Château de l’Eraudière

Le château de l’Eraudière, sa chapelle et son parc au bord de l’Erdre faisaient partie d'un domaine plus étendu qui remonte au milieu du 16e siècle.

Château de l’Eraudière

Ce contenu a été rédigé par Amélie Decaux, Clhoé Rouilon

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Une propriété de la petite noblesse

Les terres de l’Eraudière apparaissent dans des documents d’archives du 16e siècle comme appartenant à Guillaume Moulnier, en 1543, puis aux Laurens, sieurs de l’Eraudière en 1596. En 1827, dans le cadre de travaux de voirie, il est stipulé que « la maison de l’Eraudière » est la propriété de M. le comte Rogatien de Sesmaisons. Il était ainsi la résidence d’été de la famille de Sesmaisons jusqu’en 1837, puis celle des évêques de Nantes et enfin des La Tullaye depuis 1887.

Aujourd’hui encore, le château appartient à la famille de La Tullaye, qui fait fait partie de la noblesse bretonne. Elle fut une puissante lignée de procureurs généraux de 1682 jusqu’à la Révolution. En effet, avant la Révolution, la Chambre des Comptes de Bretagne était localisée à Nantes. Les familles ayant présidé cette institution avaient toutes des possessions dans cette partie de Nantes : la famille de Becdelièvre possédait le château de la Seilleraie à Carquefou, les Lelasseur le domaine de la Porterie et La Tullaye, le domaine de l’Eraudière

Plan cadastral parcellaire de la commune de Nantes
Plan cadastral parcellaire de la commune de Nantes – © Archives de Nantes

Un édifice de style classique

Le château actuel, de style 18e, est composé d’un corps de logis central dont la façade est orientée vers l’Erdre, ainsi que d’un parc et d’une chapelle. Le corps de logis principal a un plan en équerre et présente un pavillon central à un étage, accolé de deux petites ailes basses. Il est couvert d’un toit en ardoise à demi-croupe et brisis.

Château de l'Eraudière
Château de l’Eraudière – © Archives de Nantes

Du côté de la cour, s’élève une tour d’escalier hors d’œuvre qui s’articule au corps principal. Elle est construite en moellons de schiste et les parements en tuffeau datent du 16e siècle. Vue de l’extérieur, cette tour semble être le seul élément ancien du château subsistant.

Située dans le parc à 25 mètres au sud-est du château, la chapelle, de plan rectangulaire et à vaisseau unique est de style néo-gothique.

Château de l'Eraudière
Château de l’Eraudière – © Ville de Nantes – Bibliothèque municipale

Les transformations du 20e siècle

A partir de la seconde moitié du 20e siècle, sous l’effet de la pression foncière et de la promotion immobilière, le quartier de l’Eraudière qui était très rural est progressivement urbanisé.

Quartier de l’Eraudière
Quartier de l’Eraudière – © Archives de Nantes

A la fin des années 1970, le château de l’Eraudière devient un petit site tertiaire en accueillant les bureaux de la Direction Régionale du ministère de la Jeunesse et des Sports ainsi que le siège administratif de Volkswagen France.

A partir des années 1980, débute le démantèlement du grand domaine de l’Eraudière au profit de la construction de logements. En 1970, la famille de La Tullaye possédait encore près de 100 hectares de domaines agricoles sur le secteur de l’Eraudière. En 2016, à l’emplacement des communs et bâtiments d’exploitation agricole de style italianisant, a été construit un programme immobilier appelé « Les Folies de l’Erdre », réalisé par le groupe Giboire et les architectes Blanchard Marsault Pondevie (2 et 2bis chemin de l’Eraudière).

Amélie Decaux, Chloé Rouillon
Direction du patrimoine et de l’archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2021

Sources

Morineau Yves, Mémoires d’un quartier nantais : la Trémissinière, l’Eraudière, le Port Boyer, le Croissant, le Plessis Tisson, la Marrière, éd. SEHL, 1996

Michault Raphaël ; Peyron, Jean-Pierre, Les micro-quartiers nantais : Beaujoire, Ranzay, Éraudière, De la croissance urbaine au développement urbain, maîtrise de géographie, Nantes, 1999.

Richer, Edouard, Voyage pittoresque dans le département de la Loire-Inférieure, Imprimerie Mellinet, Nantes, 1840

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