Parc de la Gaudinière
Son château qui domine le Val de Cens marque l’entrée nord de Nantes. Ancienne propriété bourgeoise d’armateurs, le parc de la Gaudinière abrite un remarquable bois de feuillus indigènes au cœur de la ville. Châtaigniers et chênes plusieurs fois centenaires y côtoient les espèces exotiques implantées au 19e siècle.
Réaménagé dans les années 1990, le parc est aussi une balade dépaysante en montagne, alors que l’altitude ne dépasse pas ici les 40 mètres au-dessus de la mer ! Au creux du vallon ombragé, la rocaille alpine s’est parfaitement acclimatée. Les milliers de bulbes de narcisses, crocus ou anémones qui fleurissent dès la mi-février apportent une touche de couleur printanière. Ils sont aujourd’hui la signature originale de ce parc.
Les premiers aménagements du parc
En 1791, les Chaurand font l'acquisition de la Gaudinière et créent le parc. Ces riches négociants et armateurs investissent sur des navires allant à Veracruz, Lima, La Havane. Impliqués dans la traite atlantique, ils possèdent des plantations aux Antilles. Grâce à plusieurs mariages, cette famille originaire de Provence se lie à d’autres grands noms du commerce nantais de l’époque, comme les Deurbroucq ou les De Luynes. Ils entretiennent également des relations d'affaires avec les Beauharnais et les Tascher de la Pagerie.
En 1809, la propriété est achetée par Augustin Bachelier de Bercy et son épouse, Renée Marie Anne Félicitée d’Aux. À la mort de cette dernière, le domaine est légué à ses héritiers, qui le cèdent en 1840 aux Goüin.
À cette époque, la Gaudinière est composée d'une maison d'habitation avec cour d'honneur, d'une chapelle, d'un jardin anglais avec orangerie, verger, étang, bois, etc. Elle offre un cadre agréable pour un gentleman-farmer manifestant de l'intérêt pour la nouvelle mode des jardins et pour les plantes récemment introduites.
Un nouveau château pour un domaine embelli
En 1857, le domaine, d'une superficie de 8 hectares, est racheté par Jean-Baptiste Brousset, banquier. Le parc connaît alors des extensions, des embellissements notables avec le concours de l'architecte paysagiste Provost. Jean-Baptiste Brousset fait également édifier le château actuel sur l'emplacement de la précédente demeure. En 1881, la propriété de la Gaudinière atteint une superficie de 17 hectares. Plusieurs arbres exotiques, aujourd'hui remarquables, marquent cette époque : séquoia géant est planté, tout comme des groupes de séquoias toujours verts et de cyprès chauves.
Château de la Gaudinière
Date du document : début du 20e siècle
En 1919, une autre famille de banquiers, les Belot, se rend acquéreur de la propriété. Elle restaure le parc durant deux ans avec le concours des Frères Lizé, horticulteurs-paysagistes nantais connus dans le grand ouest. Leur nom demeure dans l'histoire horticole grâce à l'obtention du Fatshedera lizei, obtenu par un croisement entre Fatsia japonica « Moseri » et Hedera helix « Hibernica ».
Une entrée en deux temps dans le domaine de la Ville
En 1936, le domaine est démembré au profit de la Ville de Nantes pour créer un cimetière et acquérir un nouveau parc, lequel sera ouvert au public l'année suivante.
En 1942, la famille Belot se sépare du reste du domaine, composé du château avec ses dépendances, de l’orangerie, de la serre et de la partie haute du parc. Elle le vend à la fondation des Orphelins Apprentis d'Auteuil. Six ans plus tard, la Caisse Régionale d'Assurance Maladie (CRAM) rachète le château pour y créer un centre de rééducation fonctionnelle. De nombreux travaux de construction, étalés sur une dizaine d'années, sont réalisés. Dans cette opération immobilière, des bâtiments sont accolés sur trois côtés, emprisonnant le château dans un univers de béton.
Dans les années 1980, les 7500 mètres carrés de locaux deviennent très insuffisants puisque les besoins sont évalués à 12 000 mètres carrés. La propriété étant située dans une zone boisée classée, l'extension n'est pas possible et le transfert du centre devient inéluctable.
En 1994, le château et ses abords sont rachetés par la Ville de Nantes. Des travaux sont exécutés :
• La démolition des bâtiments disgracieux pour que le château retrouve sa beauté et son environnement végétal,
• La suppression du mur séparant les deux parties du parc,
• La réalisation de trois allées pour intégrer cette nouvelle partie au parc public existant et faire qu'il retrouve son unité,
• La rénovation des communs et des écuries, qui servent aujourd'hui de locaux de service pour les agents du service des espaces verts et de l'environnement de la Ville, chargés de la gestion du parc.
Château de la Gaudinière après rachat par la Ville
Date du document : 07-04-2021
Le réaménagement du ruisseau de la Patouillerie
L’évolution paysagère du parc de la Gaudinière passait par le réaménagement du ruisseau de la Patouillerie. Le débit de cet affluent du Cens était d’une très forte amplitude, atteignant parfois des proportions démesurées, ce qui entraînait le ravinement des berges. Ce ruisseau, avec une déclivité de 12 mètres sur les premiers 150 mètres, accueille en amont les eaux pluviales de Beauséjour et de Plaisance, zones fortement urbanisées avec une surface importante de sols rendus imperméables. Lors de fortes pluies, ce ruisseau devenait fougueux et sortait avec force de son lit. En période sèche, il n’était que l’ombre de lui-même, un modeste filet d’eau serpentant au fond d’un lit en piteux état.
Ruisseau de la Patouillerie
Date du document : 22-02-2021
Il devenait alors nécessaire de régulariser son débit en réalisant une succession de seuils de pierres et de bassins de réception pour corriger son fonctionnement torrentiel lors de fortes précipitations. En complément, il était intéressant d’augmenter son débit en période de faible pluviosité en installant une pompe, d’une capacité de 50 mètres cubes par heure, pour remonter l’eau à l’entrée du ruisseau. Cette installation offre, alors, un autre intérêt. Elle permet d’oxygéner l’eau du ruisseau et d’en améliorer sa qualité.
Un paysage de montagne au cœur de la ville
Si l’eau forme un tout dans un parc, elle est également une des composantes essentielles du caractère montagnard de ce paysage. Ce dernier est renforcé par la déclivité et la plantation étagée des arbres et des vivaces, qui s'approche au plus près de la végétation que l'on retrouve dans les massifs montagneux des régions tempérées.
Cette infrastructure très lourde risquait d’apparaître comme parachutée dans ce parc, malgré quelques têtes rocheuses présentes. Le réaménagement ne pouvait pas se limiter au seul ruisseau : il devait concerner l’ensemble de la vallée.
Paysage montagneux du parc de la Gaudinière
Date du document : 26-05-2021
Les travaux sont initiés à partir de 1989, suite à la tempête du mois de février de la même année qui a occasionné de lourds dégâts dans le parc. Une trentaine de beaux arbres furent renversés dans la partie haute. Ces ravages ont tout de même permis de dégager l’espace nécessaire pour opérer le réaménagement souhaité. Réalisés en période hivernale, les travaux se prolongent sur trois années.
Une grande diversité de végétaux
Dans les années 1960, le parc apparaît comme « Un joyau dans la parure sylvestre nantaise ». Il est considéré comme l'un des meilleurs lieux de bien-être en saison estivale. Sous ses frondaisons, les promeneurs bénéficient de son ombre et de sa fraîcheur.
À l’automne 1986, 40 000 bulbes sont plantés dans les pelouses et offrent une floraison spectaculaire de crocus, narcisses, ails et tulipes au printemps suivant, marquant ainsi la fin de l’hiver. Les années suivantes de nouveaux espaces sont plantés. Les sous-bois accueillent des scilles, anémones, jacinthes des bois. Les tulipes sont supprimées puisqu'elles apparaissent comme parachutées dans un environnement qui n'est pas le leur. Aujourd'hui, 200 000 bulbes fleurissent le parc de la Gaudinière : crocus, perce-neige, narcisse, anémone des bois, érythrone, scille, muscari, iris, et cyclamen des bois en fin d'été.
Le parc abrite également une collection de rhododendrons : 1500 plantes en 130 espèces et variétés horticoles confondues. Le rhododendron pontique, par son implantation dans le parc, donne l'illusion d'être naturalisé.
Au cœur ces espaces fleuris s’épanouissent de nombreux arbres, dignes d'intérêt : séquoia toujours vert, cyprès chauve, châtaignier, chêne pédonculé, hêtre pourpre, pin laricio de Corse, platane à feuilles d'érable. Les visiteurs peuvent y admirer le plus gros séquoia géant de Nantes.
Direction Nature & Jardins, Ville de Nantes
2022
Album « Château et parc de la Gaudinière »
En savoir plus
Webographie
Leçon de botanique au parc de la Gaudinière
Les bulbes et la rocaille alpine de la Gaudinière
Pages liées
Tags
Contributeurs
Rédaction d'article :
Direction Nature & Jardins, Ville de Nantes
Vous aimerez aussi
Situé à l’est de Nantes, le quartier Richemont s’implante progressivement sur le terrain de la Petite Mitrie au 19e siècle. Son installation bouleverse l’urbanisme et les usages d’un...
Contributeur(s) :Léa Grieu
Date de publication : 29/01/2025
2870
Charette
Personnalité nantaiseLa rue des Sept maires Charette, dans le quartier Monselet, et la notoriété de leur lointain cousin dans la contre-Révolution témoignent de la place sans égale de cette famille dans...
Contributeur(s) :Jean-Clément Martin , Guy Saupin
Date de publication : 21/01/2020
7691
La Mocarderie et la Communauté de la Grande Providence
Société et culture/ Architecture et urbanismeLa Maison de la Mocarderie (orthographiée parfois Mocardière ou bien encore Moquarderie) se situe à l'angle des actuelles rues Guillaume Grou et Gaston Turpin. Cette belle demeure accueille...
Contributeur(s) :Kevin Morice
Date de publication : 05/10/2022
2727