Julien Gracq (Saint-Florent -le-Vieil, 1910 – Angers, 2007)

A


En marge de son époque, Julien Gracq nous livre une œuvre protéiforme et des réflexions engagées sur la littérature et le rapport au texte.

Date du document :

Une scolarité brillante

De son vrai nom Louis Poirier, Julien Gracq naît dans une famille de commerçants aisés et passe son enfance à la campagne en compagnie de sa sœur aînée. En 1921, il intègre le lycée Georges-Clemenceau de Nantes où il réalise une scolarité exemplaire : il décroche plusieurs fois le prix d’excellence.
En 1930, il est admis à l'École normale supérieure et suit en parallèle des cours à l'École libre des sciences politiques. Il obtient l'agrégation d'histoire et géographie en 1934 et enseigne à Nantes puis à Quimper. En 1946, il est nommé au lycée Claude-Bernard à Paris jusqu'à sa retraite en 1970.

 

Le début d’une carrière d’écrivain éclectique

D'abord engagé dans le communisme à partir de 1936, il reste à distance des embrigadements littéraires ou politiques et poursuit son travail d’écriture. Chez l’éditeur José Corti, il publie son premier roman Au château d'Argol en 1938, où se mêlent romantisme noir et surréalisme. Son ouvrage est salué par André Breton, notamment lors d’une conférence réalisée à Yale en 1942.

 

Après avoir été mobilisé pendant la Deuxième Guerre mondiale dans l’infanterie avec le grade de lieutenant, Julien Gracq publie son deuxième roman, Un beau ténébreux, en 1945. Il met en scène  la rencontre d’un groupe de personnages dans un hôtel isolé sur la côte bretonne. L’année suivante, il fait paraître un recueil de poèmes en prose, Liberté grande, d’inspiration surréaliste. Cet ensemble est suivi en 1948 de la publication d’un ouvrage intitulé André Breton, quelques aspects de l’écrivain, puis Le Roi pêcheur, une adaptation théâtrale du mythe du Graal écrite entre 1942-1943. Peu de temps après, cette pièce est représentée au théâtre Montparnasse à Paris, avec Maria Casarès et Jean-Pierre Mocky dans les rôles principaux.

Date du document :

Le genre romanesque mis à l’honneur

En 1951, il devient célèbre grâce au roman Le rivage des Syrtes, qui met en scène le déclin de la République fictive d’Orsenna, où le héros découvre le quotidien d’une forteresse chargée de surveiller la mer qui sépare son pays du Farghestan, une contrée mystérieuse avec laquelle il serait en guerre depuis plus de trois siècles. Il obtient le prix Goncourt mais le refuse, ce qui n’était encore jamais arrivé auparavant.
Après quelques recueils de poésie, il renoue avec l’écriture romanesque dans Un Balcon en forêt, un roman plus réaliste qui raconte l’arrivée de l’aspirant Grange dans son lieu d’affectation, une maison située en forêt dans les Ardennes, à l’automne 1939.

Date du document :

Date du document :

Des essais et des réflexions

Après deux cahiers d’essais intitulés Lettrines I (1937) et Lettrines II (1974), il abandonne la fiction au profit d’œuvres qui mélangent des bribes d'autobiographies, des réflexions sur la littérature et des méditations géographiques.
Il publie en 1980 un recueil de fragments et de notes, En lisant en écrivant, où il s’interroge sur la littérature, ses relations avec les arts visuels, et les liens entre l’écriture et la lecture. En 1985, il évoque son enfance à Nantes, et notamment ses années d’internat dans La Forme d’une ville, et ses réflexions sur un voyage réalisé en Italie en 1976 sont publiées sous le titre de Autour des sept collines. Enfin, en 1992, Les Carnets du grand chemin mêlent des descriptions de paysages et des fragments autobiographiques.

 

Bibliothèque municipale
2019

En savoir plus

Bibliographie

« Julien Gracq », numéro spécial de la revue 303, arts recherches créations, 01/10/2006


Leutrat, Jean-Louis, Julien Gracq, Seuil, Paris, 1994


Pelletier, Jean, Julien Gracq : L’embarcadère, Éditions du Chêne, Paris, 2001

Webographie

Julien Gracq à la Bibliothèque municipale

Julien Gracq sur BNF Data

Maison Julien Gracq à Saint-Florent-le-Vieil

Pages liées

Tags

Contributeurs

Rédaction d'article :

Chloé Voirin