La marque BN est un témoin et un acteur de plus de cent ans d’histoire industrielle.

La Biscuiterie Nantaise est fondée en 1896 par Pierre Pelletreau avec la participation financière d’industriels et de négociants nantais, vendéens et bordelais. Un an plus tard, l’affaire est reprise par Pierre Cossé, le fils du patron des raffineries de sucre Cossé-Duval. En 1902, il s’associe à un ingénieur des Arts et Métiers, André Lotz. L’usine s’installe place François II. La création de la BN n’est donc pas le fruit du hasard. Le terreau nantais est alors fécond : des capitaines d’industries, qui dominent la ville, disposent de capitaux et de compétences techniques ; par le port arrivent les matières premières agricoles des colonies, complétées par celles de la Vendée et de la Bretagne, qui fournissent aussi une main-d’œuvre abondante. Au tournant du siècle, Nantes dispose d’un long savoir faire dans le domaine de la biscuiterie. Dès le 18e siècle, des boulangers du quai de la Fosse fabriquent du pain de mer, appelé « biscuit de mer ». Au début du 20e siècle, LU et BN, les plus importantes des cinq biscuiteries de la ville, font connaître Nantes dans le monde entier.

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Le biscuit nantais n’échappe pas aux grands mouvements du 20e siècle. À l’origine produit de luxe, il devient un produit de masse, de grande consommation. La guerre de 1914-1918 joue, là aussi, un rôle d’accélérateur. Pendant la Grande Guerre, la BN produit du « pain de guerre » et devient en 1917 le fournisseur des troupes américaines. La naissance du produit phare, le Cassecroûte, dans l’entre-deux-guerres, confirme cette orientation. En 1941, BN crée le Renfor, le biscuit vitaminé des temps de rationnement.

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La BN témoigne aussi par son histoire récente de la mutation du capitalisme. Familiale jusqu’en 1968, l’entreprise est alors intégrée dans un groupe américain. Désormais installée à Vertou dans la proche banlieue nantaise, l’usine BN n’est plus qu’un des lieux de production du groupe United Biscuits. Des changements successifs d’actionnaires, la concurrence de produits bon marché, l’augmentation de la productivité ont entraîné sept plans sociaux depuis 1983. Rescapés de ces vicissitudes, 450 ouvriers produisent chaque année à Vertou 24 000 tonnes de biscuits, préservant ainsi la mémoire gourmande de Nantes.

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Cette mémoire est collective quand elle sert à illustrer le dynamisme du port colonial de la Belle Époque ou les succès des Canaris du FCN dont le maillot porte haut, dans les années 1990, les couleurs de la ville et de ses biscuits. BN sert aussi de cadre à la mémoire individuelle. Depuis 1922, le Casse-croûte BN et ses variantes, le Choco casse-croûte en 1933, le Choco BN en 1953, le Choco sourire en 1992, ont fait les goûters de trois générations. Croquer ce carré de 7 centimètres, c’est un peu revisiter les joies de l’enfance ; c’est ériger ce biscuit nantais en une «madeleine des bacs à sable ».

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

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Anecdote : Du « casse-croûte BN » au « Choco sourire »

Révolutionnaire, le « casse-croûte BN » est une invention née de la Première Guerre mondiale, s’inspirant du biscuit de munition. Ce biscuit sec facile à emporter accompagne ouvriers et écoliers à la pause. En 1933, les pâtissiers de BN ont l’idée de...


www.bn-biscuits.com/fr/bn-raconte-sa-life



En bref...

Localisation :

François II (place) 2 , NANTES

Date de construction :

1904

Auteur de l'oeuvre :

Devorsine, Paul et Philippe (architectes)

Typologie :

architecture industrielle

En savoir plus

Bibliographie

Lefebvre, Véronique, Biscuiterie Nantaise 100 ans d'avenir : Sucré Salé , A. Michel, Paris, 1997

Les biscuiteries de Nantes du 19e siècle à nos jours (catalogue d’exposition), Musée du château des ducs de Bretagne, Nantes, 1987

Périssère, Michèle, « Les biscuiteries nantaises », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, n°122, 1986, p. 247-258

Rochcongar, Yves, « Cossé Pierre », dans Capitaines d’industrie à Nantes au 19e siècle, MeMo, Nantes, 2003, p. 168-170

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Didier Guyvarc’h