Sommaire
Site Désiré-Colombe
Connu pour avoir abrité les salons Mauduit, mais aussi la Bourse du Travail et auparavant l’institution Livet, le site Désiré-Colombe a fait l’objet entre 2011 et 2018 d’une vaste opération immobilière et de réhabilitation, l’une des plus importantes en centre-ville sur cette dernière décennie.
Ce contenu a été rédigé par Irène Gillardot
Vous aussi faites vivre le patrimoine Nantais en apportant votre contribution.
Né de l’association de la puissance publique à travers Nantes Métropole Aménagement et du promoteur privé ADI, le programme a permis la création de 125 logements, d’un pôle associatif de 5000 m², d’une crèche de 60 places et d’un jardin public.

Lancé en 2012, le concours d’architecture a été remporté par l’agence Seigneurin-Leibar qui a proposé de s’appuyer sur la trame existante pour élaborer son projet. « La clé d’entrée générale dans le projet, c’était de trouver le juste ton, le point d’équilibre entre la mémoire des lieux et celle à venir » explique Xavier Leibar, architecte du projet. Le bâtiment de la Bourse a servi de volume-étalon pour l’ensemble des nouvelles constructions, imposant par exemple, une largeur atypique à l’ensemble des logements.
Les cours intérieures préexistantes ont également modelé le projet. « Il y avait aussi une autre qualité, moins visible mais ô combien importante, qui était celle des cours. Et si nous nous sommes permis de démolir certains bâtiments de manière à permettre la reconversion, en revanche le jeu des cours, leur emplacement, leur proportion, leur équilibre, le passage de l’une à l’autre, ça, nous l’avons conservé ; c’est-à-dire qu’il y a eu une attention portée aux ʺvidesʺ qui a été largement aussi significative que l’attention portée aux ʺpleinsʺ » explique Xavier Leibar. Les cours ont été conservées permettant de créer des ambiances intimistes et d’isoler les logements de la rue. Le caractère secret des lieux se retrouve également dans la conception du square public, le jardin Say, situé en cœur d’îlot.
Parmi les contraintes fortes du site, le dénivelé de 7 mètres entre le bas et le haut de la rue Désiré-Colombe a obligé à échelonner les bâtiments et les cours sur des niveaux différents. Par ailleurs, il a fallu creuser dans la roche jusqu’à 15 mètres de profondeur, pour réaliser les parkings et le nouveau salon Mauduit ; l’équivalent de 5000 rotations de camions a été nécessaire pour excaver le sous-sol.

Du point-de-vue architectural, le bâtiment de la Bourse et celui de l’institution Livet ont été préservés : leurs façades extérieures n’ont subi que peu de modifications, si ce n’est ces ouvertures cubiques en saillie, côté rue Arsène-Leloup.

En revanche, les deux ailes ont été entièrement évidées, laissant place à des volumes confortables, remodelés pour accueillir l’ensemble du programme voulu par la Ville. Ainsi l’ancienne Bourse du travail abrite désormais quatre niveaux au lieu des deux niveaux d’origine. Le tout permet d’accueillir 25 associations permanentes.

L’une des prouesses techniques du projet a résidé dans la création d’une nouvelle salle de réception intégrée au pôle associatif : le nouveau salon Mauduit. Les anciens salons Mauduit n’ont pas pu être sauvés car ils ne répondaient plus aux normes techniques et de sécurité, la charpente menaçant, entre autres, de s’effondrer. Aussi dès le lancement du projet, la Ville a exigé qu’une nouvelle salle de réception soit créée. Semi-enterrée dans un caisson de béton armé d’une portée de 16 mètres, celle-ci reprend à peu de choses près la configuration de l’ancienne salle festive. Les décors d’origine ont été déposés, puis restaurés et reposés dans la nouvelle salle.

Le site Désiré-Colombe a été inauguré le 23 mars 2019. A cette occasion, la Ville a souhaité rappeler l’importance historique et patrimoniale des lieux : les salles de réunion du pôle associatif ont toutes reçu un nom en lien avec la mémoire ouvrière. Ainsi, les Tricosa, ces ouvrières du quartier qui militèrent pour la sauvegarde de leurs emplois, les Chantelle qui firent de même pour leur usine de lingerie féminine ont désormais une salle à leur nom. La Ville a voulu aussi rendre hommage à des femmes militantes de la première heure : ce fut le cas de Flora Tristan, Nathalie Lemel ou Jeanne Deroin. La mémoire d’Eugène Livet, un des pionniers de l’enseignement technique en France, a également été célébrée à travers une plaque commémorative et la mise en valeur d’un buste sculpté dans le hall portant son nom.
Irène Gillardot
Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole
2019
Contenu multimédia
Galerie image
- 21e siècle
- Centre Ville
- Architecture et urbanisme
Sources
« Désiré-Colombe 2011-2018 », Cœur de Nantes, journal d’information, n°1, janvier 2012
« Désiré-Colombe, un projet de quartier au cœur de Nantes », Cœur de Nantes, journal de projet, n°1, octobre 2014
« Désiré-Colombe, gros plan sur un chantier de rénovation », Cœur de Nantes, journal de projet, n°2, novembre 2016
« Désiré-Colombe, nouvelle vie pour un lieu emblématique de l’histoire de Nantes », Cœur de Nantes, journal de projet, n°3, décembre 2018