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Boule nantaise Ancien marché couvert de la Petite-Hollande

Observations de comètes à Nantes du 17e au 19e siècles


À Nantes, la plus ancienne mention connue du passage d’une comète remonte à 1618. Depuis, d’autres phénomènes similaires ont été observés dans le ciel nantais, relayés par les savants et la presse de leur époque.

Le plus ancien témoignage : le passage de la grande comète de 1618

« La dernière sepmaine de novembre 1618, apparut une estoile au ciel, qui avoit une grande queue, paroissant sur le faubourg de Piremil. » Cet extrait d’un registre de la paroisse Saint-Jacques, à Nantes, constitue peut-être la plus ancienne observation astronomique nantaise connue à ce jour. Cette « estoile » avec une grande queue correspond à la description d’une comète, et il faut croire que le phénomène fut particulièrement spectaculaire pour être ainsi évoqué dans ce registre paroissial.

L’année 1618 est riche dans l’observation de belles comètes depuis l’Europe, avec trois visibles à l’œil nu. Le témoignage nantais décrit probablement la comète nommée aujourd’hui C/1618 W1, surnommée aussi la grande comète de 1618. Visible jusqu’en janvier 1619, les différentes observations et relevés réalisés par les astronomes européens montrent que cette comète avait une double queue s’étendant sur près de 100°, ce qui est exceptionnel, et sa luminosité était si brillante que son noyau pouvait être visible en plein jour.

L’observation nantaise est donc loin d’être isolée, car de nombreux autres témoignages et représentations graphiques ont été faits depuis plusieurs autres villes européennes. Son aspect spectaculaire, visible par tous, a d’ailleurs été interprété par certains comme un présage de malheur. Pour les savants, l’étude du mouvement de ces trois comètes de 1618 est à l’origine d’un débat virulent sur leur nature et leurs trajectoires réelles, atmosphérique ou spatiale.

Des observations faites à l’école d’hydrographie et à la Maison Graslin

D’autres observations de comètes seront relatées par la suite depuis Nantes, notamment par le père jésuite Fontenay depuis l’observatoire installé dans l’hôtel de Briord où, depuis 1672, les jésuites enseignent l’hydrographie. Le père Fontenay y fait en 1676 des observations d’une comète sans queue qu’il suit avec ses instruments du 14 février au 9 mars et qui sont mentionnées dans les Mémoires de l’Académie des sciences en 1731.

Parmi les différents témoignages nantais, nous pouvons citer l’étude d’une comète faite depuis l’observatoire de la Maison Graslin en janvier 1824.

Le passage de la comète de Halley de 1835

Le passage de la comète de Halley en 1835, dont il s’agissait alors du deuxième retour calculé et prédit, depuis celui de 1758/59, fait l’objet de plusieurs articles dans la presse nantaise. Le Breton du 13 octobre indique qu’il « y avait hier soir dans la ville de nombreux rassemblements pour regarder la comète, qui a paru au-dessus des deux dernières étoiles de la constellation de la grande-ourse ».

Les conseils dispensés par la presse

Enfin, terminons cette présentation, bien loin d’être exhaustive, en évoquant la comète de 1884, appelée aujourd’hui la comète 12P/Pons-Brooks. Loin d’être aussi spectaculaire que celle de 1618, de Halley ou autres comètes déployant de sublimes queues derrière elles, la comète de 1884 a la particularité d’être traitée dans des articles particulièrement originaux dans la presse locale. Cette dernière ne se contente plus d’annoncer l’apparition d’une comète ou d’une éclipse, elle offre désormais de véritables conseils pratiques à ses lecteurs pour observer certains astres.

Ainsi, pour expliquer comment observer cette comète de 1884, le Progrès de Nantes du 3 janvier décrit minutieusement des procédés pratiques permettant de repérer l’astre chevelu depuis divers endroits du centre de Nantes. Par exemple : « En se plaçant à huit heures entre la pharmacie et le café de l’Univers, place Graslin, et en regardant à l’ouest, c’est-à-dire au-dessus de l’Hôtel de France, on distingue, si le temps est bien clair, deux étoiles toutes petites, placées l’une au-dessus de l’autre et directement au-dessus de la porte cochère de l’Hôtel ; c’est la plus basse qui est la comète, elle apparait à l’œil nu comme une nébulosité vague et sans scintillement, mais dans une simple lorgnette de théâtre, il n’y a pas de doute, la queue se dessine et le noyau devient lumineux. »

Cet article de 1884, où la plupart des noms de lieux cités sont encore bien connus des Nantais, fait merveilleusement revivre l’intérêt des citadins pour l’observation du ciel. Nous les imaginons se promenant le nez en l’air, à la nuit tombante, en différents points de la ville, munis de l’article découpé dans leur quotidien préféré.

Olivier Sauzereau
Association Méridienne
2026

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