Dossier : Habitat et urbanisme des bords de Loire

Le repérage des éléments bâtis sur l’aire d’étude de l’inventaire du patrimoine des rives de Loire n’a que rarement permis de rencontrer des typologies constructives liées au fleuve, soit par leur capacité à résister à ses attaques, soit par leur capacité à profiter du paysage de la vallée. Pourtant, depuis l’Antiquité, les eaux tumultueuses du fleuve ont obligé les autorités publiques et les habitants à adapter les constructions aux crues.

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La rareté des éléments qui témoignent d’une adaptation aux crues était donc inattendue sur un territoire où la violence des flots démontant des ponts et obligeant la population à circuler en barque ou sur des planches de bois ont durablement marqué les esprits. La difficulté d’identification des éléments est liée aux nombreux remaniements des façades (comblement ou percements de nouvelles ouvertures, enduit) et aux travaux de remblaiement Nouvelle fenêtre qui ont bien souvent fait disparaître les premiers niveaux des bâtiments.

Cette difficulté à repérer les éléments sur l’aire d’étude de l’inventaire ne doit pas laisser penser que le rapport des habitants à la Loire ne se résume qu’à une relation houleuse dans laquelle les crues dévastatrices Nouvelle fenêtre auraient détourner les riverains du fleuve. Certes la ville s’est pendant longtemps protégée de la Loire derrière des murailles mais des faubourgs îliens et rivulaires se sont développés dès le Moyen Âge. Puis, le développement portuaire et commercial de Nantes entraîna de nombreux aménagements des rives ainsi qu’un changement dans la perception que les riverains ont du fleuve. Au 18e siècle, la création de l’île Feydeau et celle du quai partant du quartier de la Fosse à celui de Chézine permet l’aménagement d’un front urbain sur le fleuve qui intègre la Loire à l’urbanisme de la cité : peu à peu la ville rivulaire devient une ville fluviale. La sensibilité au paysage ligérien Nouvelle fenêtre est l’un des éléments perceptibles de ce changement de regard sur le fleuve qui n’est plus vu seulement comme un obstacle ou une source de dangers. Les 18e et 19e siècles sont ainsi marqués par l’édification de maisons de villégiature avec vue sur la Loire, toujours recherchée dans les constructions contemporaines.

Maison sur l’ancien pont de Pirmil à proximité de la rive sud
Maison sur l’ancien pont de Pirmil à proximité de la rive sud – © Fonds Jean-Claude Potet, Archives de Nantes

À travers les siècles, les quartiers nantais se sont urbanisés selon les projets initiés par les pouvoirs publiques et les initiatives privées :

À partir du 18e siècle, l’aménagement d’un front urbain sur la rive nord de la Loire intègre pleinement le fleuve dans les politiques urbanistiques de la municipalité :

Le panorama sur la Loire, très recherché à partir du 18e siècle, témoigne d’une évolution du rapport des riverains au fleuve qui passe de la méfiance et du pragmatisme à un regard plus sensible :

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