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Restauration de la statue L’Épave du square Maurice-Schwob

Date de publication : 22/07/2021

Installée en extérieur, dans un jardin public et par conséquent exposée à différents facteurs de dégradation – les variations du climat, le vandalisme... – la sculpture L’Épave présentait différents types d’altérations – altérations de surface et altérations structurelles – qui ont motivé sa restauration.


Sculpture de

Sculpture de "L’Epave" avant restauration, square Maurice-Schwob

Date du document : 11-07-2008

Pourquoi restaurer ?

L’humidité avait occasionné des taches et des traces de coulures, aggravées dans les zones de stagnation d’eau générées par ses reliefs. L’écoulement des eaux de pluie avaient également peu à peu détérioré les joints entre la sculpture et le socle, provoquant infiltrations d’eau, fissures et développement de lichens et de mousses... Ces détériorations furent favorisées par la structure même de la sculpture. Cette dernière est sculptée dans deux blocs de pierre distincts qui n’étaient pas jointoyés, laissant vide un espace propice à l’accumulation de dépôts, l’encrassement, la rétention d’eau et le développement de végétaux.

L’ensemble de la pierre de la sculpture était encrassée, érodée et présentait par endroit de légères desquamations.

Restauration de la sculpture de

Restauration de la sculpture de "L’Epave", square Maurice-Schwob

Date du document : 09-07-2020

D’autres dommages témoignaient des contraintes subies par cette œuvre suffisamment basse pour être accessible au public. L’usure de surface de certaines zones, qui avait un aspect poli, montre qu’elle a été régulièrement touchée. En outre, le groupe était lacunaire à quatre endroits, particulièrement exposés puisque situés sur son pourtour : sur l’arrière, un éclat de pierre manquait dans un pli de la robe. La moitié du pied droit de l’homme, un éclat sur la manche retroussée et le poing droit fermé de la figure féminine étaient manquants. Ce dernier avait déjà été restaurée. L’œuvre enfin avait subi des actes de vandalisme : elle avait été marquée à l’encre rouge sur le visage de la figure masculine et était jonchée de divers projectiles, terre, herbe, morceaux d’ardoise.

L’œuvre était donc en cours de dégradation et avait beaucoup perdu de sa force et sa lisibilité.

Visage du fils de la sculpture de

Visage du fils de la sculpture de "L’Epave" avant restauration, square Maurice-Schwob

Date du document : 09-07-2020

Visage du fils de la sculpture de

Visage du fils de la sculpture de "L’Epave" après restauration, square Maurice-Schwob

Date du document : 23-07-2020

Ce que la restauration révèle !

Face à ce constat d’état, une intervention a été programmée avec trois objectifs principaux : le nettoyage de la surface, la consolidation des fragilités (fissures et desquamations), la restitution des manques.

La restauration a commencé par le nettoyage de l’ensemble. Au retrait des projectiles et des végétaux a succédé un nettoyage mécanique par micro-gommage. Cette technique consiste à projeter, avec de l’air comprimé,  des particules minérales ou végétales de dureté variable et obtenir ainsi une abrasion superficielle, permettant d’éliminer les salissures sans altérer la pierre. Cela a permis de faire disparaître l’encrassement, les micro-organismes et les projections de peinture ou graffitis. La couleur rosée et le délicat veinage de la pierre sont retrouvés. Les différentes textures de sa surface, créées par les traces d’outils laissées par le sculpteur pour suggérer la variété des matériaux représentés, sont de nouveau lisibles (aspect broché du revers du rocher, laissé brut, traces de gradines à dents du textile de la robe de la figure féminine par exemple).

Restauration de la sculpture de

Restauration de la sculpture de "L’Epave", square Maurice-Schwob

Date du document : 09-07-2020

Pour prévenir des altérations futures, la sculpture a été consolidée : les joints entre les deux parties de la sculpture et entre celle-ci et le socle ont été refaits, les fissures et les fines desquamations superficielles ont été bouchées. La sculpture a également été traitée avec un produit limitant la repousse des végétaux.

La sculpture enfin a retrouvé son intégrité et son sens ! L’avant-bras tendu de la mère, vandalisé, avait été remplacé à l’occasion d’une précédente restauration par un bras moulé en pierre reconstituée. Les recherches iconographiques effectuées pour la restitution de la main ont montré que cette restauration antérieure avait modifié le mouvement du bras, et partant, tout le sens de la sculpture.

Restauration de la sculpture de

Restauration de la sculpture de "L’Epave", square Maurice-Schwob

Date du document : 03-04-2009

La mère n’avait plus son attitude dramatique d’accablement, mais un geste provoquant, agressif et vengeur. Il a donc été décidé de dérestaurer l’ensemble de l’avant-bras et de restituer à cette figure l’intention originale de son auteur.

Restauration de la sculpture de

Restauration de la sculpture de "L’Epave", square Maurice-Schwob

Date du document : 03-04-2009

Restauration de la sculpture de

Restauration de la sculpture de "L’Epave", square Maurice-Schwob

Date du document : 20-04-2021

L’intervention de deux restaurateurs spécialisés a été nécessaire : Florian Gaget spécialisé dans la statuaire en pierre, et Clément Lanois, sculpteur du patrimoine, pour la restitution sculptées du pied et de la main manques.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l'histoire de cette œuvre et sa signification, retrouvez l'article écrit par Aurélie De Decker au sujet de L'Épave.