Julie Charles (Paris, 1784 – Paris, 1817)

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Originaire de Saint-Domingue, Julie Charles rencontre Alphonse de Lamartine à Aix-les-Bains en 1816 et devient la muse qui lui inspire ses plus beaux vers.

Une enfance à l’île de St-Domingue et à Nantes

Née Julie Bouchaud des Hérettes, Julie Charles est née dans une famille de planteurs créoles de Saint-Domingue. À l’âge de sept ans, l’ensemble de sa famille perd ses domaines et emménage à Nantes pour fuir les troubles liés à la Révolution française. Elle y demeure jusqu’en 1795. Sa mère décède à l’âge de 33 ans, et son père dépense ce qui reste de la fortune familiale. Julie est confiée à une tante qui réside successivement au Havre et à Paris, puis chez son oncle Bergey.

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La vie à Paris

En 1804, elle a vingt ans quand elle séjourne à Saint-Paterne, près de Tours. Elle y fait la connaissance d’un voisin, Jacques Charles, un célèbre physicien français qui est le premier à faire voler en 1783 un ballon à gaz gonflé à l'hydrogène. Elle l’épouse la même année, et le couple s’installe à Paris. Jacques devient secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences et Julie y tient un Salon littéraire reconnu et fréquenté par les écrivains et les savants de cette époque.

 

La rencontre avec Alphonse de Lamartine

Timide et d’un caractère assez mélancolique, elle lit beaucoup et voue une admiration à La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau, un roman épistolaire paru en 1761.
En 1815, Charles est déjà septuagénaire, alors que Julie n’a que trente et un ans. Il la décrit comme ayant le visage pâle et une certaine langueur. Elle rencontre Alphonse de Lamartine au mois d'octobre 1816 lors d'un séjour à Aix-les-Bains sur les rives du lac du Bourget, alors qu'elle souffre de la tuberculose.

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Une source d’inspiration

Ils entretiennent pendant plus d’un an une correspondance assidue qui s'achève brusquement par sa mort en 1817. Ces échanges réguliers sont une source d’inspiration pour le poète, qui commence à écrire le poème « Le Lac » en août en l'honneur de Julie devenue sa muse, dont voici un extrait :

« […]Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé ! ».

L’ensemble de ces poèmes romantiques composent le recueil des Méditations poétiques publié en 1820, faisant passer Julie Charles à la postérité sous le nom d'Elvire.

 

Bibliothèque municipale
2019

En savoir plus

Bibliographie

Séché, Léon, Études d’histoire romantique. Lamartine de 1816 à 1830. Elvire et les « Méditations », Société du Mercure de France, Paris, 1905


Prenaud, René, Petite histoire des dames du passé en pays nantais. Julie Bouchaud des Hérettes (1784 – 1817), l’Elvire du « Lac » de Lamartine, s. n., Nantes, [1972]

Webographie

Alphonse de Lamartine à la Bibliothèque municipale

Alphonse de Lamartine sur BNF Data

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Rédaction d'article :

Chloé Voirin