérieur est délivré soit dans les écoles primaires sous forme de « cours complémentaires », soit dans des établissements spécifiques. Il relève toujours de l’enseignement élémentaire et non de l’enseignement secondaire. Le passage par les EPS va constituer pour les bons élèves issus des classes populaires une des principales voies d’accès à la classe moyenne.

C’est à Nantes que la première EPS publique est ouverte en France : dès 1834, la municipalité de Ferdinand Favre ouvre un établissement pour garçons rue Saint-Léonard. Il déménagera en 1882 boulevard de Launay. Quant aux filles, elles devront attendre 1919 pour disposer d’une école municipale : l’EPS de la place de la République

Ce fleuron de l’enseignement public fut d’abord une école privée : le pensionnat Saint-Louis de Gonzague. Fermé en 1906, l'immeuble est attribué en 1912 à la Ville de Nantes. Le maire Paul Bellamy y voit aussitôt l’opportunité de créer à Nantes une école primaire supérieure de jeunes filles qui serait d’une « utilité incontestable »

D’une guerre à l’autre

Les travaux d’aménagement de l’EPS démarrent en 1914, mais sont interrompus après le déclenchement du premier conflit mondial. À la fin de la guerre, les bâtiments sont encore occupés par la marine américaine, qui ne les évacuera qu’à partir de juin 1919. Les jeunes filles font donc leur première rentrée deux mois plus tard.

En 1936, la municipalité d’Auguste Pageot vote le passage à la gestion directe, autrement dit la « municipalisation », des internats des deux EPS (un de garçons, un de filles) de Nantes. Créés depuis 1919, ces internats fonctionnent sous la responsabilité et au profit des chefs d’établissements, la Ville n’intervenant que pour la fourniture gratuite des locaux nécessaires aux dortoirs, cuisines et réfectoires. Ils reçoivent dans chaque école 150 enfants environ.

L’année suivante la Ville décide de dénommer « Aristide Briand » l’établissement de la place de la République.

En 1941, le régime de Vichy supprime les écoles primaires supérieures, qui deviennent des « collèges modernes » intégrés à l’enseignement secondaire. Dans la foulée de cette réforme, les internats municipaux des EPS sont étatisés.

Du collège moderne au collège unique

En 1959, le collège moderne de jeunes filles devient un lycée municipal. À partir de 1963, la réforme du premier cycle dite Fouchet-Capelle réunit dans un type nouveau d’établissements, les « collèges d’enseignement secondaire » (ou CES), tous les enseignements de premier cycle de la 6e à la 3e.

Le premier train de mesures touche cinq établissements nantais dont le lycée municipal de jeunes filles. Le CES mixte – car la mixité est désormais instaurée – Aristide-Briand ouvre à la rentrée 1966. Mais une réforme chassant l’autre, les CES sont supprimés à partir de 1975 au profit des « collèges uniques » par la loi Haby. L’établissement de la place de la République lui doit son appellation actuelle de « collège Aristide-Briand ».

Autre changement, dans les années 1980, l’annexe se déplace dans l’ancienne école désaffectée du quai Hoche. Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la pénurie récurrente de locaux : en 1984 encore, un nouveau bâtiment préfabriqué vient remplacer deux préfabriqués très vétustes.

La dernière « métamorphose  » du vieux collège

Dernière étape, celle de la « départementalisation ». En application des lois de décentralisation de 1983 et 1985, le Département a désormais la charge des collèges publics. C’est lui qui sera responsable des dépenses d’investissement et de gros entretien dans les douze collèges nantais dont la Ville était propriétaire à la date du transfert de compétence. Ces mêmes lois définissent comme obligatoire la participation de la Ville à ces dépenses. Pour Aristide-Briand, le transfert est effectif en 1987.

Dix ans plus tard, le collège va vivre une véritable « métamorphose » : travaux de démolition en juillet-août 1995 ; construction d’un nouveau bâtiment de 3800 mètres carrés en continuité de l’existant de janvier à décembre 1996 ; réhabilitation des bâtiments du 19e siècle (1800 mètres carrés) et de la chapelle de janvier 1997 à la rentrée 1998. Pendant les trois ans du chantier, les cours se sont poursuivis sur place et dans l’annexe du quai Hoche.

L’inauguration a lieu le 17 septembre 1998. Cette dernière métamorphose donne au vieux collège de la place de la République sa physionomie d’aujourd’hui.

Philippe Bouglé
Groupe mémoire quartier des Ponts
2021



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Dossier : Architecture et histoire des écoles publiques nantaises

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Architecture scolaire, universitaire et de recherche Collège Ile de Nantes Laïcité École

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Rédaction d'article :

Philippe Bouglé

Témoignage :

Juliette Huguen ; Yvonne Leullieux ; Lucette Piveteau ; Sylvie Meinhart

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