À l'ouest de Nantes, l'ancien chemin de la Fournillière devient, à partir de la fin du 19e siècle, un axe urbain, au cœur d'un quartier industriel. Avec son changement de nom, la rue de la Convention affirme sa vocation commerciale, faisant d'elle la « rue Crébillon de Chantenay ». À partir du milieu du 19e siècle, l’ancien chemin de Nantes à Couëron, une des trois voies parallèles à la Loire qui traverse la commune de Chantenay depuis le pont de Gigant jusqu’à la Croix-Bonneau, se transforme en espace urbain au fur et à mesure que l’industrialisation se développe.
Ce contenu a été rédigé par Nathalie Barré
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Le tissu urbain s’adapte progressivement aux nouvelles conditions économiques posées, à partir des années 1830, par l’implantation des conserveries dans le quartier de la rue de la Ville-en-Bois. Un premier processus d’urbanisation s’effectue le long de cette rue puis se prolonge progressivement vers l’ouest. Cette progression de l’espace construit sur les terres, prés et tenues se caractérise alors par des constructions en bandes continues successives le long des rues du Mont Saint-Bernard et de la Fournillière. L’ancien chemin est en effet tronçonné en trois parties depuis l’ouverture du boulevard de ceinture à la fin du 19e siècle.
Le 14 février 1904, la municipalité Griveaud dénomme la rue de la Fournillière, voie qui traverse l’ancien village du même nom, rue de la Convention. Ce choix procède, en partie, d’une volonté d’effacer les derniers repères ruraux et d’affirmer l’identité urbaine de la commune au sein de laquelle la rue de la Convention constitue un axe commercial important.
Favorisée par l’implantation des industries de la conserve alimentaire et par l’augmentation de la population que celle-ci engendre, une importante activité commerciale s’est en effet développée le long de l’ancien chemin de Couëron. Mais, c’est dans la rue de la Convention que celle-ci est la plus foisonnante. Surnommée « la rue Crébillon de Chantenay » par les anciens habitants, cette rue est, en effet, le centre de la vie sociale et commerciale du secteur avec ses nombreux commerces du quotidien, ses cafés, son jeu de boules et sa salle de danse. En 1955, on dénombre la signature d’une cinquantaine de commerçants au bas d’une pétition et à partir de 1960, alors que les commerces des rues de la Ville-en-Bois et de la Montagne amorcent un déclin, la rue de la Convention bénéficie de l’édification des HLM de la Croix-Bonneau qui permettent aux commerces de proximité de se maintenir jusqu’aux années 1980.
À partir de cette date, la diminution de la population, l’ouverture de la voie Croix-Bonneau – Gare maritime et la multiplication des grandes surfaces sont les principaux facteurs du déclin de cette activité. Aujourd’hui, quelques traces d’anciennes façades subsistent mais la plupart des anciens commerces ont été transformés en maisons d’habitation ou rasés du paysage. Témoin de cette évolution, la démolition au 21, rue de la Convention d’un haut lieu de la boule nantaise depuis 1924, l’ancien « Café des Tilleuls » et sa façade en mosaïque signée Rougier, qui réveilla en 2007, l’attachement des habitants à l’esprit commercial et convivial de la rue.
Nathalie Barré
Archives de Nantes
2013
Témoignage (1/4) : Une rue commerçante et ouvrière
« La rue de la Convention, c’était la rue la plus commerçante de Nantes avec la rue du Maréchal-Joffre. Les commerces étaient à touche-touche. Tout le monde vivait bien de son activité et avait la même clientèle. C’étaient beaucoup de gens de passage qui rentraient du travail et qui s’arrêtaient faire leurs courses avant de rentrer chez eux. Les gens qui travaillaient dans les usines venaient rue de la Convention parce que l’on trouvait de t…
Témoignage (2/4) : Le tailleur pour hommes et dames Robert Guilbaud
« En septembre 45, je me suis installé comme tailleur dans les jardins de la Fournillière puisque ma femme habitait là avec sa famille. Il ne fallait pas grand-chose pour s’installer. J’avais acheté une vieille machine à coudre, un gros fer à repasser et une grosse paire de ciseaux. Un menuisier m’avait fabriqué une table. Le plus dur, c’était de trouver du tissu parce qu’après la guerre, c’était difficile de s’approvisionner, il n’y avait r…
Témoignage (3/4) : Le marchand de chevaux et la boucherie chevaline Royer
« Mon grand-père maternel était marchand de chevaux au 101 bis, rue de la Convention. C’était un commerce de chevaux destinés à la boucherie. Il avait acheté la maison en 1918. Derrière, il y avait un terrain de 6000 m² avec une écurie et un grand hangar dans le fond. Nous étions voisins avec les Brétéché qui, eux, étaient marchands de bêtes. Mon grand-père faisait aussi le ramassage des os chez les bouchers avec son commis Arthur, pour les…
Témoignage (4/4) : La menuiserie Lechat
« Je suis né au 72, rue de la Convention en 1931. Mon grand-père était ébéniste rue de Bel-Air et il est venu s’installer dans cette maison en 1900 parce que la rue était plus commerçante. Avec tous les Bretons qui travaillaient dans les usines de Chantenay, il y avait du boulot pour la menuiserie. Mon père a ensuite appris le métier avec mon grand-père et moi, j’ai appris avec mon père. On s’est transmis le métier de génération en génératio…
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20e siècle
Dervallières - Zola
Architecture et urbanisme
Sources
Archives de Nantes, Autour de la place Emile-Zola, Ville de Nantes, Nantes, 2013 (coll. Quartiers à vos mémoires)
Bellet Yvette, « La Convention au temps de sa splendeur », dans Chantenay, son patrimoine commercial 1850-1970, Nantes Renaissance, Nantes, 2017, pp. 40-46
Pinson Daniel, Chantenay : l’indépendance confisquée d’ une ville ouvrière, Arts-Culture-Loisirs, Nantes, 1982