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Église Notre-Dame-de-Lourdes Jean-Baptiste Carrier (1756-1794)

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Aérostation


L’aérostation se développe en France dès la fin du 18e siècle. Nantes fut l’une des villes pionnières de son développement.

Nantes, ville pionnière de l’aérostation

Le premier Nantais à s’intéresser à la montgolfière est un commerçant, La Feuillade, qui, dès l’été 1783, propose d’inscrire sur un ballon les noms de ceux qui l’auront payé. Il ne parvient pas à ses fins, et c’est le père Mouchet, oratorien et professeur de physique, qui, le premier, lâche un ballon à air chaud le 24 décembre 1783, suivi de L’Aligant de Morillon qui fait voler un ballon à hydrogène le 13 mai 1784. Peu après, Pierre Lévêque, professeur d’hydrographie, s’associe à Mouchet pour construire le ballon Suffren qui enlève Coustard de Massy et Mouchet lui-même le 14 juin. Cette ascension est la neuvième en France. Ces vols, motivés par la recherche, sont suivis d’une série de spectacles forains tout au long du siècle, à l’occasion de fêtes publiques.

Le développement du sport aérostatique

Le sport aérien ne se développe qu’après 1871. Le premier sportsman nantais est Auguste Nicolleau, ami d’Eugène Godard, un professionnel, fils du plus célèbre aérostier français, qui a grandi à Nantes. Ils volent ensemble en 1886 entre Nantes et Cholet. Peu après, Nicolleau achète un ballon et transmet à son tour cette passion en 1901 à Edmond David, un pharmacien chez qui il loge lorsqu’il séjourne à Nantes. Lorsque le 14 juillet 1902, trois ballons s’élèvent de Nantes pour une épreuve de distance, David pilote le Micromégas, Nicolleau le Ville de Nantes et le journaliste François Peyrey le Vélo.

À bord du Cambronne, Edmond David effectue encore bien des ascensions depuis le cours Saint-André ou le Champ-de-Mars, si bien qu’en peu d’années, tous les notables nantais volent un jour ou l’autre à ses côtés. David fait aussi des voyages au long cours, dont le plus important, en 1904, s’achevant à Maaseik, à l’est de la Belgique (698 kilomètres en 10 heures 30 minutes), lui permet de gagner la coupe du journal Le Gaulois.

Un regard renouvelé sur la ville

Remplacé par l’avion dans le cœur des sportifs au début du 20e siècle, le ballon ne disparaît pourtant pas totalement des fêtes publiques. Nantes renoue avec l’aérostation entre 1924 et 1925, puis encore à l’occasion de la Fête nationale en 1939.

Au-delà des attractions et des exploits sportifs, le ballon a surtout offert la possibilité d’un regard renouvelé sur Nantes comme en témoigne la célèbre lithographie d’Hugo d’Alesi qui donne à voir la ville industrielle et portuaire en 1868, cinq ans après la publication des Cinq semaines en ballon d’un Nantais nommé Jules Verne. 

Thierry Le Roy
Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

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