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1881

Hortense Tanvet (1880-1981)


Née de parents artisan et agriculteur, rien ne destinait Hortense Tanvet à devenir sculptrice. Formée à l’école des Beaux-Arts de Nantes et de Paris, c’est grâce à ses talents, sa détermination et l’aide d’un mécène qu’elle vivra de son art.

Son enfance et ses origines

Hortense Tanvet est née en 1880 à Mésanger en Loire-Atlantique au sein d’une fratrie de six enfants dont cinq filles. Son père Alexandre est maçon et sa mère, Marie, agricultrice.

Placée dans une ferme, Hortense Tanvet garde les oies à la ferme de Grée (marais de Grée). À l'adolescence, elle est placée chez M. et Mme Denécheau, une famille bourgeoise d’Ancenis. C'est pendant cette période que ses patrons constatent qu'elle réalise, durant son temps libre, de petites statuettes de terre ou de mie de pain les représentant, très ressemblantes.

La fratrie Tanvet

La fratrie Tanvet

Date du document : Fin du 19e siècle

Un don, une aide et une grande motivation

Reconnaissant un talent inné chez Hortense Tanvet, la famille Denécheau lui permet d'accéder à leur bibliothèque où elle y découvre l'art et la sculpture grecque. Elle apprend beaucoup dans les livres grâce à sa curiosité et son intelligence vive.

Le comte Toinet de la Turmelière, un proche des Denécheau, accepte de l'aider financièrement pour entrer à l'école des Beaux-Arts de Nantes en 1902.

Hortense Tanvet arrive à Nantes habillée « en paysanne » et subit des moqueries. Elle est pourtant l’une des meilleures élèves lorsqu’elle sort diplômée des Beaux-Arts de Nantes en 1904. Elle est même classée 5e sur 300 au concours d'entrée pour l'école des Beaux-Arts de Paris.

En 1908, elle reçoit une bourse d'études accordée par le Département de la Loire-Inférieure et part à Paris. Deux de ses sœurs, Anna et Joséphine, la rejoignent. Elles vivent toutes les trois dans une petite chambrette mal chauffée au dernier étage d'un immeuble situé en face de l'école des Beaux-Arts, rue Bonaparte.

Hortense Tanvet travaille au musée du Louvre. Elle ouvre un atelier au 18 rue des Plantes à Paris en 1912 et reçoit ses premières commandes. Elle collabore avec des fondeurs de bronze, notamment les frères Montagutelli.

Le mariage

Dans le cadre de ses commandes de sculptures, Hortense Tanvet fait appel à des modèles humains. C’est ainsi qu’elle rencontre Eugène Louis Béar. Né en 1891, il est originaire de Pointe-Noire en Guadeloupe. Ancien soldat blessé durant la Première Guerre mondiale, il est employé de la marine marchande comme docker. Il pose pour la jeune sculptrice et ils tombent amoureux.

Hortense et Eugène se marient à Paris le 12 décembre 1922. Parmi les témoins figurent Alexandre Cardon, le mari d'Anna Tanvet, et Adrien Anne-Marie, le président de la Société financière française et coloniale (SFFC). Hortense et Eugène ont une fille, Andrée, née le 26 avril 1923.

Hortense Tanvet et son mari Eugène

Hortense Tanvet et son mari Eugène

Date du document : Années 1920

La carrière d’Hortense Tanvet

Hortense Tanvet vit de son art en tant que sculptrice. Parmi les commandes publiques qu’elle reçoit, la Ville de Dunkerque lui commande un buste de Caroline Angebert, une amie de l’homme de lettres Alphonse de Lamartine. L’œuvre est exposée sur un monument orné d’un médaillon représentant Lamartine. Lors de l'inauguration du monument le 28 octobre 1913, Hortense Tanvet est invitée par des personnalités à exposer à Londres où elle travaille au British Museum. Par la suite, elle exerce son art à Rome où elle obtient un accecit au prix de Rome de sculpture.

En 1922, Hortense Tanvet réalise des bas-reliefs pour des monuments aux morts en Bretagne. Elle sculpte également de nombreuses commandes destinées à être exposées dans le monde entier.

Hortense Tanvet dans son atelier parisien

Hortense Tanvet dans son atelier parisien

Date du document : Années 1920-1930

Le retour à Mésanger

La vie étant difficile à Paris durant la Seconde Guerre mondiale, Hortense Tanvet et sa famille rentrent à la Doisneau, à Mésanger, dans la maison de ses parents. Elle y installe un atelier de sculpture. Sa fille devient institutrice à l'école de Mésanger mais décède d'une leucémie en février 1959 à 35 ans.

Hortense Tanvet côtoie tout au long de sa vie des artistes comme Léon Séché, son protecteur et ami à Paris, ou encore le peintre et graveur Jean Corabeuf.

Stèle Léon Séché

Stèle Léon Séché

Date du document : 25/03/2023

La sculptrice décède en 1981 à Blain. Une rue d’Ancenis et une école de Mésanger portent aujourd’hui son nom.

Martine Fromy, petite nièce et petite-fille de sa sœur Anna
2024



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