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Pont de la Motte-Rouge
Achevé en 1885, le pont de la Motte-Rouge est le pont urbain le plus ancien de la ville. Situé au-dessus de l’Erdre, il relie la place Waldeck-Rousseau au boulevard Amiral-Courbet et permet de relier les routes de Doulon et Paris, d’une part, et la route de Rennes, d’autre part. Ce pont nécessita 55 ans de pétitions et d’études pour être finalement construit par l’ingénieur Jean Résal auteur, également du pont ferroviaire sur la Loire portant son nom.
Ce contenu a été rédigé par Antoine Pouponneau
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Après l’achèvement du canal de Nantes à Brest dans les années 1830, la chaussée de Barbin se montre très vite inadaptée à la circulation terrestre et fluviale. Dès 1845, une pétition d’ingénieurs demande la construction d’un véritable pont.

Un projet initial à trois arches métalliques
Malgré des signes encourageants en 1859 et 1869 qui laissent penser à une construction rapide, les premiers projets sérieux ne sont présentés qu’à partir de 1878 et 1879. Il faut d’abord fixer l’emplacement du nouvel édifice, puis son financement qui est finalement divisé à parts égales entre la Ville et l’État. Le projet initial consiste en un pont de trois arches métalliques en fonte, de 26,80 mètres d’ouverture chacune, appuyées sur deux culées et deux piles en maçonnerie. Il est bâti sur le modèle du pont Haudaudine, en cours de construction sur le bras de la Madeleine à la même époque.

Un chantier long à démarrer
Mais en 1881, rien n’est encore fait. Les pressions commencent alors à se multiplier pour faire accélérer les choses. En janvier, un décret pris par le ministre des Travaux publics Sadi Carnot et signé par le président de la République Jules Grévy, déclare le projet d’utilité public. En septembre de la même année, 72 habitants du quartier de Barbin et du quai de Versailles signent une pétition demandant de hâter le chantier.
C’est finalement la construction de la caserne située place Waldeck-Rousseau et l’ouverture de l’actuel boulevard Amiral Courbet en 1882 qui précipitent les choses. Ces aménagements ont été imaginés en prévision du futur pont. Les autorités sont donc contraintes de faire accélérer la construction du pont.
Des contraintes géologiques modifient le projet
Mais le sondage du lit de l’Erdre montre que le projet initial était difficile à mettre en place du fait de la nature du sol, pas assez stable pour accueillir les fondations des deux piles. Par conséquent, les ingénieurs proposent de substituer le projet initial à trois arches par un pont à deux arches ou par un pont à une arche métallique de 80 mètres d’ouverture.

La faisabilité d’un tel projet doit encore être prouvée. Finalement, en juillet 1883, le maire de Nantes fait part au ministre des Travaux publics que le projet définitif pour le pont de Barbin est « en ce moment même soumis à l’examen du conseil général des ponts et chaussées ». Les travaux avancent sous l’impulsion de l’ingénieur ordinaire Résal, à l’origine des plans du pont à arche unique. Il conçoit un pont de 80 mètres de long, haut de 7,30 mètres et large de 12 mètres. Les culées sont de granit bleu et l’arche métallique est en fonte. La face extérieure de la clé porte les armes de la ville et un cartouche indique la date d’achèvement de l’édifice de 1885.

Du pont de Barbin au Pont de la Motte-Rouge
À son achèvement, le pont se nommait pont de Barbin en référence à la chaussée du même nom qu’il remplaça. Lors de la délibération du 25 juin 1891, la Ville décide de nommer le nouveau pont en l’honneur du Général de la Motte-Rouge, commandant du 15e corps d’armée de Nantes en 1870, mort en 1883.
Antoine Pouponneau
Archives de Nantes
2014
Sources
Le Bail Louis, « La Chaussée de Barbin », Le petit journal de Saint-Jo, n°58, février 2008, p. 4-5
« Les ponts de l’Erdre », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, n° 98, 1959, p. 13-30
Véronneau Frédéric (dir.), « Pont de Barbin puis du Général de la Motte-Rouge », dans Les ponts de Nantes d’hier et d’aujourd’hui, Coiffard, Nantes, 1995, p 111-113