Ticket, Dominique A, Little Rabbits, Elmer Food Beat et bien d'autres : la scène nantaise a su se démarquer et continue de vivre à travers de nouvelles formes - hip hop, pop, électro - et de nouvelles figures des musiques actuelles.

Salons Mauduit, le 29 avril 1962 : c’est le traditionnel concours d’accordéon organisé par le magasin d’instruments Simon Musique. Et pour la première fois, de jeunes gens montent sur la scène pour jouer avec des guitares électriques. Six groupes locaux sont programmés pour ce premier tremplin rock à Nantes : Les Rockers, les Atomic Boys, les Pagdells, les Djets, Willy Spring Day et les Rapaces. Tous influencés par les Chaussettes noires ou les Shadows, ils bousculent l’atmosphère feutrée des lieux. C’est l’acte de naissance du rock à Nantes. Le premier 45 tours vinyle est enregistré à Nantes la même année par les Rapaces. 

L’école du bal nantais : du rock à la variété

À l’aube des années 1970, des musiciens nantais montent des orchestres pour animer des bals, d’abord dans la région nantaise, puis dans toute la France, où ils se forgent une solide réputation. Ces orchestres de bals deviennent une pépinière de talents à laquelle certains artistes de renommée nationale et internationale vont faire appel pour les enregistrements d’albums et les tournées. De Vilard à Voulzy, en passant par Goldman et Souchon, Higelin, Thiéfaine et Johnny Hallyday, tous sont accompagnés de musiciens élevés à l’école du bal nantais. 

De Ticket à IAM !

Le groupe Zig Zag ouvre, à partir de 1970, de nouveaux horizons au rock nantais en le mâtinant de psychédélisme. C’est Boris Bergman, futur parolier de Christophe et Bashung, qui signe les textes du premier et unique 45 tours du groupe ! Quelques années plus tard, Téquila et son leader Philippe Ménard mâtinent de blues leur rock social. Mais un autre groupe va marquer encore plus durablement le paysage rock nantais, et bien au-delà : Ticket. Dans le même mouvance que Bijou ou Starshooter, le groupe actif de 1979 à 1986 compte parmi ses membres Kelu à la guitare, qui rejoindra Elmer Food Beat, Yves Le Rolland, à la batterie, qui deviendra producteur des Guignols de Canal+, et Pipo, premier guitariste de Ticket. Parti à Marseille pour occuper un poste d’instituteur, ce dernier devient… l’un des membres d’IAM sous le nom d’Imhotep, l’architecte sonore du groupe de rap marseillais ! 

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Les années nantaises

Dans les années 1980, Nantes donne l’impression de tourner au ralenti. Même si des groupes comme EV tentent de sortir la ville de sa léthargie. Il y a aussi John Merrick, révélé un soir pluvieux de Fête de la musique en 1986, et ce chanteur dont l’intensité marque le public présent : Dominique Ané. Soit… Dominique A. En 1991, sa carrière est lancée. Il est la figure de proue de ce que l’on va rapidement nommer la nouvelle chanson française. Dominique A et son premier album La fossette entraînent dans son sillage toute une scène – Philippe Katerine, Françoiz Breut, Les Little Rabbits en tête. C’est aussi Elmer Food Beat et son humour potache qui enflamment les scènes et le Top 50. Cinq cent mille exemplaires vendus pour leur premier album, groupe de l’année aux Victoires de la musique en 1991 : inédit pour un groupe de rock nantais !

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Du hip hop à l’électro, la scène nantaise explore les possibles

Cela fait longtemps que le format classique du rock « guitare/basse/batterie » a laissé le champ à d’autres variations et (r)évolutions, aux influences diverses. Orange Blossom crée ainsi depuis plus de vingt ans une grammaire musicale nourrie par l’Orient et l’Occident. Hocus Pocus est devenu dans les années 2000 une référence en hip hop puis en « djing » avec C2C, couronnés aux Victoires de la musique en 2013. Pony Pony Run Run déploie une palette où se mêlent pop, synthétique, rock et dance music. Tout comme Christine and The Queens, qui mixe chanson, électro et r’n’b. 

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Nantes est aujourd’hui sans conteste l’une des places fortes des musiques actuelles en France. Et la scène locale continue de se réinventer à la croisée du rock, de la pop, de l’électro et de la chanson : de Pégase à Von Pariahs, de Ko Ko Mo à Lenparrot et du label Futur au collectif Force Béton. 

Nantes Passion
2013

Anecdote : Le groupe nantais le plus vendeur

C’est au début des années 1970 que débute l’épopée de Tri Yann. La carrière des « Trois Jean de Nantes » connaît un départ fulgurant, porté par la vague folk et le renouveau culturel breton. Plus de quarante ans après leur formation, les Tri Yann et leur...


NantePassions 2013



En savoir plus

Bibliographie

Charliot, Laurent, La fabuleuse histoire du rock nantais, L. Charliot, Sainte-Florence, 2003

Charliot Laurent, Le rock nantais en 100 vinyles et CDs, L. Charliot, Sainte-Florence, 2011

Charliot, Laurent, Rock ! : une histoire nantaise (exposition, Nantes, Château des ducs de Bretagne), Iéna éd., Essarts en Bocage, 2018

Guibert, Gérôme, « La scène musicale à Nantes : de la ville perçue à la ville vécue », dans Guidet, Thierry, Plassart, Michel (photogr.), Nantes saisie par la culture, Autrement, Paris, 2007, p. 109-137

Guibert, Gérôme, « Le rock, de la scène au musée », Place publique Nantes Saint-Nazaire, n°66, printemps 2018, p. 70-73

Webographie

Exposition Rock au Château

« Rock une histoire nantaise » : la playlist de Stereolux

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Rédaction d'article :

Loïc Abed-Denesle

Anecdote :

Loïc Abed-Denesle