Depuis les années 1880, l'avenue du Parc de Procé constitue la grande artère du quartier de Grillaud. Un quartier résidentiel qui s'est construit au fil des décennies et où se côtoient villas du 19e siècle, maisons de lotissement et immeubles.

Dans la deuxième moitié du 19e siècle, le vaste domaine de Grillaud est morcelé, donnant naissance au quartier résidentiel d’aujourd’hui. Les deux héritières, Euphrasie et Marie-Olympe de Monti, se dessaisissent de grandes parcelles que des investisseurs – Alaberte, Rabu, Poulain et Bonnefoy – revendent par lots.

Un domaine loti et aménagé

Fin 1879, Pierre Rabu lance un lotissement dans les « basses terres » ou « basses tenues » de Grillaud. Celui-ci s’étend sur plus de 105 000 m2 et sera parcouru par cinq avenues : la grande avenue de Grillaud (actuelle avenue du Parc-de-Procé), la petite avenue de Grillaud (actuelle rue de Grillaud), l’avenue de l’Est (devenue avenue du Calvaire en raison de la grande croix de bois ornée d’un crucifix érigée en 1892 par l’abbé Patron dans un champ dépendant de sa propriété, puis, après l’annexion de Chantenay, rue du Calvaire-de-Grillaud), l’avenue des Bosquets et l’avenue de l’Ouest. L’avenue principale est fermée aux deux extrémités par des portails, et des concierges sont commis à la garde des grilles.

Un quartier devenu résidentiel

Dans les années 1950, ce gros lotissement compte cent cinquante-six lots presque tous bâtis, appartenant à des propriétaires peu fortunés pour la plupart, et il englobe une population de huit cent quarante habitants. On y dénombre aussi plusieurs œuvres et institutions d’obédience catholique : le patronage Saint-Louis du chanoine Lebrun, curé à Notre-Dame-de-Bon-Port, le Centre de préparation au travail dirigé par l’abbé Tinier et le centre d’accueil du Prado, centre de redressement de la jeunesse délinquante, qui cesse son activité en 1958.

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De belles demeures du quartier

Parmi les belles demeures construites à Grillaud, il faut citer la « Villa Julienne », également dénommée de façon très british « Chezine Towers », située à l’angle des actuelles avenues du Parc-de-Procé et de Grillaud. Construite en 1870, son propriétaire François Labruère la fit agrandir cinq ans plus tard. Autre demeure remarquable, le « Châtelet », édifié en 1867 par la famille de La Bassetière dans la partie est du lotissement, le long du ruisseau des Renardières, sur un terrain boisé de plus de 12 000 m2, et rachetée à la fin du 19e siècle par les Brebendec de Châteaubriant. Le dernier occupant du Châtelet, le docteur Aubin, gendre de monsieur Boutillier de Saint-André, cède la propriété en 1957 à un promoteur immobilier qui érige trois grandes tours au nom quelque peu prétentieux, le Sévigné, le Récamier et le Pompadour, dans le grand parc aux arbres magnifiques.

2013

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Témoignage : Souvenirs d'enfance

Je suis né en 1954 et j’ai passé mon enfance dans la rue du Coteau. J’ai bien connu le parc qui se situait en face et qui s’étendait jusqu’à la rue du Calvaire-de-Grillaud. Le ruisseau des Renardières le traversait et il y avait un château à l’intérieur...

Propos de Robert Loiseau recueillis par les Archives de Nantes et le groupe mémoire du quartier Dervallières - Zola en 2012 dans le cadre de la collection "Quartiers, à vos mémoires"

Témoignage : Le Châtelet

Le Châtelet était un petit château à l’abandon avec un parc d’un hectare et demi. Cette propriété appartenait à la femme du docteur Aubin qui en avait héritée. Quand on est arrivés dans le quartier en 1956, ils venaient de vendre cette propriété et ils...

Propos de Jean-Michel Menant recueillis par les Archives de Nantes et le groupe mémoire du quartier Dervallières -Zola en 2012 dans le cadre de la collection "Quartiers, à vos mémoires"


En bref...

En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, Autour de la place Émile-Zola, Ville de Nantes, Nantes, 2013 (coll. Quartiers à vos mémoires)

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Rue de la Convention

Rue Raspail

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Philippe Bouglé

Témoignage :

Robert Loiseau ,  Jean-Michel Menant