Ancienne centrale électrique Sully

Trois arcades de pierre inscrites dans une paroi de métal : la façade de l'ancienne usine électrique toujours visible rue Sully, témoigne des premiers temps de l'électricité à Nantes. Afin de développer son éclairage public et de répondre aux demandes des industriels et des particuliers, Nantes a besoin d'électricité. À cette époque, on produit l'électricité grâce au charbon et à l'eau ; de même, le transport de l'électricité ne peut se faire que sur de courtes distances.

Ancienne centrale électrique Sully

Ce contenu a été rédigé par Thomas Loussouarn

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1891 : la première usine électrique de Nantes

L’usine électrique rue Sully est la première usine de production d’électricité de Nantes. Elle est mise en fonctionnement le 26 décembre 1891 par la société anonyme pour la transmission de la Force par l’électricité. Les places Royale et Graslin, les rues d’Orléans et du Calvaire sont les premières éclairées par des nouveaux globes électriques.

Usine électrique Sully, extrait de la monographie des établissements de la Compagnie générale d'électricité
Usine électrique Sully, extrait de la monographie des établissements de la Compagnie générale d’électricité – © Archives de Nantes

Un bâtiment fonctionnel

Le bâtiment, constitué d’un seul corps, était construit dans un style néo-classique, en pierre de taille avec trois grandes ouvertures en arcades sur la façade principale qui fait face à l’Erdre. L’éclairage naturel de la salle des machines était aussi facilitée par la verrière qui se développait sur la partie supérieure du toit à deux pentes en ardoise.

Du charbon et de l’eau via l’Erdre

La vapeur nécessaire au fonctionnement des machines fournissant le courant continu sous une tension de 320 volts était donnée par quatre chaudières semi-tubulaires de 75 m² de surface de chauffe. Les générateurs (dynamos Desroziers) étaient entraînés par des machines du type Pilon Compound.

Le charbon, provenant d’Angleterre, était déchargé quai de la Fosse puis repris dans des chalands qui l’amenaient sur les quais de l’Erdre à proximité de l’usine. Un aqueduc acheminait l’eau de l’Erdre pour les condenseurs.

Saturation 7 ans plus tard

Dès 1898, le site est saturé (700 abonnés en 1900). La compagnie générale d’électricité achète un terrain 16 rue Lamoricière pour implanter la nouvelle usine. En 1903, les générateurs sont transférés et l’usine vendue.

Les murs ont abrité pendant plusieurs années un garage automobile.

Usine électrique Sully lors de sa reconversion en garage
Usine électrique Sully lors de sa reconversion en garage – © Archives de Nantes

2011 : l’implantation du Conseil départemental

En 2005, Le Conseil départemental rachète le terrain pour y construire de nouveaux locaux administratifs. Les travaux débutent en 2008 et le bâtiment est officiellement inauguré le 28 janvier 2011.

Usine électrique quai Sully
Usine électrique quai Sully – © Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole

Les architectes de l’agence d’architecture Forma 6 et l’artiste Béatrice Dacher ont préservé les trois arcades de pierre de la façade de l’ancienne usine électrique et celle donnant accès au patio.

Thomas Loussarn
Direction du patrimoine et de l’archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole
2013

Anecdote : Les traces du passé

Le hall du conseil départemental, issu de la reconversion de l’usine électrique Sully, abrite des instruments de mesure électrique datant du début du 20e siècle aux années 1980. Ces objets ont été collectés par deux agents d’EDF sensibles au témoignage qu’ils pouvaient apporter. L’association Entreprises et patrimoine industriel (e+pi) les a inventoriés et en a proposé une présentation dans le hall.

Gaëlle Caudal

Source : Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole 2018

Sources

Compagnie Générale d’Électricité, « Station centrale de la Société Nantaise d’Éclairage et de Force par l’électricité », dans Compagnie Générale d’Électricité : monographie des établissements, Société de Publications d’Art, Paris, 1901, p. 33-38

Garnier Hélène, « Les usines de production d’électricité 19e-20e siècles », L’archéologie industrielle en France, n°41 « Nantes, un modèle ? », décembre 2002, p. 40-45

Sauban René, Des ateliers de lumière : histoire de la distribution du gaz et de l’électricité en Loire-Atlantique, Université de Nantes, Université Inter-Ages, 1992

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