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Le dessous des sols : fouille archéologique du square Fleuriot de Langle
Le projet de construction d’un bâtiment commercial et de logements square Fleuriot de Langle a entraîné la réalisation d’une opération de diagnostic archéologique pendant le mois de septembre 2017. En effet, le square est situé dans le centre historique de Nantes, à l’emplacement présumé de la douve et de l’angle-sud ouest de l’enceinte urbaine médiévale (13e - 15e siècle) ainsi qu’à proximité de l’ancienne confluence de l’Erdre et de la Loire, non loin des anciens quais du port de Nantes.
Ce contenu a été rédigé par Mathieu Laurens-Berge
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Contexte historique
Pendant l’Antiquité et le début du Moyen Âge, le secteur du square Fleuriot de Langle prenait vraisemblablement l’aspect d’une vaste zone marécageuse non urbanisée. Les premiers indices d’occupation et d’urbanisation du secteur remontent au début du 12e siècle, avec le développement du faubourg du « Bourg-Main », constitué autour de l’église et du cimetière Saint-Nicolas (au nord) ainsi que des installations et de la chapelle des Templiers (au sud, actuelle rue Sainte-Catherine). Au 13e siècle, le faubourg est inclus à l’intérieur du périmètre fortifié de la nouvelle enceinte de ville édifiée par le duc de Bretagne Pierre de Dreux. Le développement économique et démographique du quartier se poursuit au cours des deux siècles suivants, au point de devenir l’un des plus peuplés et des plus riches de la cité nantaise. Au 15e siècle, l’emplacement du square Fleuriot de Langle est occupé par une douve et une tour, la « tour du Connétable », qui protège l’angle sud-ouest de l’enceinte urbaine et les installations portuaires établies le long de la Loire.

Cette tour très massive est adaptée à l’usage de l’artillerie à poudre (canons), dont l’apparition à la fin du Moyen Âge révolutionne l’art de la guerre et de la fortification. Au 18e siècle, les fortifications deviennent un obstacle au développement de la ville. La douve est alors comblée et la tour démantelée, afin de permettre l’aménagement d’une halle au blé municipale. Cette halle est démolie à la fin du 19e siècle, lors de la construction d’un hôtel des postes et télégraphe. Ce dernier bâtiment est lui-même détruit au début des années 1970, préalablement à l’aménagement du bassin et du square Fleuriot de Langle.

Contexte archéologique
Les sondages ont permis de mettre au jour d’importants vestiges maçonnés appartenant à trois phases de construction successives :

• Une section de l’enceinte urbaine du 15e siècle, comprenant un tronçon de courtine et une partie de la tour d’angle, dite « tour du Connétable ».


La tour et la courtine sont bordées à l’ouest par la douve Saint-Nicolas, dont les derniers comblements ont pu être étudiés.
• Les fondations de la halle au blé construite en 1786-1789, reposant sur un pilotis de pieux de bois implantés dans la douve comblée, ainsi que sur l’enceinte médiévale en partie démolie.
• Les fondations de l’hôtel des postes et télégraphe édifié en 1882-1884, constituées d’un puissant radier en ciment et de murs à ressauts, élevés sur les vestiges de la tour du Connétable.
Toutes ces constructions ont été dérasées à l’occasion de l’aménagement du bassin et du square Fleuriot de Langle dans les années 1970.
L’opération de diagnostic archéologique a donc principalement permis de confirmer l’emplacement et la bonne conservation des vestiges appartenant à un point-clé du dispositif défensif de la ville de Nantes au Moyen Âge, flanquant le port fluvio-maritime.
Mathieu Laurens-Berge
Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2017
Contenu multimédia
Vidéo
- Moyen Âge (5e - 15e siècle)
- Centre Ville
- Tous Quartiers
- Architecture et urbanisme
Sources
Cosneau Claude, Iconographie de Nantes d’après les collections du Musée, Musées départementaux de Loire-Atlantique, Musée Dobrée, Nantes, 1978