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 Ancien pont Morand


Le pont Morand reliait la place du Port Communeau à la route de Rennes (rue Paul Bellamy). Aujourd’hui disparu, il se trouvait à l’emplacement de l’actuelle place du Pont Morand, qui en rappelle le souvenir.

Le pont Morand eut plusieurs noms. Sous l’Ancien Régime, il fut principalement connu sous le nom de pont du Port Communeau, puis brièvement comme le pont de l’Aiguillon, en l’honneur du Duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne de 1765 à 1774. Pendant la période révolutionnaire, il prend le nom de Pont Moreau, en hommage à un général républicain. Après la Révolution, il fut nommé pont Morand, en mémoire de Sauveur-François Morand (1697-1773), chirurgien en chef de l’Hôtel des Invalides et membre de l’Académie des Sciences dès 1722. Le pont fut rebaptisé après 1877 et le percement définitif de la rue de Strasbourg, pour être à nouveau désigné sous le nom de pont Morand. Cette fois-ci, il s’agit de rendre hommage à Charles-Antoine-Alexis Morand, lieutenant général, comte de Morand, qui avait commandé à Nantes l’armée dite d’observation pendant les Cent-Jours.

Du Moyen Âge au 18e siècle, le passage de l’Erdre à cet endroit se faisait par une passerelle dont l’accès était commandé par un modeste fort. Mais selon d’autres sources, ce pont était plutôt une chaussée du même type que celle de Barbin et dotée d’un moulin.

On sait que dans la seconde moitié du 18e siècle, le pont Morand était un pont de pierre à deux arches inégales, une petite du côté de la route de Rennes et une plus grande du côté du Port Communeau. Il formait un dos d’âne et s’évasait en direction du port pour faciliter le dépôt de marchandise.

Les premiers plans du canal de Nantes à Brest prévoyaient la reconstruction de tous les ponts de la ville situés sur l’Erdre pour ne pas entraver la navigation sur cette nouvelle voie d’eau. Mais à cette époque, le pont Morand avait une importance secondaire pour la circulation. En 1831, l’ingénieur Cottin de Melville proposa seulement de le remplacer par un petit pont en bois.

Finalement, on laissa le pont en l’état et en février 1832, on y effectua des travaux pour faciliter la circulation terrestre. Mais les arches s’avérèrent trop étroites et trop basses pour le passage des bateaux. En 1840, on fit au plus pressé en supprimant simplement la pile qui séparait les deux arches et on réalisa une travée en charpente. Deux ans plus tard, on proposa à la Ville de le reconstruire en métal mais cette dernière n’en vit pas l’utilité.

Le pont Morand finit par ne plus être adapté face à la hausse de la circulation sur la route de Rennes. L’ingénieur ordinaire des ponts et chaussées en charge du canal de Nantes à Brest proposa de le reconstruire en 1859, ce que la municipalité accepta trois ans plus tard.

Le pont fut achevé en 1863. Il était bâti sur le modèle du pont de l’Hôtel de Ville comme le fut plus tard le pont St-Mihiel.

C’était un pont métallique à trois travées, très légèrement courbé qui reposait sur des piles maçonnées. Malgré l’ouverture définitive de la rue de Strasbourg dans les années 1870, le pont Morand ne fut pas modifié. Il devint dès lors un point de passage très fréquenté par ceux qui voulaient traverser la ville du nord au sud.

Dans les années 1930, les comblements de l’Erdre stoppent le cours de la rivière juste avant le pont Morand. Il survécut encore quelques années mais finit par disparaître en 1940 avec l’aménagement de la place qui porte aujourd’hui son nom.

Antoine Pouponneau
Archives de Nantes
2014

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Antoine Pouponneau

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