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« Rendre visible l’invisible » : des élèves du collège Hector-Berlioz créent un parcours à Nantes sur les femmes mises en esclavage

Date de publication : 04/05/2026

Accompagné.e.s par leurs professeur.e.s, les élèves de la classe de 4ème B du collège Hector-Berlioz ont créé, au cours de cette année scolaire, un parcours de médiation à travers les rues de Nantes sous le prisme de l’histoire des femmes mises en esclavage.


Par le biais d’une étude interdisciplinaire mêlant Histoire, Géographie, Anglais, Français et Arts plastiques, les élèves ont produit une visite de Nantes autour des femmes mises en esclavage et se sont aussi appropriés cette thématique en réalisant des œuvres et des cartels d’exposition en lien avec celles-ci.

Cette production a été l’occasion pour les élèves de participer au travail de mémoire de la ville de Nantes, dont l’histoire est intimement liée à celle de la traite atlantique. Avec ce parcours de visite et à travers leurs productions plastiques, les élèves ont essayé de rendre visible l’invisible en mettant en lumière neuf lieux de Nantes qui ont un lien direct avec l’histoire des femmes esclavisées.

> Pour consulter le parcours et découvrir les œuvres réalisées par les élèves, rendez-vous ici

Quelques témoignages d’élèves 

Les élèves se sont montrés particulièrement investis dès le début du projet et ont apprécié le travail en groupe comme le note Maïwenn : « J’ai bien aimé le fait d’être en groupe, on avait plus d’idées pour l’écriture et la sculpture. J’ai appris beaucoup de choses sur l’esclavage. »

Le fait d’avoir appris de nouvelles choses, en particulier sur l’histoire de Nantes et de l’esclavage, se retrouve également dans les propos de ses camarades de classe Maé-ly « J’ai aimé avoir appris des choses que je ne connaissais pas. J’ai appris que chaque endroit avait une histoire. » ou encore Noémie « Cela m’a servi à connaître mieux l’histoire de ma ville et de l’esclavage en général. » et un élève ayant souhaité garder l’anonymat : « J’ai aimé le parcours en ville et l’œuvre d’art à faire. J’ai appris la signification de certains lieux de Nantes. Cela m’a servi à mieux apprendre l’histoire de la ville. » 

Nantes, premier port de traite d’êtres humains en France au 18e siècle, possède aussi à cette période une petite communauté noire composée, vers 1776, de 700 personnes sur les 80 000 habitants de la ville. Parmi elles se trouvent 213 femmes qui ont en moyenne 25 ans. Principalement lingères ou couturières, la majorité d’entre-elles viennent des Antilles ou du continent africain et logent dans les quartiers proches du port, autour du quai de la Fosse et de la paroisse Saint-Nicolas. Cette importance du passé esclavagiste de Nantes et la présence de ces femmes est ainsi évoquée par Yacine : « J’ai bien aimé le projet, j’ai appris que Nantes était la ville la plus investie dans le passé esclavagiste. Cela m’a servi à connaître l’histoire des femmes esclavisées. »

Cette histoire des femmes esclavisées présentes à Nantes et qui ont pu, telle Pauline Villeneuve, lutter contre l’esclavage en soulevant des débats juridiques, semble d’ailleurs avoir marqué les élèves, comme le montre le témoignage de Sacha :« J’ai aimé la découverte de l’histoire de Nantes. J’ai appris plein de chose sur le commerce triangulaire ainsi que des histoires de femmes mises en esclavage mais qui ont lutté contre le système. »

Une candidature au concours « La flamme de l’égalité »

Les élèves de la classe de 4ème B du collège Hector-Berlioz ont également candidaté au concours « La flamme de l’égalité », dont le thème de la session 2025-2026 est « Femmes en esclavage ». Ce concours scolaire national est organisé chaque année par les ministères chargés de l’éducation nationale et des outre-mer, en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME), le ministère chargé de l'Agriculture et la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH). Il participe à l'éducation à la citoyenneté et aux valeurs républicaines, et contribue à la construction d'une mémoire collective autour de valeurs partagées afin de favoriser le sentiment d'une appartenance commune.

Tous les élèves volontaires, du CM1 à la Terminale, scolarisés dans les établissements publics ou privés sous contrat d'association avec l’État, peuvent concourir. Une présélection des projets des élèves sera opérée au niveau des académies au printemps 2026. Pour la finale, un jury national désignera au mois de novembre 2026, dans chacune des trois catégories (école élémentaire, collège, lycée) un projet lauréat ainsi que d’éventuelles mentions spéciales.

Les lauréats nationaux seront ensuite conviés à une remise de prix qui se fera au mois de mai 2027, dans le cadre des commémorations officielles des traites, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Temps jeunesses à l’occasion du 10 mai !

Au total, ce sont près de 800 jeunes et enfants de Nantes, Rezé et Sainte-Luce-sur-Loire, dont les élèves de la classe de 4ème B du collège Hector-Berlioz, qui ont participé à des parcours de médiation sur l’histoire de l’esclavage au cours de cette année scolaire. Réalisation de courts-métrages, chants, réalisation de parcours dans la ville, éducation aux médias ou encore échanges entre établissements scolaires leur ont permis de découvrir, de s’interroger mais aussi de s’étonner de l’histoire de l’esclavage et de son ancrage local. Le lundi 11 mai, ils se rencontreront au Conservatoire de Nantes, lors d’une réunion non ouverte au public, pour partager leurs points de vue.

Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
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