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Hôtel Deurbroucq Ancien pont Maudit

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Aviation


À la suite des vols de Santos-Dumont en 1906, puis du kilomètre de Farman en 1908, partout en France des amateurs veulent construire des aéroplanes. En février 1909, l’un d’eux demande au maire de Nantes de transformer le champ de manœuvres du Petit-Port en terrain d’aviation. Au moins quatre équipes s’y installent alors, et une Ligue aérienne de l’Ouest voit le jour. Pourtant, aucun Nantais ne figure au programme du meeting d’août 1910 qui réunit onze aviateurs à la prairie de Mauves.

L’intérêt pour l’aviation militaire grandissant, en mars 1912, le maire propose au gouvernement de créer à Nantes une base aérienne, finalement installée à Avord (Cher). À partir de 1914, la guerre mobilise les aviateurs sur les fronts de l’Est et du Nord. Hormis quelques passages, Nantes ne connaît donc plus de l’aviation que ce qui est rapporté par la presse et les permissionnaires. Une cinquantaine de pilotes et une trentaine d’observateurs nantais servent cependant dans l’aviation, dont deux grands as : Michel Coiffard, 34 victoires, et Alfred Heurtaux, 21 victoires.

La paix revenue, l’aéro-club de l’Atlantique est fondé en novembre 1920, et dès mars 1921, un avion Dorand est basé au Bêle, premier aérodrome permanent nantais.

Le 22 novembre 1927, une conférence interrégionale des Chambres de commerce réunie à Nantes se prononce en faveur d’un réseau d’aérodromes dans le pays. Un nouvel aérodrome est inauguré à Bouguenais le 20 octobre 1932 par le sous-secrétaire d’État Paul Bernier. L’aéro-club s’y installe, ainsi qu’une école de pilotage, puis en 1933 l’armée de l’air y place un Cercle aérien régional (une unité de réserve) ensuite rebaptisé Groupe aérien d’observation 511.

Le 1er mai 1935, la compagnie Air-Bleu, chargée de la Poste aérienne intérieure, accomplit un vol de reconnaissance entre Le Bourget, Le Mans, Nantes et La Baule, mais dès 1937, Nantes, peu rentable, est écartée des lignes.

En septembre 1939, l’aérodrome devient base aérienne. Mais alors que le GAO 511 quitte Bouguenais pour l’Est, l’Aéronautique navale s’y installe pour protéger les navires vers Saint-Nazaire, et fin novembre, l’aérodrome est confié à la Royal Air Force pour suivre les convois britanniques. Pendant l’Occupation, la base sert à la Luftwaffe et la ville subit des bombardements alliés qui font de nombreux morts. Quelques Nantais se distinguent pourtant dans les Forces aériennes françaises libres comme Jean Demozay (21 victoires) ou les frères Jean et Yves Mahé, Compagnons de la Libération.

En 1944, l’armée de l’air reprend momentanément l’aérodrome. Puis dès 1946, l’aéro-club retrouve ses activités de loisir. La même année, un meeting permet aux Nantais de voir de près quelques avions ayant pris part à la guerre.

À partir de 1951, les liaisons commerciales réapparaissent, d’abord vers Paris grâce à Air France, puis Air Inter et TAT dans les années 1960. Progressivement, l’aviation nantaise se confond avec l’activité de l’aéroport international.

Thierry Le Roy
Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

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