12 août 1944 : Libération de Nantes

Après quatre années d'occupation, les Alliés entrent dans Nantes le 12 août 1944. Les Allemands viennent alors de quitter la ville après avoir saboté ponts et équipements portuaires.

12 août 1944 : Libération de Nantes

Ce contenu a été rédigé par Musée d'Histoire de Nantes - Château des ducs de Bretagne

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Depuis le débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944, les Nantais retiennent leur souffle. Pour les Allemands, le départ se fait dans une certaine urgence, avec l’intention de freiner l’avancée des « ennemis ». Le 9 août, ils font sauter les dépôts de munition de Château-Bougon et amorcent les mines situées le long des quais de Nantes.

Dans la nuit du 10 août, ils font exploser les piles du pont de la Jonelière. Le 11, ils amorcent les explosifs placés sur les piles des ponts nantais et minent chaque navire qui mouille dans le port. Les explosions se succèdent alors jusqu’au 12 août au matin, ruinant les quais et les infrastructures portuaires. Aux premières lueurs du jour, les Allemands ont quitté la ville. À 10 heures, le drapeau tricolore flotte sur la façade de l’hôtel de ville.

Dès le 15 juin, le colonel François-Jacques Kresser-Desportes alias Kinley, responsable FFI pour la région, avait désigné Gilbert Grangeat comme commandant du 5e bataillon de Nantes. Celui-ci contribue à faire entrer les Alliés dans la ville. Leur arrivée se déroule dans le calme, sans combat, puisque les Allemands sont partis. La population accueille les libérateurs avec joie et soulagement, mais sans effusion. Le souvenir des bombardements freine, vraisemblablement, les manifestations d’euphorie.

Cocarde tricolore
Cocarde tricolore – © Château des Ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes

Henry Orrion, qui avait été placé à la direction de la ville par le gouvernement de Vichy, est destitué. Il cède la place, le 28 août 1944, à Clovis Constant, résistant de la première heure, attaché au groupe Libération Nord, membre SFIO du Comité départemental de libération. Pour les Nantais, la guerre est finie, mais sur le territoire, elle perdure encore.

Extrait de l’ouvrage En guerres : 1914-1918, 1939-1945 : Nantes & Saint-Nazaire, Nantes, Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes, 2013, p. 259

Musée d’Histoire de Nantes – Château des ducs de Bretagne
2014

Témoignage : une journée particulière

J’ai connu mon futur mari le 8 Mai 1945, le jour de l’Armistice. J’étais à l’école ce jour-là et voilà les cloches qui sonnent ! Les profs nous ont dit : « Tout le monde dehors ! C’est la fin de la guerre ! Tout le monde dans les rues ! ». On est donc parties, toutes contentes. Comme le pont Haudaudine était démoli, il fallait passer sur un pont de bateaux. Ça a été comme ça un bon moment. Quand nous sommes arrivées place Royale, des étudia…

Témoignage : une journée particulière

J’ai connu mon futur mari le 8 Mai 1945, le jour de l’Armistice. J’étais à l’école ce jour-là et voilà les cloches qui sonnent ! Les profs nous ont dit : « Tout le monde dehors ! C’est la fin de la guerre ! Tout le monde dans les rues ! ». On est donc parties, toutes contentes. Comme le pont Haudaudine était démoli, il fallait passer sur un pont de bateaux. Ça a été comme ça un bon moment. Quand nous sommes arrivées place Royale, des étudiants faisaient des monômes et nous criaient : « Les filles ! les filles ! ». Et nous voilà embarquées dans les monômes. Les monômes, c’est quand on met la main sur l’épaule de celui qui est devant, on est à la queue-leu-leu, on s’en va, on chante. C’était marrant, on chantait. Il y avait des gars et des filles de partout. On est donc restées et à midi, il a fallu rentrer quand-même. J'habitais rue du Bois de la Barre à Chantenay. Et puis des gars de Livet nous disent : « On revient tantôt, on va au Jardin des Plantes ! ». Moi, je ne savais pas trop, ce n’était pas trop mon genre, mais ma copine m’a dit : « Oh, après tout, c’est la fin de la guerre ! C’est quand même important ! ». Alors, on est reparties l’après-midi et à cinq heures, quand tout s’est disloqué, on a fait tout le tour du Jardin des Plantes en chantant. On n’avait plus de voix. Et puis le soir, les garçons se sont dit, par politesse, chacun ramène les filles selon les quartiers. Ils nous ont donc demandé où on habitait. Et comme mon mari, enfin celui qui est devenu mon mari, habitait rue Rollin à côté de la place Mellinet, il a été désigné avec un de ses copains pour nous ramener parce qu'on prenait le même tramway. J’étais quand même drôlement embêtée d’arriver près de la maison avec un garçon ! En nous quittant, on s’est quand même demandé dans quel lycée on était. Alors, on leur a dit que nous étions à l’E.P.S. de la place de la République et eux nous ont dit qu’ils étaient à Livet. On pouvait les reconnaître parce qu’ils avaient une casquette les gars de Livet… Seulement, après, chaque fois qu’on revenait de l’école, ils étaient là tous les soirs. Ils étaient deux et nous étions deux copines. On marchait sur le pont Haudaudine et ils étaient à dix mètres derrière. Des fois, ils nous interpellaient : « Aimes-tu le melon ? » Et nous : « Et matelot ! »… de la gaminerie quoi !

Source : Propos de Andrée Allio recueillis par les Archives de Nantes et le groupe mémoire dans le cadre de la collection "Quartiers, à vos mémoires"

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