Succédant au vélodrome de Longchamp, le stade-vélodrome Petit-Breton marque le développement du cyclisme dans l'entre-deux-guerres. Il est toujours visible rue de la Durantière, entouré de rues aux noms évocateurs : petit-Breton, Petite-Reine...
Ce contenu a été rédigé par Nathalie Barré
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La bicyclette triomphe dans la France de la Belle Epoque. Confidentielle en 1870, sa pratique compte près de deux millions d’adeptes en 1906 constitués en associations vélocipédiques. Aussi, malgré le succès grandissant des épreuves sur route (le premier tour de France a lieu en 1903), les avantages d’une piste fermée expliquent l’extraordinaire essor des vélodromes à la fin du 19e siècle.
A Nantes, la première course vélocipède à lieu le 1er avril 1883 sur le cours Saint-André. A partir de 1895, les cyclistes nantais peuvent s’entraîner sur une piste en terre à Beauséjour et le 17 août 1897, le vélodrome de Longchamp est inauguré. Supplanté par le parc des Sports du Champ de Mars ouvert en 1912, ce vélodrome cesse toute activité après la Grande Guerre.
Il faut attendre les années 1920 pour que la cité se dote d’un nouveau vélodrome : le vélodrome Petit Breton. Ce nouvel équipement sportif, créé à l’initiative d’un promoteur privé (Alfred Ollive, également initiateur de l’urbanisation du quartier de la Durantière) est donné en location au Véloce Sport Nantais, société sportive fondé en 1892 dont le siège est établi au café Continental, place Royale.
Inauguré le 3 août 1924, le vélodrome rend hommage dès sa création au grand champion Lucien Mazan dit Petit Breton.
Pendant l’entre-deux-guerres, le site est le théâtre de nombreuses manifestations sportives. Municipal à partir de 1938, le vélodrome se déploie sur un terrain de 32 450 m² et comporte les équipements suivants : « Une piste cycliste de 500 mètres en ciment armé, un terrain de football, des cabines pour les coureurs, des vestiaires avec douches, un bureau, une maison de trois pièces et dépendances pour le concierge, trois WC, une installation de trois hauts parleurs avec cabine, une tribune pour le public de 80 mètres de long, deux buffets, un monument à Petit-Breton. » Le règlement intérieur établi à partir de 1938 servira de modèle aux autres équipements sportifs municipaux.
Nathalie Barré
Archives de Nantes
2011
Témoignage (1/4) : Souvenirs d'enfance au Petit-Breton
« Mes plus beaux souvenirs d’enfance, ce sont les courses de vélo au vélodrome du Petit-Breton. C’est comme ça que l’on a vu les Bartaly, les Bobet, les Fausto Coppi, enfin tous les grands. Les enfants du quartier campaient devant la porte du vélodrome. On se connaissait tous et quand le brave guichetier nous voyait, il nous disait : « Allez, rentrez les mômes ! ». C’était le bonheur. L’arrivée du Tour de France, c’était un événement. La car…
Témoignage (2/4) : Des courses à faire se déplacer les foules
« Georges Bautru a fondé la Pédale Chantenaysienne en 1935 alors qu’il était encore compétiteur. Il a couru pendant longtemps, jusqu’à la quarantaine. Il avait un magasin de vélo au 75, rue de la Montagne à l’emplacement du hammam actuel. Le club a toujours utilisé le vélodrome Petit-Breton. En 1935, la piste avait dix ans d’existence et elle était en bon état. Il y avait une tribune en bois qui a été démolie au début de la guerre. Dans les …
Témoignage (3/4) : Le vélodrome des champions
« Comme courses, il y avait des stayers. Le stayer, c’est le coureur qui court derrière une moto qui sert d’entraîneur. C’est très spectaculaire ! Les Nantais étaient très friands de cette course. Dans les années 1930 et 1950, il y avait des arrivées du Tour de France. La dernière a eu lieu en 1968. Après ce n’était plus possible parce que la caravane automobile était devenue très importante et demandait des infrastructures plus adaptées. To…
Témoignage (4/4) : Coureur cycliste, un rêve de gosse…
« Le vélo a perdu un peu de son éclat. Moi, quand j’étais gamin, avant la guerre j’allais voir plein de courses. Il y en avait au rond-point de Paris, à Boulay Paty, à Doulon. Les gens se déplaçaient parce que c’était leur distraction et ça faisait rêver les gamins qui voulaient tous être coureur cycliste. Moi, le premier ! Maintenant, il n’y a plus de courses alors les gamins ne peuvent pas savoir ce que c’est. Moi, j’y allais avec mon père…
Sources
Archives de Nantes, De la Contrie à la Durantière, Ville de Nantes, Nantes, 2011 (coll. Quartiers à vos mémoires)