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Une histoire de la Révolution par les sons

Date de publication : 22/07/2021

Entre 2020 et 2021, trois étudiants du Master 2 Recherches Histoire à la Faculté de Nantes ont réalisé un projet original en réfléchissant différemment au travail de l’historien afin de valoriser les archives et le patrimoine historique de la ville.


La Révolution à travers les sons

C’est dans la revue scientifique du Mouvement Social, que nous avons découvert il y a quelques mois le travail réalisé à Paris par les chercheuses Isabelle Backouche et Sarah Gensburger (Les gens de la Seine). Le concept est le suivant : proposer une balade sonore composée de plusieurs « bulles » afin de faire découvrir la capitale à travers les sons du passé. L’idée nous ayant plu, nous avons souhaité l’appliquer à Nantes, en choisissant pour thématique principale la Révolution française. Par de courtes séquences audios, nous cherchons à plonger l’auditeur dans la vie quotidienne nantaise durant cette période particulière. À partir de plusieurs archives, nous construisons autour de chaque capsule sonore une narration qui permet à la fois de faire vivre autrement la source (en ajoutant des dialogues et de l’action) et à la fois d’appréhender les évènements révolutionnaires.

Un parcours nantais et une première capsule sonore

L’une des particularités de notre travail, est la place centrale qu’occupent les sources. Il s’agit d’intégrer à ce projet culturel une démarche scientifique, basée principalement sur le matériau premier du chercheur, l’archive. Par la mobilisation des compétences acquises comme apprentis historiens durant notre master, nous désirons vulgariser la méthodologie historique autour d’un concept ludique qui allie patrimoine et histoire. En nous appuyant sur un évènement et/ou une source particulière, nous construisons un récit qui intègre la capsule dans le paysage urbain et qui la restitue dans son contexte révolutionnaire. Ainsi, pour notre première capsule audio située Place du Bouffay, nous avons choisi le témoignage d’une poissonnière, Jeanne Laillet, venue racontée à Paris lors du procès de Jean-Baptiste Carrier, l’exécution à la guillotine des sœurs de la Métairie s'étant déroulée le 19 décembre 1793. Les souvenirs de Jeanne permettent de reconstituer cet évènement et la guillotine sert de prétexte afin d’évoquer le contexte des guerres révolutionnaires et de la Terreur. Les prochaines capsules qui complèteront ce parcours, seront également placées à des endroits spécifiques du centre-ville et raconteront d’autres épisodes de l’histoire nantaise en valorisant différentes archives.

Et après ? L’Association RêvoNantes

La première capsule de notre parcours est le résultat de multiples rencontres (historiens, archéologues du son, comédiens, etc) : il s’agit avant tout d’une aventure pluridisciplinaire, où les spécialités de chacun mêlées à la rigueur scientifique, composent notre socle de travail. Conçue dans un contexte particulier et sans aides financières, nous nous sommes formés aux métiers de scénaristes, d’acteurs et d’ingénieurs du son afin de réaliser nous-mêmes cette séquence audio. À l’avenir, grâce à l’association RêvoNantes née de ce projet, nous souhaitons améliorer la qualité de ce travail et porter le concept au-delà du seul parcours révolutionnaire.

Pour écouter cette première capsule audio, cliquez ici pour accéder à la page dédiée au projet RêvoNantes sur le site internet de l’Université de Nantes.

Gillian Tilly
Master 2 Recherches Histoire à la Faculté de Nantes / Association RêvoNantes