Un roman pour (re)découvrir le manoir de la Hautière, ainsi que la vie des Nantaises et des Nantais sous l’Occupation
Pascale le Mestréallan, Nantaise d’adoption, vient de publier Les passantes de la Hautière, un premier roman dont l’un des personnages principaux… est un manoir du 14e siècle ; le manoir de la Hautière, situé sur la Butte Sainte-Anne à Nantes.
Un roman ancré dans la cité millénaire de Nantes
Attirée depuis toujours par l’histoire – particulièrement celle de la Seconde Guerre mondiale – et par le patrimoine, je cherchais un lieu pour le roman dont l’esquisse dormait au fond du tiroir de mon bureau. Le 1er janvier 2021, au hasard d’une balade avec mon fils, je découvre le manoir de la Hautière : coup de foudre immédiat. Quelques jours plus tard, je démarrai l’écriture du livre, pour l’achever au cours de l’hiver 2024. S’ensuivent 18 mois de réécriture… et d’approfondissement de mes connaissances sur les multiples lieux qui émaillent l’ouvrage : la place Jean-Macé, l’église Saint-Martin, le chemin des Vignes du Bourg, la place Maréchal-Foch, la rue Labouchère…
Un roman qui raconte l’Occupation et la Résistance à Nantes
L’histoire démarre au printemps 1943, un temps où les Nantaises et les Nantais, à l’image des Français, vivent dans l’angoisse de l’Occupation, souffrent de multiples privations. Le plus jeunes et les vieillards meurent parfois de faim ou de froid, parce qu’à Nantes, il n’existe pas de chauffoirs publics comme on en trouve alors à Paris. La nourriture est rationnée, les mères rencontrent des difficultés pour remplir les assiettes de leurs enfants. Sans compter sur les disparus : fils, époux, frères, prisonniers ou partis pour le Service du Travail Obligatoire (STO).
Cinq amies, refusant d’abdiquer devant l’occupant nazi et le régime scélérat de Vichy, décident d’entrer en résistance, au péril de leur vie. Quand les arrestations se multiplient, elles découvrent que l’appareil répressif nazi ne représente pas la seule menace qui pèse sur elles, et que les dangers les plus terrifiants proviennent peut-être de leur entourage proche. À moins que le piège diabolique qui se referme sur ces résistantes de la première heure, ne prenne ses racines dans des drames lointains…
Ces cinq femmes, qui ne badinent pas avec l’honneur, vont faire l’expérience de la trahison, de la torture, mais n’abandonneront jamais leurs idéaux, ainsi que leurs objectifs, afin de faire triompher la liberté sur les ténèbres.
Un roman qui allie la fiction à la rigueur historique, pour mieux rendre compte de l’Histoire
Récit de résistance face à l’adversité, mais aussi d’amitié, de sororité et d’espérance.
Récit qui vise aussi à désinvisibiliser la place, trop longtemps ignorée, des femmes dans la Résistance. Alors pourtant que l’extrait ci-après du Comité Régional des étudiants patriotes, prouve qu’elles étaient appelées, au même titre que les hommes :
« ÉTUDIANTES LYONNAISES, jeunes filles de France, Soyez solidaires de ceux qui œuvrent pour que vive la France ; toutes unies au sein des Forces Unies de la Jeunesse Patriotiques, avec toute la Jeunesse Française, vous vaincrez, vous ferez reculer l’envahisseur, vous avancerez l’heure de la VICTOIRE qui sera aussi celle de la France ».
Source : la Lettre de la Fondation de la Résistance.
Récit qui doit considérablement à nos historiens, spécialistes de la collaboration, de la Résistance, de l’Occupation, de l’histoire culturelle et sociale du nazisme. La lecture de leurs œuvres a conduit à un bouleversement complet de mes connaissances sur ces tragiques pages d’histoire.
Sans oublier nos historiens nantais et ligériens, qui, par leur éclairage spécifique, ont permis de donner chair à mon histoire.

Extrait, Les Passantes de la Hautière, pages 86 – 87 et page 21
« Parfait mélange de granit et de tuffeau, de force et de fragilité, ses portes et ses arches romans, ses fenêtres à meneaux surmontées de pinacles, dont la plus haute était décorée d’accolades à fleurons, ainsi que son escalier tournant, témoignaient encore de l’élégance éternelle caractérisant la gentilhommière conçue il y a six siècles par un hobereau de campagne. Nul regard un peu attentif ne pouvait rester insensible à la beauté intemporelle du lieu, à la poésie qui en émane, en dépit du temps qui n’a pas été tendre avec les vieux murs du manoir, songeait Maria, émue à chaque fois qu’elle franchissait la haute grille en fer forgé ».
« 20h30 qui venait de sonner au clocher de l’église Saint-Martin ! Et le train qui arrivait dans vingt minutes…Il fallait presser le pas, mais avec naturel, pour ne pas attirer l’attention, s’inquiéta Maria. Apercevant la gare de Chantenay, alors qu’elle descendait la rue de la Croix, une chaussée étroite et très pentue, peu fréquentée à cette heure du jour, la jeune femme sentit son pouls s’accélérer follement ».
Pascale le Mestréallan
2026
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