Vétille
Trente quatre années après la construction de Rigolboche, le chantier Dubigeon met en chantier en 1893 Vétille, dériveur à voile houari dessiné par l’ingénieur maison Hummel et commandé par Jules Levesque, déjà propriétaire de Tracassin le sister-ship de Vezon.
La construction de Vétille au chantier Dubigeon
Vétille est construit en tôles de fer galvanisé d'une épaisseur de 2 millimètres ; la coque est réalisée par l'assemblage de quatre bandes de tôles de chaque coté, fixées sur une ossature de cornières métalliques ; ces bandes se chevauchant légèrement sont assujetties par rivetage à chaud. Le pont est composé de deux tôles latérales assemblées sur l'axe du bateau. A l'avant et à l'arrière sont deux coffres étanches fermés par des panneaux boulonnés. Le mât repose sur des jumelles ce qui permet de le basculer facilement pour passer sous les ponts. Le poids total du bateau est de 1,35 tonne dont 225 kilogrammes pour la dérive en fer.
Construction de  Vétille  aux Chantiers Dubigeon à Chantenay
Date du document : 1893
Un champion des régates entre 1893 et 1900
La première saison de ce voilier en tôle d’acier zingué est un triomphe ! Le 28 mai 1893, lors des régates du Cercle de la Voile de Nantes à Chantenay par un temps superbe et sur un parcours de 10 milles avec virage devant Couëron, Vétille remporte sa première régate dans la série entre 1 et 5 tonneaux devant Illico à M. Gruget, Folle-Pensée et Libellule, ainsi que le prix d'ensemble pour les yachts construction française voilure comprise.
Le 11 juin, lors des régates des sociétaires du Sport nautique de l’Ouest (SNO) à Trentemoult, par beau temps et forte brise d'Est, sur un parcours 10 milles, Vétille gagne une nouvelle fois dans sa série entre 1 et 2 tonneaux devant Penn-Kalet et Jane à M. Séchez ainsi que le prix d’ensemble. La presse s’enthousiasme : « Le nouveau yacht Vétille de 1,4 tonneau a fait preuve d’une marche remarquable et obtenu un grand succès dans le prix d’ensemble, accomplissant le parcours dans un temps moindre que les séries supérieures, arrivant le premier de tous, sans allégeance. »
Le 15 juillet, Vétille dispute à Lorient le Prix spécial de l’Union des yachts français pour les yachts de 1 à 2 tonneaux. Jane gagne la première épreuve devant Vétille gênée par un bâtiment de commerce en remorque. La deuxième manche est remportée par Vétille. Lors de la troisième épreuve par une jolie brise fraîchissante Jane qui a pris un ris arrive devant Vétille trop voilée ; aussi c'est Jane, un voilier classique, qui remporte le prix spécial. Dans Le Yacht du 26 août, un correspondant souligne « la victoire du bateau orthodoxe sur la machine de course » et décrit ainsi Vétille « dessiné en vue de la course, et surtout de rivière, est un bateau du type le plus nouveau, œuvre d'un jeune architecte plein de talent, dont pour l'exécution rien n'a été épargné de ce que peut faire l'expérience unie à la fortune... ».
En 1894, Vétille remporte de nombreuses victoires à Trentemoult, Saint-Nazaire, Le Croisic...
 Vétille 
Date du document : 1908
Les transformations de 1909
Ouvert à l’origine avec un vaste cockpit ceinturé d’une haute hiloire, Vétille est modifiée en 1909 : le pont est largement découpé vers l'avant pour faire place à un rouf en bois, et un moteur à essence de 8 CV de Dion est installé.
Vétille
Date du document : 31-08-2012
Le bateau participe encore à la régate du Cercle Nautique de l'Erdre le 1er mai 1910 dans la série des bateaux de promenade, car Vétille conçue selon la jauge de 1892 n'est plus admise aux régates officielles.
En 1911, le bateau appartient à M. Louérat de Nantes puis à M. Fourage. En 1966, le vieux voilier refait une apparition remarquée aux régates de Trentemoult, où il arbore un jeu de voiles en Tergal flambant neuf.
Retrouvé à l’état d’épave en 1981 dans la vase du vieux port de Noirmoutier par Philippe Abalan, Vétille est restauré en 1982 par des ouvriers du chantier Dubigeon qui l’avait vu naître près d’un siècle auparavant. Vétille est exposé à Paris au Salon Nautique de 1982. L'Association Amerami en fait l'acquisition et le confie au Conservatoire National Maritime à Bordeaux qui l'expose jusqu'en septembre 2000. Depuis, Vétille a retrouvé ses attaches nantaises et est géré par l'association Erdre Voiles Passion qui se charge de l'entretenir et de le faire naviguer. Ce superbe témoin de la plaisance nantaise est classé monument historique le 28 avril 1994.
François Puget
2018
En savoir plus
Bibliographie
Puget François, « Vétille, 1893 », dans Yachting, histoire des yachts en fer, Nantes 1850-1902, Locus Solus, Châteaulin, 2017, p. 158-169
Webographie
Fiche Bateau du patrimoine sur le « Vétille »
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Rédaction d'article :
François Puget
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