Pont de la Jonelière

Le pont de la Jonelière, principal ouvrage d'art de la ligne ferroviaire Nantes-Châteaubriant, permet le franchissement de l'Erdre. Conçu en béton armé par l’ingénieur Albert Caquot, il est inauguré le 3 août 1948 en remplacement d'un premier pont métallique dynamité par les Allemands en 1944.

Pont de la Jonelière

Ce contenu a été rédigé par Gaëlle Caudal

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Le pont de la Jonelière est né en même temps que la construction de la ligne Nantes-Châteaubriant. À partir de 1851, le réseau ferré régional voit le jour et se développe progressivement. Mais Châteaubriant reste en dehors des grandes lignes. Pour cette ville, l’enjeu est de pouvoir stimuler son économie locale. Pour l’État, il s’agit surtout de relier Laval à la Loire. En 1868, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans se voit concéder le projet de ligne. Les études débutent en 1872 et le tracé définitif est approuvé en décembre 1873.

1875 : un premier pont en métal

Le premier pont est conçu en 1875 par M. Geoffroy, ingénieur de la Compagnie d’Orléans, et approuvé par Charles Dupuy et Louis-Charles Sèvene, ingénieurs du service des Ponts et Chaussées. La Compagnie Fives-Lille et Joly, spécialisée dans la construction métallique, réalise les travaux. L’arc principal en métal s’appuie sur des arches en maçonnerie. Les archives mentionnent la provenance de quelques matériaux de construction : chaux hydraulique de Paviers près de Tours, sable de Loire, moellons des bords de l’Erdre pour le fourrage et moellons parementés de Pontlevoy dans le Loir-et-Cher.

Pont métallique de la Jonelière
Pont métallique de la Jonelière – © Archives nationales de la SNCF / Région Pays de la Loire, Inventaire Général

1907 : une passerelle pour les piétons

Dès la construction du pont, le conseil d’arrondissement de Nantes et le conseil général de Loire-Inférieure demandent l’aménagement d’une passerelle pour piétons. La Compagnie d’Orléans ne voit pas d’objection mais estime que le coût des travaux ne doit pas lui revenir. En 1905, après délibération, le conseil général vote les crédits nécessaires. La passerelle est inaugurée en 1907.

Pont de la Jonelière, construction de la passerelle, côté Nantes
Pont de la Jonelière, construction de la passerelle, côté Nantes – © coll. Jean-Pierre Nennig, Région Pays de la Loire, Inventaire Général

1946 : la reconstruction en béton

Le pont est dynamité le 11 août 1944 par l’armée allemande. La travée métallique et une partie des arches côté Châteaubriant sont détruites. Sa reconstruction est confiée à l’entreprise L. Monod et à son ingénieur Albert Caquot. Ils conçoivent un pont en béton armé, constitué d’un arc principal de 95 mètres, s’appuyant sur les arches maçonnées d’origine. Les travaux débutent en août 1946. Un cintre en bois est construit par moitié sur chaque rive puis descendu à l’aide de treuils. L’intrados est ensuite ferraillé puis bétonné. Six palées en béton sont montées sur l’arc, permettant la mise en place du tablier lui aussi en béton. Le pont est inauguré le 3 août 1948.

Pont de la Jonelière, descente des cintres en bois pour sa reconstruction
Pont de la Jonelière, descente des cintres en bois pour sa reconstruction – © Archives de Nantes

2011 : de nouveaux aménagements pour le tram-train

Pont de la Jonelière aménagé pour le tram-train
Pont de la Jonelière aménagé pour le tram-train – © Région Pays de la Loire, Inventaire général

Dans le cadre des travaux de réouverture de la ligne en 2011, le tablier est élargi afin de permettre la circulation des piétons, des deux roues, du tram-train et éventuellement du tramway. Les consoles métalliques supportant des dalles préfabriquées en béton sont fixées dans une longrine béton pour les arches en maçonnerie et dans la structure béton existante, pour l’arc central.

Gaëlle Caudal
Direction du patrimoine et de l’archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole
2018

Anecdote : De Nantes à Rio de Janeiro…

L’ingénieur Albert Caquot (1881-1976) s'est rendu célèbre pour ses nombreuses constructions dans le domaine du génie civil mais aussi par la réalisation d’œuvres variées. En 1931, il conçoit la structure interne en béton armé de la grande statue du Christ rédempteur sur le Mont Corcovado à Rio de Janeiro.

Source : Gaëlle Caudal, 2018

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  • 20e siècle
  • Nantes Erdre
  • Architecture et urbanisme

Sources

Caudal Gaëlle, « Le pont de la Jonelière », dans Nantes-Châteaubriant, une ligne à redécouvrir, Éditions 303, Nantes, 2014, p. 42-44

« Le pont de la Jonnelière », dans Histoire des quartiers nord de Nantes, livre 2 : la Jonnelière, Association d’Action Socio-Culturelle et Éducative de la Boissière, Nantes, 1999, p. 69-80

Nennig Jean-Pierre, « Viaduc de la Jonelière », dans Le chemin de fer de Nantes à Châteaubriant depuis 1877 : le tram-train en Pays de la Loire de Nantes à Clisson et de Nantes à Châteaubriant, JPN éd. , 2011 (Archéologie ferroviaire), p. 90-96

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