Boulevards autour de la place Mellinet
Le lotissement du domaine de Launay se développe sur un carré de 400 mètres divisé par deux diagonales et des perpendiculaires à ses côtés : les boulevards de Launay, Allard, Sain-Pern (actuel boulevard Paul-Langevin) et Saint-Aignan. À l’instar des villas de la place Mellinet, leur urbanisation progressive est orientée vers l’habitat bourgeois. Les capitaines d’industries du quartier telles que les familles Brissonneau ou Lotz élisent domicile sur les boulevards de Launay et Saint-Aignan.
Le boulevard de Launay
Mettant en liaison la place de Launay et les quais de la Loire, seule issue du quartier dès le début de l’opération d’urbanisme, le boulevard de Launay est la première voie le long de laquelle s’élevèrent des immeubles dans le premier tiers du 19e siècle. Les architectes Blon et Amouroux en sont presque toujours les auteurs (immeubles aux numéros 2, 15, 19, 19 bis, 25, 29, 2 10, 22, 22bis, 22 ter). Ces hôtels particuliers n'ont qu'un étage, le plus souvent percé de fenêtres cintrées.
En 1829, le promoteur du quartier, Benjamin Allard, y fit édifier au numéro 2 une vaste demeure dominant encore aujourd'hui la place René-Bouhier. Cet immeuble de rapport est composé de deux étages d'appartements sur un rez-de-chaussée occupé par des boutiques.
Faisant suite au boulevard de Launay et se prolongeant jusqu’à la place Zola par le boulevard Pasteur, le boulevard Allard, ouvert en 1837, porte le nom des fondateurs du quartier. Ces trois voies se faisant suite constituent un des plus beaux tracés rectiligne de Nantes.
Le boulevard Saint-Aignan
La percée des boulevards Paul-Langevin et Saint-Aignan, perpendiculaires à la place Mellinet, permet la jonction entre la place Canclaux et le quartier Sainte-Anne dans le dernier tiers du 19e siècle. Plusieurs étapes ont en effet été nécessaires à leur ouverture.
La percée complète du boulevard Saint-Aignan est étalée sur une période comprise entre 1837 et 1881. Dans les années 1830, la partie prévue dans le plan du lotissement est tracée entre la place Mellinet et celle de la Chapelle. Cette voie prend alors le nom de Saint-Aignan en 1837, en mémoire de Louis Rousseau de Saint-Aignan, ancien maire de Nantes, député de Loire-Inférieure sous la Restauration et la Monarchie de Juillet et membre de la Chambre des pairs, qui vient de décéder.
Le boulevard, qui doit se prolonger en ligne droite jusqu’à Luzançay reste longtemps un cul-de-sac. Il s’interrompt au niveau du ruisseau de Pilleux, bloqué par un profond ravin dans lequel des carrières sont exploitées. Un pont permet de le franchir à partir de 1848 mais il faut attendre les années 1880 pour que la jonction avec la place Charles Lechat soit réalisée malgré une pétition des « habitants des anciens bois de Launay » réclamant en 1868 « la prolongation du boulevard Saint-Aignan jusqu’à Sainte-Anne, comme l’indique le plan de la ville, à la grande bénédiction d’un pèlerinage si cher aux Bretons (…) en donnant ainsi un but au pont qui fut construit en 1848, et qui depuis vingt ans reste comme un point d’interrogation attendant sa réponse. » Parmi les signataires, de nombreux industriels et gros propriétaires du quartier, les Allard, Brissonneau, Baboneau, Brunellière, Riom, Cossé-Duval, Lotz fils aîné, etc. qui se plaignent de n’avoir « à travers le plateau de la Petite Chapelière aucune communication avec ce beau boulevard Saint-Aignan, qui est bordé dans tout son parcours de riches habitations jusqu’à sa jonction avec la place de Launay ».
Prolongeant la perspective du boulevard Saint-Aignan jusqu’à la future place Canclaux, le boulevard Saint-Pern est ouvert sur les terrains rocailleux de l’ancienne tenue Bruneau. Sa percée est réalisée en deux temps : de la place Mellinet jusqu’à la rue Vauquelin en 1830, puis prolongé jusqu’à la place Canclaux en 1870.
Nathalie Barré
Archives de Nantes
2016
En savoir plus
Bibliographie
Archives de Nantes, Du quai de la Fosse vers Mellinet-Canclaux, coll. Quartiers, à vos mémoires, Nantes, 2016
Cosneau Claude, « Le quartier Mellinet à Nantes : de la villa urbaine à la maisonnette », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, 1979, p. 91-101
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Rédaction d'article :
Nathalie Barré
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