La carte « Histoire des noms de rue » s’enrichit des rues ayant le nom d’un ancien maire de Nantes

Date de publication : 07/04/2026

À  l’occasion des élections municipales de mars 2026, la Direction du Patrimoine et de l’Archéologie a recensé les rues ayant pour dénomination le nom d’un ancien maire de Nantes afin d’enrichir la carte interactive sur l’histoire des noms de rue.


Cette étude sur les noms de rue révèle que pas moins de 41 rues sont dénommées en l’honneur des anciens maires de la Ville de Nantes, dont deux rues qui évoquent la mémoire de dynastie de maires (rue Harouys et rue des Sept Maires Charette). Ainsi, 49 maires de Nantes - sur un total de 135, soit un peu plus de 36 % - sont célébrés à travers les plaques de rue de la ville.

Aux maires nantais, nous pouvons également ajouter cinq rues qui évoquent la mémoire de maires de Chantenay et trois rues qui ont pour dénomination le nom d’un maire de Doulon. Enfin, on peut aussi noter que l’ensemble de ces noms sont des noms masculins puisque Johanna Rolland est, à ce jour, la seule femme ayant été élue maire de Nantes.

> Pour découvrir l’ensemble de ces rues, rendez-vous sur la carte interactive sur l’histoire des noms de rue.
Puis dans l’onglet « Filtrer », cochez le terme « maire » dans la rubrique « Par type(s) de personnalité », comme sur la capture ci-dessous.

Capture de la carte « Histoire des noms de rue » filtrée sur les nom de maires

Capture de la carte « Histoire des noms de rue » filtrée sur les nom de maires

Date du document : 04/2026

Une surreprésentation des maires élus depuis la Révolution française

On remarque que la plupart des 40 rues ayant pour dénomination le nom d’un ancien maire de Nantes évoquent le souvenir d’un maire élu depuis 1789. En effet, 36 de ces 41 rues, soit 87,8 %, sont concernées. Cela s’explique en partie par le fait qu’une sorte de tradition de dénomination afin de rendre hommage aux édiles qui ont consacré une partie de leur vie au bien commun et à l’administration de la cité s’est mise en place à partir de la Révolution. Cette tendance s’est accentuée depuis la Troisième République, au point de devenir quasi-systématique après la mort d’un ancien maire.

Ainsi, l’ensemble des maires de Nantes élus depuis la Révolution française ont une rue qui leur rend hommage, à l’exception des maires suivants :
- Joseph Canal : maire du 7 avril au 17 mai 1908.
- René de Cornulier-Lucinière : maire de mars 1874 à décembre 1874.
- Georges-Évariste Colombel : maire de 1881 à 1885.
- Maurice Étiennez : maire par intérim en 1815 à la fin des Cent-Jours, et en 1830 à la chute de Charles X.
- François-Marie-Bonaventure du Fou : maire de 1813 à 1816, avec une interruption pendant les Cent-Jours.
- Les cinq derniers maires de Nantes : Alain Chénard (1977-1983), Michel Chauty (1983-1989), Jean-Marc Ayrault (1989-2012), Patrick Rimbert (2012-2014), Johanna Rolland (2014-en cours).

Les maires élus depuis la Révolution française qui n’ont pas été honoré à travers les noms de rues de Nantes sont donc majoritairement des maires qui ont été au pouvoir sur un temps très court ou par intérim. L’absence des cinq derniers maires de Nantes dans l’odonymie nantaise s’explique par le fait que ces personnalités sont encore en vie, hormis Michel Chauty décédé en 2007. Il est en effet d’usage d’attendre que la personne soit morte avant d’attribuer son nom à une rue.

En revanche, on relève deux exceptions avec François-Marie-Bonaventure du Fou et Georges-Évariste Colombel. Pour le premier cité, son nom avait été donné à une rue située près de l’église Saint-Félix en 1836. Cependant, en 1963, en raison de la confusion possible avec la rue Dufour, la voie est rebaptisée « rue Chanoine-Durville ». En ce qui concerne Georges-Évariste Colombel, il existe une « rue Colombel », mais elle rend hommage à son père, Évariste Colombel, maire de Nantes entre 1848 et 1852. L’absence de dénomination s’explique alors probablement par la volonté de ne pas créer de confusion entre deux rues homonymes.

Enfin, les cinq rues dénommées afin de rendre hommage à des maires élus avant la Révolution française, concernent les maires suivants :
- Geoffrey Drouet : maire en 1565 et premier maire de l’histoire de Nantes. 
- Gérard Mellier : maire de 1720 à 1730.
- Rue Harouys : trois maires sont issus de cette famille (Guillaume Harouys, maire en 1572 ; Charles Harouys, maire en 1588-1589 puis en 1598-1599 ; Louis de Harouy, maire en 1623-1625 ; Jean de Harouys, maire en 1625-1627).
- Michel Le Lou du Breil : maire en 1573.
- Rue des Sept Maires Charette : rend hommage à sept hommes issus de cette famille et qui ont exercés la fonction de maire entre 1609 et 1676.

Ce faible nombre peut en partie s’expliquer par le fait qu’avant la Révolution française, les maires étaient élus pour un temps très court. En effet, jusqu’à la fin du 17e siècle, ils n’occupent cette fonction que pour 1 à 2 ans maximum.

Des dénominations liées au régime en place

Il est également intéressant de remarquer que ces dénominations sont étroitement liées au régime en place en France au moment où s’opère le choix du nom. En effet, les maires honorés à Nantes l’ont souvent été par le même type de régime politique sous lequel ils ont exercés leur fonction. Ainsi, pendant la Restauration et sous la Monarchie de Juillet, cinq dénominations rendent hommage à des anciens maires de Nantes (Michel Le Lou du Breil, Louis Rousseau de Saint-Aignan, Louis Levesque, Gérard Mellier, Christophe-Clair Danyel de Kervégan). Dans le détail, deux maires ont exercé leur mandat sous la Restauration (Louis Rousseau de Saint-Aignan et Louis Levesque), deux autres maires ont été élu pendant la monarchie ou sous l’Ancien Régime (Michel Le Lou du Breil et Gérard Mellier) et enfin un maire était, pour son premier mandat, à la tête de la municipalité au tout début de la Révolution, alors que la monarchie était encore le régime en place (Christophe-Clair Danyel de Kervégan). On note donc que pendant la Restauration et la Monarchie de Juillet, les maires honorés sont des hommes ayant exercé leur fonction sous le régime monarchique. En faisant le choix de mettre en avant ces figures locales des temps de la monarchie, il y a ici une volonté de légitimer la restauration de ce régime en France.

D’autres exemples viennent étayer ce lien entre dénominations et régime en place en France au moment de la dénomination. Sous le Second Empire de Napoléon III, trois maires nommés par Napoléon Bonaparte au début du 19e siècle sont ainsi honorés (François Fellonneau, Claude-Sylvain Pâris et Augustin de Loynes). Enfin, sous les Troisième, Quatrième et Cinquième Républiques, sur les 26 dénominations qui concernent un ancien maire de Nantes, 21 évoquent le souvenir d’un maire ayant exercé sous l’un de ces trois régimes républicains.

Pour conclure, nous rappellerons que la dernière dénomination en date qui rend hommage à un ancien maire de la ville est celle baptisant le boulevard situé devant le C.H.U. du nom de Jean Philippot. Premier maire élu après la Seconde Guerre mondiale, résistant communiste, cette dénomination est votée par le Conseil municipal, à majorité socialiste, le 23 septembre 1999.

Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2026

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