Établissements Joseph Paris
Le Métallo-Sport-Chantenaysien et la plaine de jeux de la Durantière

Fonderie Voruz, rue Linné

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Descendant d’une famille protestante originaire de Suisse, Jean Simon Voruz (1810-1896), après de solides études, effectue un rapide « tour de France » pour se perfectionner dans le métier de fondeur et obtient le titre d’ingénieur mécanicien. L'industriel investit alors le nouveau quartier de Launay à partir de 1830.

L'implantation dans le nouveau quartier de Launay

En 1829, la petite fonderie artisanale fondée par son oncle et exploitée par son père jusqu’à son décès en 1827, est autorisée à quitter la rue Royale (actuelle rue du Roi-Albert) pour le nouveau quartier en voie d’urbanisation de Launay, qui bénéficie de la double proximité de la Loire et de la rivière de Chézine.

En 1830, Jean Simon participe à Nantes aux journées révolutionnaires de Juillet au cours desquelles son frère aîné Pierre Samuel est mortellement blessé. C’est donc avec son frère cadet Henri Léon, et sous la raison sociale de « Voruz frères », qu’il s’installe sur un terrain de plus de 4 000 m2 près de la place Catinat pour y créer « une fonderie en grand ». Les ateliers devront contenir douze fourneaux. Est construite une vaste halle longeant la rue Cuvier avec porte cochère donnant sur la rue Linné. Dans les années qui suivent, d’autres ateliers attenants viennent s’ajouter. La formule industrielle adoptée est celle d’une fonderie « à l’anglaise » avec cycle complet de fabrication sous le même toit.

Implantation du premier bâtiment de la fonderie Voruz, rue Linné

Implantation du premier bâtiment de la fonderie Voruz, rue Linné

Date du document : 1857

Les cloches et les fournitures pour la construction navale (clous, rivets, ferrures de gouvernail, etc) restent la base de la production, mais la fonderie fournit aussi des « robinets de toute espèce », des pompes, des chaudières et « tous articles de ce genre concernant les colonies ».

La « fonderie en grand » de Jean-Simon Voruz

En 1840, Henri Léon se retire de l’affaire pour se consacrer à l’agriculture, la raison sociale devient « Usines J. Voruz Aîné ». C’est aussi l’année où une fonderie de fer s’adjoint à la fonderie de cuivre. Avec les constructions métalliques dans les villes modernes et le développement du rail, le fer va connaître un nouvel « âge d’or ». En dix ans, Jean Simon dépose de nombreux brevets d’invention et fait de son entreprise une des plus importantes fonderies françaises. Au début des années 1860, le patron est au sommet de sa gloire. Son usine couvre désormais plus d’un hectare, occupant l’ensemble du terrain délimité par les rues Cuvier, Linné, Chevert et Fabert. C’est là qu’il réalisera l’escalier monumental du passage Pommeraye en fonte de fer installé en 1843. Voruz ajoute régulièrement à son catalogue des objets d’art conçus en collaboration avec des artistes nantais. On lui doit à Nantes la statue de sainte Anne en haut des marches de la butte (1851) et les bronzes de la fontaine de la place Royale (1865).

La fonderie Voruz et la savonnerie Serpette

La fonderie Voruz et la savonnerie Serpette

Date du document : 1877

En 1854, il franchit la Loire pour installer de nouveaux ateliers sur un terrain de 22 000 m2 sur la Prairie-au-Duc. Les deux usines vont se compléter : Launay garde la production de bronze et autres alliages cuivreux, la nouvelle unité se spécialisant dans la fonte de fer. L’aventure industrielle de la fonderie Voruz se poursuit jusqu’en 1909, où ses activités sont reprises par les ACB, Ateliers et Chantiers de Bretagne.

Emprise de l'ancienne usine Voruz qui sert alors d'entrepôt à la Compagnie générale d'électricité et à la quincaillerie en gros Martineau-Raimbault

Emprise de l'ancienne usine Voruz qui sert alors d'entrepôt à la Compagnie générale d'électricité et à la quincaillerie en gros Martineau-Raimbault

Date du document : 1962

Incendie spectaculaire des bâtiments de l'ancienne usine Voruz

Incendie spectaculaire des bâtiments de l'ancienne usine Voruz

Date du document : 1968

Quant à l’usine de la place Catinat, après plusieurs ventes, ses bâtiments sont détruits le 1er janvier 1968 par un incendie – un énorme brasier de 4 000 m2 – alors qu’ils servent d’entrepôt à la CGE (Compagnie générale d’électricité) et à la quincaillerie en gros Martineau-Raimbault.

Groupe mémoire
2013

En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, Du quai de la Fosse vers Mellinet-Canclaux, 2016 (coll. "Quartiers à vos mémoires")

Yannick Le Marec, L'industriel et la cité, Voruz fondeur nantais, 2006, MeMo, Nantes (coll. Carnets d'usine)

Pages liées

Métallurgie

Industriels

Place Royale

Escaliers et statue de la Butte Sainte-Anne

Patrimoine industriel

Passage Pommeraye

Webographie

Les Voruz sur le site e-monumen, base de données des fontes d'art françaises

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Rédaction d'article :

Philippe Bouglé

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