Stade de la Beaujoire – Louis-Fonteneau

Sorti de terre pour accueillir l’Euro de football 1984, le stade de la Beaujoire succède à l’emblématique stade Marcel-Saupin. Stade du FC Nantes, il accueille depuis de grands événements sportifs et musicaux. De 1963 à 1984, le FCN à son apogée embrase le stade Marcel-Saupin. Le « jeu à la nantaise » séduit et 30000 places assises ne suffisent plus. Il est temps de trouver une solution...

Stade de la Beaujoire – Louis-Fonteneau

Ce contenu a été rédigé par Aurélie Mathias 

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L’Euro 84 et l’inauguration du stade de la Beaujoire

L’emplacement du nouveau stade est tout trouvé : un grand terrain disponible en face du parc des expositions, à l’emplacement de l’ancienne cité ouvrière de « La Baratte » laissée à l’abandon dès 1974. L’accès routier est déjà existant, les parkings également avec le parc des expositions, le périphérique à proximité bientôt aménagé, tout comme le futur terminus du tramway. Les deux autres scenarii envisagés en 1980 par l’ingénieur de la ville Claude Maudoux, à savoir agrandir Marcel-Saupin ou construire des tribunes au stade d’athlétisme de l’île Beaulieu, n’ont pas fait le poids face à la proposition d’un nouveau stade.

Stade de la Beaujoire  - Louis-Fonteneau
Stade de la Beaujoire – Louis-Fonteneau – © Archives de Nantes

Le projet de Berdje Agopyan, à qui l’on doit également le parc des Princes à Paris, est retenu par le conseil municipal en 1982. L’équipe municipale d’Alain Chenard continue sa dynamique des grands travaux d’aménagement de Nantes : Médiathèque, complexe du Petit-Port, relance du tramway, et stade de la Beaujoire. 

Chantier du stade de la Beaujoire  - Louis-Fonteneau
Chantier du stade de la Beaujoire – Louis-Fonteneau – © Archives de Nantes

Le stade de la Beaujoire – Louis-Fonteneau

Le stade de la Beaujoire offre une capacité de 38 128 places assises, qui font de ce stade le septième plus grand de France. En 1989, il est renommé Stade la Beaujoire Louis-Fonteneau en hommage au président du FC Nantes entre 1969 et 1986. Lors de la Coupe du monde 1998 organisée en France, la Beaujoire est retenue comme site d’accueil et bénéficie d’une importante remise à neuf. À l’été 2008 des travaux de restructuration sont menés pour la somme de 1,5M€, alors que le nouveau président du FCN, Waldemar Kita réclame la construction d’un nouveau stade, ou tout au moins une restructuration profonde de la Beaujoire. 

Match de rugby à la Beaujoire : France-All Blacks
Match de rugby à la Beaujoire : France-All Blacks – © Archives de Nantes

Du sport et du rock

La Beaujoire reçoit de nombreux événements, sportifs et musicaux. En novembre 1986, le XV tricolore y terrasse pour la première fois en France les All Blacks, lors d’un test match historique. En 2007, la France reçoit la coupe du monde de rugby : la Beaujoire accueille les matchs du premier tour. Les tribunes résonneront aussi des chants d’autres fans, ceux de U2, Johnny Hallyday, Pink Floyd et autres groupes mythiques.

Tribunes du stade de la Beaujoire durant un match de football
Tribunes du stade de la Beaujoire durant un match de football – © Archives de Nantes

Les supporters en tribune

Le spectacle se joue aussi en tribune : la tribune Loire, la tribune Erdre en face, retentissent des chants d’encouragement des supporters des Canaris. La tribune latérale Jules-Verne surplombe la tribune présidentielle d’où l’on aperçoit les joueurs sur le banc de touche et entend les consignes de l’entraîneur. Enfin, la tribune Océane, latérale, est la plus importante du stade en termes de capacité et accueille, avec ses 9 275 places, un public plutôt familial.

La Coupe du Monde de Rugby en 2023

En 2023, la France accueille la Coupe du Monde de Rugby pour la deuxième fois après celle de 2007. Cette fois-ci encore, certains matchs se dérouleront à Nantes. Près de 40 ans après son inauguration, la Beaujoire accueille une grande compétition internationale, l’occasion d’un léger lifting. Quelques travaux d’entretien et d’amélioration ont redonné une nouvelle jeunesse à ce lieu emblématique de la ville, auquel les Nantais sont particulièrement attachés.

Aurélie Mathias
Direction du patrimoine et de l’archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2018

Anecdote (1/2) : Un chantier un brin complexe

Le 21 juin 1982, le conseil municipal choisit pour son nouveau stade de football le projet de l'architecte Berdje Agopyan, l'auteur du Parc des Princes à Paris. Un chantier plus coûteux que prévu (110 millions de francs au lieu de 70 !), mais l'organisation de l'Euro en 1984 réprésente une vraie opportunité de financement grâce aux subventions de l'État. La ville ne prendra en charge que 25% du montant des travaux. Le chantier du stade de la…

Aurélie Mathias, Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole 2018

Anecdote (1/2) : Un chantier un brin complexe

Le 21 juin 1982, le conseil municipal choisit pour son nouveau stade de football le projet de l'architecte Berdje Agopyan, l'auteur du Parc des Princes à Paris. Un chantier plus coûteux que prévu (110 millions de francs au lieu de 70 !), mais l'organisation de l'Euro en 1984 réprésente une vraie opportunité de financement grâce aux subventions de l'État. La ville ne prendra en charge que 25% du montant des travaux. Le chantier du stade de la Beaujoire débute à l'automne 1982 et mobilise quotidiennement 250 personnes autour de sa pelouse. En effet, pour assurer une qualité de gazon optimale à l'Euro 84, celui-ci est semé dès le début du chantier et le stade est contruit autour ! Ces efforts ne seront pas vains : la pelouse nantaise sera le terrain d'une victoire d'anthologie. Le 16 juin 1984, le tout nouveau stade accueille le match France – Belgique. Les 51000 spectateurs ovationnent la victoire française 5-0 et le triplé de Michel Platini. La Beaujoire, en liesse, est adoptée par les Nantais.

Aurélie Mathias, Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole 2018

Anecdote (2/2) : Qui se souvient du Stadium Masters ?

Le 18 octobre 2003 a eu lieu à Nantes sur le site du Stade de la Beaujoire une manifestation qui reste à notre connaissance sans suite. Une première qui consistait à transplanter le rallycross dans l’enceinte d’un stade de football, le Stadium Masters. Créé par Patrick Martins, vainqueur du Challenge Citroën Saxo rallycross en 1999, ce challenge s’appuyait sur le fait que les stades restaient peu utilisés en dehors des rencontres de football…

Patrick Durand

Anecdote (2/2) : Qui se souvient du Stadium Masters ?

Le 18 octobre 2003 a eu lieu à Nantes sur le site du Stade de la Beaujoire une manifestation qui reste à notre connaissance sans suite. Une première qui consistait à transplanter le rallycross dans l’enceinte d’un stade de football, le Stadium Masters. Créé par Patrick Martins, vainqueur du Challenge Citroën Saxo rallycross en 1999, ce challenge s’appuyait sur le fait que les stades restaient peu utilisés en dehors des rencontres de football et qu’ils pouvaient accueillir autre chose que le ballon rond. Nantes fera donc figure de test pour cette transplantation du rallycross dans une enceinte footballistique. Techniquement, l'intégralité de la pelouse est recouverte de plaques en aluminium utilisées essentiellement sur des chantiers et qui peuvent supporter de lourdes charges. Compte tenu de la fragilité de la pelouse semi-synthétique de La Beaujoire, il était impossible de la recouvrir plus de 72 heures. Les premières plaques sont posées le vendredi soir, à partir de 18 heures, et le dimanche matin, à 10 heures, la pelouse retrouve son état d'origine. La piste mesure 253 mètres de long avec une largeur minimale de 10 mètres. Elle comporte une ligne droite de 70 mètres. L'intégralité de la piste est ceinturée de murs de béton. 14 000 spectateurs répondent présents pour ce test grandeur nature. Une vingtaine de pilotes de Division 1 et de Division 3 participent à cette première, ainsi que deux pilotes de niveau européen. Le Yaris Star Challenge, une course d’appoint réputée du Championnat de France de rallycross, fait également parti du programme. Les essais chronométrés ont lieu dans l’après-midi sans public pour tous les concurrents. Deux manches et trois finales étaient au programme pour le Stadium Masters, ainsi que deux courses qualificatives et deux finales au programme du Yaris Star Challenge.

Patrick Durand

Source : « Hors normes : Qui se souvient du Stadium Masters ? », AMP MAG Nantes, n°12, 2020

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  • 20e siècle
  • Nantes Erdre
  • Architecture et urbanisme

Sources

Barbe Frédéric, La Beaujoire : enquête sur un coup d’état urbain, À la criée, Rezé, 2018

Devisme Laurent, « La ville et le stade, communauté ou séparation de biens ? Le projet YelloPark contesté », Place publique Nantes Saint-Nazaire, n°67, été 2018, p. 51-55

Le Bail Louis, « La Beaujoire : du hameau au stade », Le petit journal de Saint-Jo, n°88, mars 2018, p. 3-4

Trochu Xavier « Le stade de la Beaujoire-Louis Fonteneau »,  Annales de Nantes et du Pays nantais, n°292, p. 11-13

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