Pierre Boaistuau (Nantes, 1517 – Paris, 1566)
Jacques Demy (Pontchâteau, 1931 – Paris, 1990)

Originaire d’Espagne, cette famille incarne la noblesse de robe et le loyalisme monarchique pendant les guerres de religion, ce qui lui a conféré une influence prépondérante dans la régulation du jeu politique nantais durant tout le 17e siècle, dans un partage avec les Charettes. Elle a simultanément acquis une dimension provinciale et nationale supérieure dans l’appareil d’État.

Fils d’Olivier Harouys, trésorier des États de Bretagne, Guillaume Harouys accède à la fonction de maire de Nantes en 1572, dans un contexte d’opposition des officiers de justice à la transformation de l’ancien Conseil des bourgeois en municipalité, ce qui constitue un signe de fort loyalisme monarchique. Sage magistrat, il évite une Saint-Barthélemy à Nantes. Sa famille conserve un attachement particulier à cette ville, puisque Charles de Harouys préfère y cumuler les offices de sénéchal et de président au présidial (1573-1586) plutôt que de rester au Parlement de Bretagne.

Guillaume Harouys, maire de Nantes

Guillaume Harouys, maire de Nantes

Date du document : 24-07-2009

Comme maire de Nantes, il doit faire face à la crise la plus grave de la monarchie française sous l’Ancien Régime. Alors que le duc de Mercoeur trouve à Nantes les appuis qui lui font défaut à Rennes pour entraîner la Bretagne dans le refus d’un roi protestant, il incarne la fidélité au souverain légitime. Il est emprisonné au château au début d’avril 1589, puis exilé dix-huit mois plus tard, contre le versement d’une forte rançon. Henri IV lui rend justice en le réinstallant maire de la ville, en 1598. Cette fermeté et ce choix du bon parti font des Harouys les principaux relais du pouvoir royal, rapidement intégrés dans la clientèle de Richelieu. Les deux frères Louis et Jean de Harouys, tous deux maires de Nantes à la suite (1623-1627), se maintiennent dans la haute robe bretonne, même si le premier reçoit une commission temporaire d’intendant en Champagne, en 1637.

À la génération suivante, alors que la famille reste fidèle à cet horizon social de la noblesse parlementaire, Guillaume de Harouys y ajoute un rôle clé dans la haute finance bretonne avec la charge de trésorier des États de Bretagne. Placé au cœur de la régulation des réseaux financiers, trop fastueux pour être rigoureux, il n’a pas le minimum de prudence nécessaire puisque sa faillite en 1687 le conduit à la prison de la Bastille. Son fils André, dernier du lignage, s’éloigne de l’horizon nantais pour suivre la carrière classique de la haute robe d’État menant aux intendances.

Une rue perpétue leur souvenir à travers le nom de Guillaume Harouys.

 

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d’auteurs réservés)

 

En savoir plus

Bibliographie

Berranger, Henri de, « Inauguration de la plaque commémorative dédiée à la mémoire de Guillaume Harouys, maire de Nantes, et de ses échevins le 22 avril 1978 », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, n° 114, 1975-1977, p. 15-18

Joxe, Roger, Les Protestants du comté de Nantes au seizième siècle et au début du dix-septième siècle, J. Laffitte, Marseille, 1982

Saupin, Guy, Nantes au temps de l’Édit, Geste éd., La Crèche, 1998

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Guy Saupin

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