Le passage Pommeraye, une inspiration pour les cinéastes
Figure emblématique nantaise, le Passage Pommeraye demeure une réussite architecturale et esthétique et ne cesse de nous émerveiller.
De la Restauration jusqu’au début du règne de Louis-Philippe, le passage couvert est très en vogue. Le premier exemple nantais est celui du Passage d’Orléans (1827).
Conçu par le promoteur Louis Pommeraye (1806-1850), réalisé par les architectes Jean-Baptiste Buron et Hippolyte Durand-Gasselin, décoré par les sculpteurs de Bay et Grootaers, le passage répond à des normes de confort, d’hygiène et de représentation sociale du 19e siècle. Le panorama de la Galerie Régnier vers la sortie côté Crébillon permet un arrêt sur les allégories et le décor néo-classique ainsi que sur la verrière à lumière zénithale.
C’est un lieu qui inspire les artistes et en particulier les cinéastes comme Maurice Gleizes (Le bateau à soupe, 1946), Jacques Demy (Lola, 1961 et Les parapluies de Cherbourg, 1964), Serge Leroy (Le mataf, 1973), Jean-Jacques Grand-Jouan (Debout les crabes la mer monte, 1983), Agnès Varda (Jacquot de Nantes, 1991) ou encore Jean-Loup Hubert (La Reine blanche, 1991).
Dominique Sanda, passage Pommeraye, dans « Une chambre en ville » de Jacques Demy
Date du document : 1982
Du côté des cinéastes amateurs, Eugène Lemerle (1914-2005), docteur en médecine spécialisé en pneumologie installé à Savenay, a immortalisé le lieu dans Nantes 1976-1977 (à partir de 02:18:27:00), un film tourné en 16 mm montrant les principaux monuments et rues de Nantes : Notre-Dame-du-Bon-Port, le château des ducs de Bretagne, le musée des Beaux-Arts, l’île Feydeau, la place Royale, le Jardin des Plantes, le musée Dobrée… mais également un panorama à 360 degrés du haut de la Tour Bretagne, nouvellement bâtie par l’architecte Devorsine.
Conservé par la Cinémathèque de Bretagne, ce film nous dévoile la façade de l’entrée donnant sur la rue de la Fosse, avec l’enseigne de l’armurerie Brichet (la dernière enseigne depuis l’origine fermée au début des années 2000), et non celle côté donnant sur la rue Crébillon. La galerie de la Fosse met en évidence la forte déclivité du terrain sur lequel a été construit le Passage (9,40 mètres), caractéristique qui contribue à son originalité, accentuée par le grand escalier construit en fonte, un matériau moderne pour l'époque provenant des ateliers du fondeur Voruz. L’enseigne Knoll a, quant à elle, été remplacée par l’enseigne Byblos.
Classé monument historique en 1976, le passage faisait la liaison entre le quartier des affaires et le quartier des distractions comme le théâtre Graslin.
> L’histoire du Passage Pommeraye
> Site internet de la Cinémathèque de Bretagne
Cinémathèque de Bretagne
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