Cathédrale
Poissonnerie Feydeau

Jusqu’à la fin du 16e siècle, les séances du Conseil des Bourgeois se tiennent dans différents lieux de la ville intra-muros. Il faut attendre 1578 pour que la communauté de ville s’installe dans l’hôtel de Derval, emplacement de l’hôtel de ville actuel.

 

Les premières maison communes
 

Les premières assemblées du Conseil des Bourgeois se tiennent dans un immeuble situé place du Bouffay, immeuble acheté à l'Abbesse de Fontrevault. Il n'en subsiste qu'une haute cheminée attenant au pignon d'une maison rue des Echevins. Il servait de dépôt pour le matériel de guerre de la Ville et portait de ce fait le nom de " Maison des Engins ".

Lors de son mariage avec Anne de Bretagne, en décembre 1491, le roi Charles VIII donne aux Nantais, pour y tenir leurs assemblées, la maison appelée Hôtel de la Prévôté, située place du Change à l'angle des rues des Halles et des Carmes. Elle est en très mauvais état, aussi est-elle reconstruite et agrandie dès 1494. Les Nantais l'utilisent jusqu'en 1678, époque où elle est intégrée au domaine de l’État. Il n'en reste aucune trace en 1943 lorsque les bombardements détruisent le côté nord de la rue des Halles aujourd'hui reconstruit en retrait de l'ancien alignement.

Le local devient rapidement insuffisant et le Conseil de ville doit louer en 1532 un nouvel immeuble, la Maison Sainte-Catherine, près de la porte Saint-Nicolas. Il faut noter que certaines assemblées du Conseil se tiennent également au Couvent des Cordeliers ou des Jacobins.

Il faut attendre 1559 pour que le roi François II autorise, par lettres patentes, l’établissement d’une Communauté de ville avec maire et échevins. Toutefois, l’élection du premier édile nantais, Geoffroy Drouet, n’est effective que cinq ans plus tard. En 1566, Nantes obtient du roi Charles IX l’autorisation de se doter d’un hôtel de ville.

 

Lettres patentes du Roi autorisant la création de la mairie

Lettres patentes du Roi autorisant la création de la mairie

Date du document : 1564

Le premier Hôtel de ville

Le mauvais état des finances municipales retarde jusqu’en 1578 l’acquisition de l’hôtel de ville, un petit manoir à tourelle construit au 15e siècle, situé rue de Verdun (aujourd’hui rue de la Commune). Il est dit « maison de Derval » ou des « Dervallières » du nom de l’ancienne seigneurie de Grillaud et des Dervallières. Également dénommée la « maison Bizard » ou encore, pour sa fonction d’auberge, l’« hostellerie de la Belle-Image », cette propriété est à l’origine de l’hôtel de ville actuel.

Le 27 mars 1578, la Ville s’établit dans ce modeste logis gothique où elle installe le siège du consulat (fondé en 1570), le bureau de l’hôpital, un arsenal et un magasin de provisions. Le manoir présentait alors deux salles au rez-de-chaussée ainsi qu’à l’étage. La distribution intérieure se faisait par un escalier à vis logé dans une tourelle adjacente. De nombreuses dépendances jouxtaient l’édifice.

 

Façade de l'Hôtel de Ville

Façade de l'Hôtel de Ville

Date du document : 1795

Les agrandissements et les transformations de la mairie du 17e au 20e siècle

En 1606, l’hôtel de Derval étant devenu trop exigu, l’architecte Hélie Rémigereau agrandit l’hôtel primitif en le doublant d’une galerie à arcades sur deux étages et y adjoint une nouvelle aile. De l’hôtel de Derval intégré dans cette nouvelle architecture, restent visibles l’escalier à vis et les volumes des salles Mellier et Guépin.

À partir de 1822, d’importants travaux de rénovation et d’extension sont entrepris sous la direction de l’architecte Ogée : restauration du bâtiment existant, allongement de l’aile occidentale, enfin, à l’emplacement du « petit hôtel de ville », construction de l’aile orientale. Dans la deuxième moitié du 19e siècle, des bâtiments annexes sont construits à l’Est de la cour d’honneur.

Au début du 20e siècle, la Ville confrontée au perpétuel manque d’espace envisage, entre autres projets non aboutis, le transfert de la mairie au Château des ducs de Bretagne. Mais la décision est prise de maintenir le siège de la Municipalité dans son lieu d’origine. Aussi, les hôtels de Monti et Rosmadec sont acquis et réaménagés dans les années 1920 ; après guerre, le reste de l’îlot urbain est annexé avec la construction des immeubles bordant les rues Garde-Dieu et de Strasbourg.

Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole

 

Vue aérienne de l'Hôtel de Ville

Vue aérienne de l'Hôtel de Ville

Date du document : 05-07-2012

En bref...

Localisation :

Strasbourg (rue de) 29 ; Hôtel de Ville (place de l') ; Saint-Léonard (rue) ; Garde Dieu (rue), NANTES

Auteur de l'oeuvre :

Rémigereau, Hélie (architecte) ; Coutan, Etienne (architecte) ; Evano, Georges (architecte)

Typologie :

architecture civile publique et génie civil

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En savoir plus

Bibliographie

L’Hôtel de Ville de Nantes au fil du temps, Ville de Nantes, Nantes, 1997

La Nicollière-Teijeiro, Stéphane de, « Essai historique sur la maison de Derval, ou des Dervallières, hôtel de ville de Nantes », Bulletin de la Société historique et archéologique de Nantes et de Loire-Atlantique, T. 40, 1899, p. 574-602

Melet, P.-G., De la maison aux Engins à l'Hôtel Rosmadec, une page de l'histoire de Nantes, Ed. Art et Histoire, Rezé, 1938

Salamagne, Alain (dir.), Hôtels de ville : architecture publique à la Renaissance, Presses universitaires de Rennes, Rennes, Presses universitaires François-Rabelais, Tours, 2015

Webographie

Dossier documentaire des Archives de Nantes

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Catherine Olart, Xavier Trochu

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