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22 octobre 1941 : exécution des 50 otages Savonneries

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Serres du Jardin des Plantes


Au cœur du Jardin des Plantes, six serres assurent la conservation de plantes non rustiques. S’y ajoutent l’Orangerie qui n’est pas une serre à proprement parler, et la petite serre Delarozière, une jolie curiosité. La plus ancienne date de 1895, la plus récente de 2013. Elles sont autant de jalons qui marquent le décor et l’histoire du lieu.

Le palmarium, plus ancienne serre du jardin

Au moment de sa prise de fonction en 1893, Paul Marmy, directeur du Jardin des Plantes, souligne la vétusté des serres et leur capacité limitée. En 1895, avec la décision de construire un palmarium, Paul Marmy voit se réaliser le vieux rêve de tous ses prédécesseurs : disposer d'une serre chauffée permettant le développement optimal des végétaux exotiques. L'opération fait l'objet d'un concours auquel ne participent pas moins de dix entreprises. Après réunion du jury, le projet des Établissements Guillot-Pelletier d'Orléans est reconnu comme le plus esthétique et le moins coûteux. L'ensemble est caractéristique des serres monumentales de l'époque avec un pavillon central atteignant une hauteur de 10 mètres à la clef de voûte et deux ailes latérales symétriques. Le marché est signé le 9 juillet 1895, le délai contractuel pour la construction est de quatre mois. En dépit d'un léger retard, les travaux donnent dans l'ensemble satisfaction. Paul Marmy note malgré tout quelques imperfections, un défaut d'étanchéité du vitrage, une fuite à la tuyauterie de la serre chaude et deux claies à ombrer défectueuses. Ces quelques malfaçons sont rapidement réglées et le nouvel équipement est mis en service le 15 mars 1896.

Palmarium du Jardin des Plantes

Palmarium du Jardin des Plantes

Date du document : 07-04-2021

Pour garnir le palmarium, Paul Marmy utilise les introductions les plus récentes provenant du Gabon et du Jardin de Saint-Pierre en Martinique. Ces plantes rares sont malheureusement de petite taille et ne permettent pas de créer le paysage exotique souhaité. Les grands végétaux sont achetés chez Fargetton à Angers.

Le palmarium a longtemps accueilli des espèces tropicales, surtout horticoles. Ce n’est que depuis une trentaine d’années que ces serres sont devenues un véritable « laboratoire » dédié à l’écologie tropicale. On y cultive dorénavant des plantes des forêts équatoriales (épiphytes, lianes). Le palmarium a été totalement restauré en 1998.

L’Orangerie, à l’allure austère

La construction de l’Orangerie a également été initiée par Paul Marmy. L'état de délabrement de celle-ci n'avait rien à envier à celui des serres, mais la municipalité n'avait pu jusque-là dégager les crédits nécessaires à sa reconstruction. Après de nombreuses relances, Paul Marmy obtient enfin gain de cause. Le nouveau bâtiment sera axé sur le palmarium. Cette disposition entraînera le démontage d'une serre existante qui sera reconstruite à l'est de l'orangerie, tandis qu'une nouvelle serre complétera, à l'ouest, l'équilibre de l'ensemble. Paul Marmy ne verra jamais la réalisation des travaux car il meurt le 21 décembre 1897. L'adjudication de l'orangerie est prononcée le 15 avril 1899. Les travaux sont confiés aux sieurs Lemaux pour la maçonnerie, Saillant pour la couverture-zinguerie, Bernard pour la charpente et Jubaut pour la peinture-vitrerie. Le nouvel équipement est réceptionné le 26 janvier 1900. Les modifications ultérieures que subira le jardin n'auront qu'un caractère mineur et ne constitueront que des adaptations aux nouvelles fonctions de l'établissement. Ce bâtiment arbore une allure quelque peu austère en raison de sa conception rectiligne. D’environ 8 mètres sous plafond, l’orangerie offre la possibilité d’accueillir, pendant la période hivernale, des plantes « dites d’orangerie », en caisse et de grande taille, tels que phœnix, yuccas, orangers, etc.

Orangerie du Jardin des Plantes

Orangerie du Jardin des Plantes

Date du document : 08-09-2022

La serre équatoriale de culture

Construite vers 1898, l’une des deux serres qui encadrent l’orangerie est la serre équatoriale de culture. Véritable sanctuaire de botanique tropicale humide, elle est consacrée aux plantes épiphytes qui ont la particularité de se développer sur les troncs d’autres végétaux, en provenance d’Afrique Tropicale et d’Asie. Le procédé original de culture mis au point à Nantes permet d’obtenir un développement optimal de ce type de végétaux. On y multiplie, cultive, conserve et étudie une grande diversité d’espèces de plantes épiphytes notamment, provenant d’Asie, d’Afrique, de Guyane et de Guadeloupe. Elle n’est pas accessible au public. Sa restauration s’est achevée en 2010.

Serre équatoriale de culture du Jardin des Plantes

Serre équatoriale de culture du Jardin des Plantes

Date du document : 23-04-2010

La serre tropicale d’exposition

La seconde serre attenante à l’orangerie est la serre tropicale d’exposition, construite la même année que la serre équatoriale. Sa restauration s’est achevée en 2011. Cette serre accueille les visiteurs en accès libre qui peuvent découvrir dans une ambiance semi-naturelle, des plantes tropicales issues des collections des serres du Jardin des Plantes et du Grand Blottereau.

Serre tropicale d’exposition du Jardin des Plantes

Serre tropicale d’exposition du Jardin des Plantes

Date du document : 15-07-2014

La serre des milieux arides

Un ensemble de trois serres est adossé au mur qui sépare le jardin de la rue Gambetta. La serre centrale abrite les plantes africaines et de Madagascar. Les ailes latérales s’illustrent par de riches collections de cactées. La partie centrale en forme de coupole provient d’une récupération. Ce jardin d’hiver datant du début du siècle dépendait d’une maison bourgeoise située rue Paul-Bellamy. En 1978, l’ensemble doit être démoli pour faire place à une importante opération immobilière. Le service des espaces verts ayant réussi à convaincre le promoteur de la valeur de la serre, celui-ci autorise la récupération. La charpente métallique, malgré les années, était encore en excellent état. Après un démontage et un numérotage soigné, elle a été sablée et schoopée (un procédé de projection thermique qui consiste à appliquer du zinc à l’aide d’une flamme ou d’un arc électrique pour protéger des intempéries), puis stockée en attendant une opportunité d’utilisation.

Celle-ci se présente lorsque, en 1979, meurt André Camboulive. Cet homme discret est pourtant considéré dans les milieux cactophylles comme un spécialiste de niveau international. Dans son jardin, route de la Jonelière où il a construit et bricolé des serres sommaires, il enrichit et conserve une collection de succulentes et de cactées rivalisant par sa diversité et certains spécimens rares avec les grands jardins spécialisés européens. Au terme de sa vie, voulant assurer la pérennité de son œuvre, il confie ses protégées à la Ville de Nantes. La donation, près de 3000 plantes, est d’importance et les serres disponibles ne permettent pas de l’abriter dans de bonnes conditions. C’est l’occasion pour la municipalité de restaurer le jardin d’hiver et de le compléter par deux serres latérales soit, en tout, une surface de 300 mètres carrés inaugurée le 23 février 1983, en présence de Madame Camboulive. À la suite de la réorganisation de la collection, l’ensemble a été consacré aux cactées et succulentes du continent américain.

Serre des milieux arides du Jardin des Plantes

Serre des milieux arides du Jardin des Plantes

Date du document : 29-11-2012

La serre de l’Île aux palmiers

La serre de l’île aux palmiers est la dernière acquisition du jardin. Sa construction a en effet été achevée en juin 2013. Elle était, à l’origine, destinée à un jardin privé et proposée à la vente sur un site internet de vente aux enchères. Une nuit de juin 2010, un jardinier découvre la mise en vente, sur un site d’enchères en ligne spécialisé dans le patrimoine, d’une serre réalisée durant la même période que le Palmarium du Jardin des Plantes et par le même constructeur : Guillot-Pelletier. Un macaron signé sur la porte le prouve. Le directeur du Jardin des Plantes est alerté et tout va alors très vite : une expertise de la qualité de la structure est lancée par une entreprise spécialisée en serre et ferronnerie d’antan et par des agents métalliers de la Ville. Ils rendent visite, dans la Creuse, à l’antiquaire qui avait démonté cette structure dans un manoir privé de la Sarthe. La qualité de la structure et l’opportunité exceptionnelle d’acquérir ce joyau convainc définitivement la Ville d’acheter cette serre. C’est notamment après la venue de Michel Racine, historien des jardins et professeur à l’école du paysage de Versailles, auteur de nombreux ouvrages sur les jardins et grand spécialiste des jardins du 20e siècle, que son emplacement définitif est acté sur l’île. En consultant les anciens plans du jardin, on découvre que cette île sur laquelle il ne reste que de la pelouse s’est autrefois appelée « île aux palmiers ».

Serre de l’île aux palmiers du Jardin des Plantes

Serre de l’île aux palmiers du Jardin des Plantes

Date du document : 14-05-2017

La serre des Canaries

Située à l’angle nord-est du jardin, la serre des Canaries est adossée à un mur exposé au sud. Elle a été construite selon les principes des premières serres vitrées du début du 19e siècle. Depuis de nombreuses années, cette serre permettait d’abriter, pendant la période hivernale, nombre de plantes subtropicales et de régions méditerranéennes, de petite taille, qui transhumaient dans les massifs de collections du Jardin des Plantes, dès la venue du printemps. Se côtoyaient ainsi, pêle-mêle : cactus, agaves, dombéyas, aloès, etc.

Serre des Canaries du Jardin des Plantes

Serre des Canaries du Jardin des Plantes

Date du document : 13-12-2014

Le Jardin des Plantes de Nantes possédait une collection, originale en France, de plantes endémiques des Canaries dont les semences avaient été prélevées dans la nature. L’idée a germé de présenter au public ces végétaux en les regroupant selon quatre milieux spécifiques de ces archipels, comme la laurisylve. Des échanges avec le Jardin botanique de la Grande Canarie et son directeur ont permis de compléter la collection et de présenter certains végétaux rarissimes dans la nature. En arrière-fond, des gravures issues d’un ouvrage de plus de 150 ans prêté par le Muséum d’histoire naturelle de Nantes montrent que ces plantes aux formes étonnantes ont très tôt attiré la curiosité des explorateurs.

La serre François Delarozière

La serre François Delarozière est une petite serre abritant un cabinet de curiosités où se côtoient des végétaux, objets, instruments de laboratoire et aquarelles, planches d’herbiers relatant entre autres, les voyages scientifiques de l’Aéroflorale dans les différentes capitales vertes européennes qui ont précédé Nantes. Cette petite « serre volante » est accompagnée d’un petit « satellite » renfermant jalousement de « redoutables plantes carnivores ».

Serre François Delarozière du Jardin des Plantes

Serre François Delarozière du Jardin des Plantes

Date du document : 08-09-2022

Imaginée par François Delarozière, elle a été construite à l’occasion du bicentenaire du Muséum de Nantes par les ateliers de La Machine sur l’Île de Nantes. Elle est installée au Jardin des Plantes depuis 2013 dans le cadre de Nantes, Capitale Verte Européenne.

Florence Jarry
2022

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