Née au 19e siècle, la place de la Chênaie devient le coeur du quartier du Haut-Chantenay. On y prend le tramway, on y fréquente le marché ou les fêtes. En 1902, le maire de Chantenay Paul Griveaud la baptise place Emile Zola, en hommage au grand écrivain et à l'homme politique défenseur de Dreyfus.
Ce contenu a été rédigé par Nathalie Barré
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Cœur de l’ancien Haut-Chantenay, la place Emile-Zola réalise la jonction entre les tissus très différents des anciens villages de la Fournillière et de Grillaud, de l’ancien quartier des conserveries de la Ville-en-Bois, de l’ensemble paroissial Saint-Clair et du boulevard de ceinture achevé en 1895.
Au début du 19e siècle, la Chenée est un simple lieu-dit dont la toponymie rappelle les bosquets de chênes environnants. Le plan d’aménagement urbain qui accompagne l’édification de l’église Saint-Clair à partir de 1854 entraîne le percement de nouvelles rues dont le croisement dessine la future place.
L’ouverture du boulevard de ceinture à la fin du 19e siècle lui donne sa forme définitive, à l’intersection des futurs boulevards de l’Egalité, de la Fraternité et Pasteur. La conception et la forme de la place ne résultent d’aucun projet architectural notable mais sa formation a pour conséquence de déplacer le pôle urbain du quartier, implanté auparavant autour de l’église Saint-Clair. L’édification du « Chalet Suisse » en 1887, le terminus de la ligne de tramway à partir de 1896, la création du marché en 1900, l’ouverture de l’école de garçons du boulevard de la Fraternité en 1904 ainsi que le déroulement de nombreuses fêtes font alors de la place un des pôles essentiels de la vie sociale et festive du Haut-Chantenay.
Chantenay : première commune de France à honorer la mémoire d’Emile Zola
Le 19 octobre 1902, un mois après le décès de l’écrivain, la place de la Chênaie devient la place Emile-Zola, alors que les échos de l’affaire Dreyfus résonnent encore. « Le nom de la Chênaie découle de la tradition et vient de ce qu’autrefois, il existait à cet emplacement un bois planté de chênes d’où le nom de Chenée qui par corruption est devenue Chênaie. Ce nom auquel aucun souvenir intéressant ne se rattache, est d’une indifférence complète et il n’y a aucune raison de le conserver. Le nom d’Emile Zola, au contraire, rappellera à tous, non seulement l’écrivain puissant et fécond (…) mais aussi l’homme courageux entre tous qui entièrement possédé par le sentiment de justice et de vérité, n’a pas craint d’écrire l’admirable lettre « J’accuse ». (…) En donnant son nom à une des places de la ville, la population laborieuse de Chantenay s’honorera elle-même car elle honorera un homme dont la vie tout entière a été consacrée au travail, à la justice et à la vérité », déclare le radical-socialiste, Paul Griveaud qui est le premier maire de France à donner ce nom à une place publique. Ce choix résulte en effet d’une volonté de la municipalité d’affirmer son identité urbaine et idéologique face aux édiles nantais conservateurs et annexionnistes.
À partir de 1901, une révision massive de la toponymie locale a, en effet, été entreprise afin d’essaimer des repères républicains sur toute la commune. La nouvelle municipalité avait amorcé ce changement en attribuant la devise républicaine aux trois tronçons du boulevard de ceinture qui traversent la commune. Les nouvelles dénominations doivent non seulement honorer la République mais aussi la science et les progrès techniques.
Nathalie Barré
Archives de Nantes
2013
Témoignage (1/3) : Une place commerçante
« Nous sommes venus habiter dans le quartier Zola en 1929. Ma mère a tenu une petite épicerie, rue des Renardières en face du « Chalet Suisse » où j’ai habité jusqu’à mon mariage en 1951. Après la guerre, il y avait de nombreux commerces sur la place et dans les rues environnantes : deux poissonneries, un magasin de meubles, une droguerie, une mercerie, une herboristerie… Tout ça a disparu et aujourd’hui, chacun sait que la place Zola est …
Louis Boissel
Témoignage (2/3) : Une place commerçante
« Maintenant, la place Zola, c’est la place des banques. Toutes ces banques ont remplacé un commerce. La BPBA a remplacé une poissonnerie, le Crédit agricole, un marchand de meubles et la Banque de Bretagne, une teinturerie. A côté d’Intermarché, une agence immobilière s’est installée à la place d’une charcuterie. Sur le haut du boulevard Pasteur, il y avait « Le petit pêcheur » où tous les pêcheurs du quartier allaient s’approvisionner en g…
Témoignage (3/3) : Une place commerçante
« Nous sommes venus habiter dans le quartier Zola en 1929. Ma mère a tenu une petite épicerie, rue des Renardières en face du « Chalet Suisse » où j’ai habité jusqu’à mon mariage en 1951. Après la guerre, il y avait de nombreux commerces sur la place et dans les rues environnantes : deux poissonneries, un magasin de meubles, une droguerie, une mercerie, une herboristerie… Tout ça a disparu et aujourd’hui, chacun sait que la place Zola est …
Anecdote : Station Chesnaie
Au début du 19e siècle, la Chenée est un simple lieu-dit dont la toponymie rappelle les bosquets de chênes environnants. Le 19 octobre 1902, un mois après le décès de l’écrivain, la place de la Chênaie devient la place Émile-Zola, alors que les échos de l’affaire Dreyfus résonnent encore. Ce choix ne laisse pas indifférents les édiles nantais qui, dans leur volonté d'annexer la commune de Chantenay, soutiennent le refus de la compagnie de t…
Sources
Archives municipales de Nantes, Autour de la place Emile-Zola, Ville de Nantes, Nantes, 2013 (coll. Quartiers à vos mémoires)
Archives municipales de Nantes, Le Chantenay de Griveaud, Ville de Nantes, Nantes, 2004
Pinson Daniel, Chantenay : l’indépendance confisquée d’une ville ouvrière, Arts-Culture-Loisirs, Nantes, 1982