Évariste et Georges Colombel

Evariste et Georges Colombel, « les maires du suffrage universel », ont tous les deux mené une carrière politique. L'avocat et député Evariste Colombel fut le premier maire de Nantes élu au suffrage universel en 1848. Son fils Georges s'engagea également dans la vie politique nantaise en tant que conseiller municipal et adjoint sous les trois municipalités de Charles Lechat. Il occupa la fonction de maire de 1881 à 1885.  

Évariste et Georges Colombel

Ce contenu a été rédigé par Véronique Guitton

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Portrait de Evariste Colombel, maire de Nantes
Portrait de Evariste Colombel, maire de Nantes – © Archives de Nantes

Evariste Colombel (Nantes, 1813 – Nantes, 1856)

Il est le premier maire élu au suffrage universel. Evariste Colombel naquit à Nantes le 1er janvier 1813. Son père, avocat puis juge, s’était installé à Nantes en 1811. Élève au Séminaire de Nantes puis au Collège royal (Lycée Clémenceau), il fit ses études de droit à Rennes puis à Paris et comme son père devint avocat au barreau de Nantes en 1834.

Membre du conseil municipal dès 1843, il fut élu député en 1846. Nommé maire de Nantes le 21 mars 1848, en remplacement de Ferdinand Favre révoqué, il fut le 25 juillet suivant le premier maire élu au suffrage universel mais le coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte mit fin à sa fonction le 30 décembre 1851. De santé fragile, il mourut à son domicile nantais rue de la Poissonnerie (rue de la Paix) le 22 novembre 1856.

Son court mandat, dans un contexte politique incertain, fut marqué par les difficultés économiques et le chômage. La municipalité lança et finança une série de travaux afin de fournir du travail aux ouvriers : achèvement du cours Cambronne, construction du marché du Bouffay, des églises Saint-Nicolas et Notre-Dame du-Bon-Port, de la poissonnerie… Mais l’événement important du mandat fut l’inauguration du chemin de fer de Paris à Nantes.

Georges-Evariste Colombel (Nantes, 1838 – Nantes, 1894)

Fils d’Evariste Colombel, Georges-Evariste Colombel naquit à Nantes le 12 juin 1838. Elève au Lycée de Nantes, il fit, comme son père et son grand-père, ses études de droit à Rennes puis à Paris. Devenu lui aussi avocat, il s’inscrivit au barreau de Nantes en 1864. Maire de Saint-Julien-de-Concelles, militant opposé à Napoléon III, membre du parti républicain, il devint assistant d’Ange Guépin commissaire de la République à la chute du Second empire.

Membre du nouveau conseil municipal dirigé par Waldeck-Rousseau, il demeura conseiller municipal sous la mairie Leloup et fut adjoint sous les trois municipalités de Charles Lechat entre 1874 et 1881.

Le 28 novembre 1881, il fut nommé maire par Jules Grévy président de la République. Sa fonction fut confirmée par le conseil municipal le 25 avril 1882, en application de la loi du 28 mars 1882 qui permettait désormais l’élection du maire, au scrutin secret et à la majorité des suffrages, par les membres du conseil municipal. Démissionnaire de son poste en 1885, il demeura un temps conseiller municipal.

Rallié au Général Boulanger, son condisciple au Lycée, il abandonna toutes charges politiques et professionnelles et quitta Nantes pour Paris. Revenu à Nantes ruiné, il se suicida le 17 juillet 1894.

Véronique Guitton
Archives de Nantes
2011

Anecdote : Evariste Colombel remplace Ferdinand Favre

En 1848, la Seconde République est proclamée et à la Mairie, Evariste Colombel remplace Ferdinand Favre. Ecorchard perd son protecteur et fait l'objet de nombreuses attaques. Comme à chaque période de crise, on a une nouvelle fois recours aux chantiers publics pour donner du travail aux chômeurs, ce sont les fameux Ateliers Nationaux. En dépit de la médiocrité de la main-d'oeuvre, Ecorchard essaie d'occuper au mieux ce personnel occasionne…

Service des Espaces Verts Ville de Nantes

Anecdote : Evariste Colombel remplace Ferdinand Favre

En 1848, la Seconde République est proclamée et à la Mairie, Evariste Colombel remplace Ferdinand Favre. Ecorchard perd son protecteur et fait l'objet de nombreuses attaques. Comme à chaque période de crise, on a une nouvelle fois recours aux chantiers publics pour donner du travail aux chômeurs, ce sont les fameux Ateliers Nationaux. En dépit de la médiocrité de la main-d'oeuvre, Ecorchard essaie d'occuper au mieux ce personnel occasionnel. Pour obtenir un meilleur rendement, il constitue des phalanges de 20 hommes. Il construit une bâche pour les semis, une autre pour les primeurs, ainsi qu'une petite serre hollandaise. Il profite surtout des circonstances pour faire accélérer les travaux selon sa conception sans manquer pour autant de protester de sa "bonne foi". Les terrassements pour le monticule sont également en cours. Interrogé, Ecorchard répond "si j'ai pris des initiatives, c'est que je voyais Monsieur l'Architecte très pris par ailleurs et que j'ai cru qu'il me laissait ce soin". Avec une certaine duplicité, Ecorchard ajoute "il est bien entendu que les conseils de Monsieur Driollet, s'il croit en avoir d'utiles à donner, même pour la partie paysagiste, seront acceptés avec empressement."

Service des Espaces Verts Ville de Nantes

Source : https://m-url.eu/r-2td1

Sources

Bobierre Adolphe, « Éloge d’Évariste Colombel »,  Annales de la Société académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, 1857, p. 179-221

Le Besnerais Bernard, « Messieurs Colombel », Cahiers de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, n°29, 1992, p. 99-102

Ravilly Étienne, Sallier Dupin, Jacques-Yves de, « Évariste Colombel, 105e maire », dans La Ville de Nantes de la monarchie de Juillet à nos jours, tome 1, Reflets du passé, Nantes, 1985, p. 35-54

Ravilly Étienne, Sallier Dupin, Jacques-Yves de, « Georges-Évariste Colombel, 111e maire», dans La Ville de Nantes de la monarchie de Juillet à nos jours, tome 1, Reflets du passé, Nantes, 1985, p. 157-169

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